Respirer, collectionner

Strasbourg, MAMCS, L’œil du Collectionneur, Focus 2, Collection Madeleine Millot-Durrenberger : Comme une respiration. Jusqu’au 26 mars 2017. Commissaire de l’exposition : Madeleine Millot-Durrenberger, sur une scénographie conçue avec Patrick Bailly Maître Grand. Nombre de photos exposées : 150 dont 34 œuvres dans la collection du MAMCS.

Album de 34 photos.

p1000379Poireaux. Cliquer sur les images pour les agrandir

« Collectionneuse, commissaire d’exposition, éditrice (pour les éditions In Extremis), Madeleine Millot-Durrenberger conserve aujourd’hui près de mille trois cents œuvres dans sa collection commencée au début des années 1980, toute entière dédiée à la photographie. Pour elle, l’acte de collectionner ne s’entend pas sans un devoir de transmission. En effet, loin de réserver la contemplation de ses œuvres à un cercle restreint, elle organise régulièrement des expositions (dans des écoles d’arts, pour des festivals, ou encore dans la galerie associative qu’elle a cofondée) et réalise des publications qui font rayonner le travail des artistes qu’elle défend.

Collectionneuse engagée, elle se dit moins sensible à l’esthétique pure d’une photographie qu’à  la surprise qui jaillit de l’ordinaire lorsqu’il est montré « différemment ». Son attrait pour une photographie capable d’inventer plutôt que de décrire ou sublimer lui vaut un attachement tout particulier pour l’œuvre du photographe tchèque Josef Sudek dont elle fut l’une des premières à repérer et collectionner l’œuvre.

p1000397Réunissant près de 150 photographies, l’exposition Comme une Respiration est un nouvel  opus de Madeleine Millot-Durrenberger, à entendre, non pas seulement comme une sélection de ses œuvres et de celles qu’elle a contribué à faire entrer dans la collection du MAMCS, mais bien l’expression d’une pensée, d’un propos, d’une lecture toute personnelle des images qu’elle met en scène. Elle-même réinvente sa collection en assurant personnellement tous les aspects du travail curatorial (du choix des œuvres à l’éclairage, de l’accrochage à l’encadrement, de l’établissement du parcours aux cartels), cette fois-ci avec la complicité d’un artiste, Patrick Bailly Maître Grand, lui-même présent dans le corpus. « Une collection, dit-elle, est, pour moi, l’aveu que la vie ne suffit pas ».

Une exposition, et celle-ci est la 140ème présentation de sa collection, ne suffit pas non plus à épuiser les multiples possibilités de confrontations qui mettent à jour des directions, parfois insoupçonnées au moment de l’acquisition d’une œuvre. Les sens se font et se défont, se réinventent sans cesse, prolongeant le plaisir de conserver une belle collection avec celui de l’offrir au regard des autres ».

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Juin 2009. Entretien avec Madeleine Millot-Durrenberger « est aujourd’hui la seule collectionneuse française à concevoir des expositions de ses œuvres, encadrer et accrocher elle-même ses photographies aux quatre coins de l’Europe. Sa collection recense environ un millier de photographies d’art, d’une centaine d’artistes, et elle peut pour au moins une vingtaine d’entre eux organiser une exposition monographique de 20 à 30 œuvres. Grâce à la création des éditions In Extremis, elle édite un livre d’art par exposition, et ces deux activités l’occupent aujourd’hui à plein temps ».

Madeleine, merci de vous présenter et de nous parler un peu de vous, de votre famille par exemple.

J’avais un père universitaire académicien, qui était très cultivé, jusqu’aux impressionnistes. Si bien que, par réaction sans doute, j’ai pris la relève et j’ai commencé ma culture vers 18 ans à partir des impressionnistes. Je suis arrivée très vite à l’art contemporain, et plus tard à la photographie. Ce qui m’intéresse dans la photographie, ce sont les artistes qui utilisent la photographie comme art plutôt que les photographes. Dans ces artistes il y a des tempéraments, des inventeurs qui ont un univers spécifique et personnel, c’est ce que je recherche ».

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Comment présentez-vous votre métier lorsque vous rencontrez des gens ?

« Déjà je n’estime pas que ce soit un métier, j’ai eu un métier d’enseignante en sociologie. Être collectionneuse est plutôt une passion ou une méthode pour moi, pour faire connaître le travail des artistes puisque j’ai cette chance de posséder leur travail chez moi. J’aurais trouvé injuste vis-à-vis d’eux, de pouvoir acquérir leurs photographies et de les garder dans des tiroirs. C’est peut-être la grande différence qu’il y a entre cette collection et plein de gens qui achètent des œuvres et qui ne se donnent pas le rôle de passeurs. Pour moi c’est un rôle important qui se traduit par des expositions et par des éditions ».

Lire la suite de l’entretien…

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Classé dans B. Photos

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