Rennes 1 : encore des efforts !

David Alis, président de l’université de Rennes 1, est aux manettes depuis neuf ans : premier vice-président de Guy Cathelineau (2008-2016), candidat unique, élu président le 25 mars 2016. 1. Dans un message adressé hier soir aux personnels, il a annoncé un déficit de 4,8 millions d’euros pour l’année 2016 et un déficit de même ampleur pour 2017. Professeur de gestion, le président devrait garder ce message pour s’en servir comme d’un cas d’école d’un management libéral des universités : encore et toujours davantage d’efforts !

2. X est enseignant-chercheur dans l’université de Rennes 1 (Sciences et technologie, médecine, pharmacie, odontologie, droit, économie, gestion, philosophie). Dans un message qu’il m’a adressé ce matin (partie 2 de cette chronique), X analyse la situation, tout autrement que son président

1. Message du président. « Cher(e)s collègues, l’université de Rennes 1 doit relever de nouveaux défis face aux nouvelles  contraintes budgétaires. Le compte financier voté par le conseil d’administration le 28 février établit un déficit de 4,8 M€ pour l’année 2016 et qui s’annonce de même ampleur pour 2017.

Cette situation s’explique par plusieurs raisons. D’abord, plusieurs mesures nationales, partiellement compensées, ont eu un fort impact sur la masse salariale qui représente près de 80% de notre budget global. Le GVT (glissement vieillesse technicité) correspond à 1 million d’euros de dépenses supplémentaires chaque année.

Ensuite, Rennes 1 n’a quasi pas bénéficié ces cinq dernières années des financements supplémentaires de l’État, que ce soit l’enveloppe de 100 millions d’euros fléchés en 2016 pour faire face aux augmentations d’effectifs étudiants  ou sur l’enveloppe de 5000 postes attribués aux universités de 2012 à 2017. Le modèle d’allocation des moyens du ministère pénalise notre université, qui doit supporter des charges spécifiques liées aux activités de recherche et de formation dans les laboratoires et sur plusieurs sites. La dotation de l’État stagne alors que les dépenses augmentent.

L’audit mené par la nouvelle agent comptable à ma demande montre que la tendance vers un déficit est sensible depuis plusieurs années. Rennes 1 a néanmoins réussi à équilibrer ses finances ces dernières années en raison des mesures d’économie menées depuis 2012 d’une part et de recettes exceptionnelles (récupération de TVA à hauteur de plusieurs millions) d’autre part qui ont pu atténuer ces déséquilibres.

Un plan de retour à l’équilibre est  indispensable. L’université est confrontée à plusieurs défis : poursuivre sa dynamique et mener une politique budgétaire rigoureuse pour développer de nouvelles ressources, optimiser le fonctionnement et limiter  l’évolution des dépenses de masse salariale non compensée. Il nous faut retrouver des marges de manœuvre financière pour mener nos missions dans des conditions sereines et réaliser les investissements nécessaires.

Dans ce contexte, j’engage l’ensemble de notre communauté dans un vaste chantier de transformation. L’université de Rennes 1 va déployer un plan de modernisation et de développement privilégiant les réorganisations (services, composantes, structures de recherche,) sources d’efficacité, de simplification et de qualité. Ce plan nécessite un effort partagé par l’ensemble de notre communauté, personnels administratifs, techniques, d’enseignement et de recherche. Nous porterons une attention particulière à la préservation de la qualité de notre offre de formation et la dynamique de recherche ainsi qu’aux conditions de travail de tous.

En parallèle, l’université de Rennes 1 engage des démarches auprès de l’ensemble de ses tutelles et partenaires (État, Région Bretagne, Rennes Métropole, partenaires académiques…) pour obtenir tout soutien susceptible d’accompagner le développement de ses projets et de ses investissements.

Ce plan de modernisation et de développement nécessite notre mobilisation collective pour renouer avec l’équilibre et retrouver des marges de manœuvre. J’irai à votre rencontre ces prochaines semaines pour présenter ce plan, recueillir vos avis, idées et interrogations en vous proposant des temps d’échanges sur les différents campus et sites de l’université ». Très cordialement, David Alis. Président.

2. Message de X, enseignant-chercheur dans l’université de Rennes 1.

4,8 millions de déficit annoncé hier soir en CA et à 18h52 par courriel, pour 2016, quelques jours après que l’iSITE de Rennes ait été le seul écarté par le jury PIA.

La 8eme ville universitaire de France est écartée des Investissements d’avenir, malgré une Université classée au classements de Shanghai (jusqu’à cette année…) et du Times Higher Education.

Avec des UFR considérées comme parmi les meilleures de France en mathématiques (jusqu’à 76ème au classement de Shanghai), en chimie, en physique. Des labos de philosophie  et de sociologie politique très bien évalués (un financement H2020 en sciences sociales).

Depuis 4 ans, entre 50 et 62 % des postes vacants sont gelés. Alors que les effectifs ont augmenté de plusieurs milliers en 5 ans. De 24000 à 29000, me semble-t-il.

L’Université a aussi réduit drastiquement les promotions locales ; il ne reste plus, quasiment, que les promotions nationales CNU.

Les dotation récurrentes de l’Université aux labos ont été baissées de 10 % depuis 2012.

Les budgets des Bibliothèques universitaires sont contraints, avec des désabonnements. Il était question de désabonner les BU des revues Science et Nature pour économiser 29000 euros (les enseignants-chercheurs ont toujours accès à ces revues via le CNRS ; ce sont les étudiants qui étaient concernés).

Bien sûr, l’erreur des collègues de Rennes 2 d’avoir refusé la fusion a joué dans l’échec aux IA, IDEX, iSITE. Mais Rennes 1 n’est pas exempte de reproches, puisqu’elle ne s’est ralliée à la fusion qu’au dernier moment, à cause de sa tradition facultaire.

1 commentaire

Classé dans C. Bretagne Normandie

Une réponse à “Rennes 1 : encore des efforts !

  1. Brigitte martinet

    Rentrée 2017 les vacataires ont été informés de façon informelle qu ils ne seraient pas payés avant 2018. Vous intervenez de septembre à décembre et vous êtes payés 5 à 6 mois plus tard. Aucune information officielle, une façon intéressante d assumer ses décisions concernant les personnels les plus précaires. J imagine que le président de l université s applique ces mêmes règles de paiement par solidarité.

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