Basilique Saint-Denis. Histoire

Histoire médiévale de l’abbatiale de Saint-Denis : album de 47 photos. Source et citations : Wikipédia.

Vers 250, martyre par décollation de Saint-Denis, évêque de Paris. Entre 450 et 475. Sainte Geneviève obtient du clergé parisien d’acheter des terres sur le vicus Catulliacus et y fait édifier une chapelle gallo-romaine. Ces traditions incertaines sont reprises dans La Légende dorée de Jacques de Voragine qui popularise le mythe de saint Denis céphalophore qui, après sa décollation, se serait relevé et aurait marché, la tête dans les mains, jusqu’au lieu où il voulait être enterré, dans le cimetière gallo-romain de Catolacus qu’aurait retrouvé sainte Geneviève.

Décollation de Saint-Denis. Cliquer sur les images pour les agrandir

L’église sous les mérovingiens

Entre 632 et 650. Selon  l’Histoire de l’abbaye de Saint-Denys en France, la construction de la nouvelle chapelle aurait débuté en 632 et la dédicace eut lieu le 24 février 636.

Dagobert est le premier roi des Francs à être inhumé en l’église de Saint-Denis. Sous les Mérovingiens et les Carolingiens, cette nécropole royale partage ce privilège avec d’autres églises. C’est probablement à partir du VIIe siècle, sous l’impulsion des rois mérovingiens, que la communauté desservant la basilique adopte le mode de vie monastique, celle-ci comptant tout au long du Moyen Âge, environ cent cinquante religieux. Vers 650, est construit le monastère.

L’église sous la dynastie des Carolingiens

741. Charles Martel confie l’éducation de ses fils aux moines sandionysiens et ses funérailles en 741 inaugurent une deuxième série d’inhumations royales dans la basilique.

754-775. Il semble qu’à l’occasion de son second sacre à Saint-Denis, en 754, Pépin le Bref fasse vœu de bâtir à neuf l’antique basilique. L’abbé Fulrad, en tant que représentant de Pépin, a effectué plusieurs voyages à Rome d’où il tire son inspiration pour reconstruire Saint-Denis, notamment en prenant comme modèles les basiliques romaines de Saint-Pierre-aux-Liens et Saint-Paul-hors-les-Murs.

Vers 768-769. Les travaux ne débutent qu’après sa mort, v, et la consécration a lieu en présence de Charlemagne le 24 février 775. Cette nouvelle église, toujours dédiée à saint Pierre, longue de près de 80 mètres, est de plan basilical à trois nefs. Elle comprend un transept faiblement débordant et ouvrant à l’est sur une abside semi-circulaire. La nef présente deux files de colonnes, neuf travées et mesure intérieurement 20,70 mètres de large. Sous l’abside, une crypte annulaire, bâtie à la manière de celles de Rome, permet aux pèlerins d’accéder à une confession.

En 832, l’abbé Hilduin agrandit la crypte vers l’est.

En 857, le monastère de Saint-Denis subit plusieurs rapines de la part des Vikings qui assiègent Paris depuis décembre 856.

En 867, l’implication dans la vie politique et le prestige des abbés est tel que Charles II le Chauve s’approprie le titre d’abbé de Saint-Denis. En 869, il fortifie le monastère.

12ème siècle. Reconstruction de la nécropole royale des Capétiens

Dans la première moitié du siècle, l’abbé Suger, conseiller des rois Louis VI et Louis VII et abbé de Saint-Denis de 1122 à 1151, souhaite rénover la vieille église carolingienne afin de mettre en valeur les reliques de saint Denis dans un nouveau chœur. Il décide de la reconstruction de l’église en s’inspirant du nouveau style entraperçu dans la cathédrale Saint-Étienne de Sens, avec une élévation importante et des baies qui laissent pénétrer la lumière.

En 1130, il fait édifier un nouveau massif occidental, en s’inspirant de la façade harmonique, modèle normand de l’âge roman comme celle de l’abbatiale Saint-Étienne de Caen. Il agrandit l’abbatiale en remaniant le narthex d’une façade dotée pour la première fois d’une rose et de trois portails de grandes dimensions. Dédicacée le 9 juin 1140, cette façade est flanquée de deux tours réunies par un parapet crénelé évoquant la Jérusalem céleste.

Suger modifie aussi le chœur en lui ajoutant des chapelles rayonnantes. Reprenant le principe du déambulatoire à chapelles rayonnantes mais en le doublant, il innove en prenant le parti de juxtaposer les chapelles autrefois isolées en les séparant par un simple contrefort. Chacune des chapelles comporte de vastes baies jumelles munies de vitraux filtrant la lumière. Le voûtement adopte la technique de la croisée d’ogives qui permet de mieux répartir les forces vers les piliers.

11 juin 1144. Le chevet est consacré. L’église inaugure le francigenum opus, appelé plus tard l’art gothique. L’abbaye bénédictine de Saint-Denis devient dès lors un établissement prestigieux et riche.

13ème siècle. Reconstruction de la nef de la basilique

Le besoin d’espace pour la nécropole royale impose la reprise des travaux de reconstruction là où Suger les avait arrêtés. L’église présentait jusqu’ici une nef carolingienne, vétuste, coincée entre l’avant-corps et le chevet de Suger. Elle n’avait été reconstruite au 12ème qu’à ses deux extrémités. On entreprend donc la reconstruction de la nef (dont la voûte s’élève à 30 m de hauteur) et d’un vaste transept, ainsi que le rehaussement du chœur de Suger et la reconstruction des deux tours de la façade, dont la flèche nord élevée en 1190-1230 qui culminait à 85 ou 86 mètres.

De l’église du 12ème, on ne conserve donc que la façade harmonique et la partie basse du chevet. Des travaux de grande ampleur sont menés de 1231 à 1281, soit en moins de cinquante ans. La reconstruction est entreprise grâce à l’association de trois figures d’exception : le jeune roi Louis IX, sa mère Blanche de Castille, régente durant la minorité de Louis et durant sa première croisade, et l’abbé de Saint-Denis, Eudes Clément (1228-1245).

Le maître d’œuvre décide de conserver le déambulatoire de Suger et les chapelles rayonnantes mais fait détruire les parties hautes du chœur de Suger. L’abbé Eudes Clément veut que le nouveau plan puisse s’ajuster à la hauteur de la façade de Suger, avec un chœur et un transept plus hauts.

Après l’achèvement du grand transept dans les années 1260, le nouveau programme des monuments funéraires royaux vise à faire apparaître la continuité des trois races royales franques. En 1267, Louis IX inaugure le nouvel ensemble sépulcral.

Le 22 août 1291, une bulle du pape Nicolas IV, confirmant elle-même une bulle de Célestin III, accorde aux religieux de Saint-Denis le privilège de n’être soumis à aucune sanction canonique, émanée de qui que ce fût, hormis de leurs abbés, sans une licence spéciale du souverain pontife.

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