La VAE est à l’abandon

La validation des acquis de l’expérience – révolution introduite en 2002 – est à l’abandon : 3.943 VAE seulement ont été délivrées en 2015 au niveau de l’enseignement supérieur. Les 11 candidats à la présidentielle ont promis de développer la formation tout au long de la vie ; ils feraient bien de mettre leur nez dans la VAE ; le rapport des Inspections devrait leur faciliter la tâche.

Évaluation de la politique publique de validation des acquis de l’expérience (VAE), Rapport des Inspections Générales, octobre 2016, 241 pages.

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Page 5. « La mission préconise de prendre des mesures de simplification du dispositif Validation des acquis de l’expérience, notamment pour les premiers niveaux de qualification. Actuellement, le parcours d’un candidat à la VAE comprend neuf étapes et dure en moyenne environ 16 mois. La complexité de la démarche et sa durée sont très souvent dénoncées. L’enquête BVA susmentionnée montre que, si près d’une personne sur deux connait le dispositif de la VAE, cette connaissance est trop partielle, et les espoirs d’une connaissance de son expérience se heurtent à l’incompréhension des modalités effectives de validation…

Une fois les mesures de simplification de la VAE adoptées et effectivement mises en œuvre par l’ensemble des certificateurs, la mission recommande la mise en place d’une action de communication nationale de grande ampleur sur le thème Validation des acquis de l’expérience et formation, deux moyens complémentaires pour acquérir des certifications et se donner la possibilité d’une évolution professionnelle.

L’une des raisons du faible recours à la VAE est actuellement liée à sa conception même : la VAE n’enrichit pas les compétences. Elle ne correspond pas au projet des personnes qui ont besoin pour progresser professionnellement d’une certification d’un niveau supérieur, et les condamne à une validation partielle, assimilée à tort à un échec. La VAE doit au contraire être valorisée comme le début d’un parcours de formation professionnelle. Complétée de modules complémentaires, qui pourront avoir lieu parallèlement à la démarche, elle permettra l’acquisition du diplôme recherché ».

Plus de 40 recommandations : pages 77 et suivantes.

Pour aller plus loin. Indicateur 25 de l’état de l’enseignement supérieur et de la recherche : la VAE dans l’enseignement supérieur

Pour aller plus loin. 71 chroniques du blog sur la formation continue.

1 commentaire

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Une réponse à “La VAE est à l’abandon

  1. Cher Pierre Dubois, merci pour l’envoi régulier de vos informations sur la situation de l’université en France. Je rebondis sur l’article « VAE à l’abandon » en vous faisant suivre un texte de 2015que j’ai diffusé au sein de la liste des adhérents snesup de l’Université.

    Cette texte permet d’apprécier pourquoi nous avons connu à notre modeste niveau de diplôme, une baisse évidente du nombre de VAE délivrées. La fusion des universités Lorraines en 2012 a entraîné une réorganisation des conditions d’organisation et d’attribution de la VAE. Il y a selon moi un lien entre « l’économie de camp de concentration » qu’a fini par développer le financement de l’enseignement supérieur à l’heure de l’autonomie et des fusions (sur le mode : « je te prête une photocopieuse, tu me donnes une cartouche d’encre ») et l’encouragement à monnayer nos services en dehors de la formation initiale, quitte à être peu regardant sur la qualité des compétences et qualifications ainsi transmises et, comme d’habitude, à assommer les enseignants-chercheurs d’une tonne de procédures administratives supplémentaires. La rationalisation n’est pas toujours très rationnelle.

    Notez également le renversement comique produit par la fusion-bureaucratisation. Nous sommes régulièrement invités par un personnel administratif centralisé à Nancy, à suivre (à Nancy) des « ateliers de formation » sur la manière de remplir des tâches administratives. C’est le jeu des chaises musicales : le personnel administratif fait de la formation pendant que nous faisons du secrétariat… Le coût de cette monstrueuse débilité n’est jamais calculé. Il est certainement supérieur à l’attribution à nos côtés de personnel administratif en soutien à notre activité pédagogique et de recherche. On ferait au moins des économies de déplacement…

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