Université : le grand saccage

Université : le grand saccage, 12 février 2017, par Corinne LEGOY sur Mediapart.

« Après et, sans doute, avant d’autres, l’université d’Orléans traverse aujourd’hui une grave crise qui affecte toute sa communauté. Ce qui est en jeu, cependant, est bien plus large : une certaine conception du savoir et de la recherche, une idée de l’université et des services publics en général, la définition de ce que nous devons offrir à toute notre jeunesse. Témoignage.

J’entends nos voix désemparées, railleuses et en colère. J’entends nos inlassables questions, nos demandes incrédules, nos peurs partagées autant que les peurs qui divisent. Je vois nos fatigues. Je sens nos confiances entamées.

J’ai tout cela en tête, ce soir. Tout cela, et des chiffres (ces 12 millions d’euros de déficit qui ont fait tant de « unes » ces dernières semaines) ; et des injonctions (coûter moins cher, optimiser la gestion, réduire notre offre) ; et des menaces latentes (la mise sous tutelle que d’autres ont connue avant nous).

Je suis enseignant-chercheur en histoire contemporaine à l’université d’Orléans et c’est un soir gris d’après réunion. Une réunion comme toutes celles qui s’enchaînent depuis plusieurs semaines. Depuis que, avec force gros titres et parfois points d’exclamation, notre université s’est classée bonne dernière des 75 universités françaises en matière de gestion.

Nous discutons sans relâche, mais nous n’avons aucun choix : pêle-mêle, nous coupons, en milieu d’année, dans nos cours déjà prévus, gelons des postes qui ne reviendront peut-être jamais, admettons les amphis sans chauffage et les TD plus chargés, acceptons de ne plus faire de photocopies, voyons se réduire nos budgets de recherche, disparaître les possibilités de se consacrer quelques mois à un livre ou une habilitation, renonçons à l’idée même de reconnaissance du travail accompli. Les personnels administratifs, nos alliés quotidiens qui font tenir vaille que vaille l’édifice complexe d’une université, ont les mêmes fatigues crispées et les mêmes lassitudes impuissantes ».

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Pour aller plus loin, toutes les chroniques du blog sur l’université d’Orléans.

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