Le collège de Beauvais (1370)

Jean de Dormans Beauvais. Source 1. Wikipédia. Il fut chancelier et garde des sceaux sous les rois Jean II le Bon et Charles V le Sage. Son frère Guillaume (il n’était pas clerc et eut de nombreux enfants) fut également chancelier du roi.

Cliquer sur les images pour les agrandir

1359-1360. Né d’un père procureur au Parlement, lui-même avocat au Parlement, Jean de Dormans Beauvais s’éleva par son mérite aux premières dignités de l’État et de l’Église et fut élu évêque de Lisieux le 26 juin 1359, puis fut fait évêque de Beauvais en 1360.

1360. Chancelier de Normandie, il fut l’un des représentants du régent Charles au traité de Brétigny, quatre ans après la cinglante défaite de Poitiers, au cours de laquelle le roi Jean II Le Bon fut fait prisonnier.

1368-1373 (date de la mort de Jean de Dormans). Lors du consistoire du 22 septembre 1368, Urbain V lui remit son chapeau de cardinal-prêtre des Quatre Saints couronnés (1368-1373).

Le collège de Dormans Beauvais. Source 2. Nathalie Gorochov, Le Collège de Navarre, de sa fondation (1305) au début du XVème siècle (1418), Honoré Champion éditeur, 1997, page 341.

1370. Jean de Dormans fonde un collège pour douze écoliers sur la montagne Sainte-Geneviève. Il en avait l’idée depuis 1365 (il a d’ailleurs commencé à acheter des maisons dans la rue du Clos-Brunel). Il le nomme ainsi en l’honneur de la ville dont il était évêque. Il souhaite le réserver à des étudiants originaires des diocèses de Reims et de Soissons. De douze, le nombre de bourses est ensuite porté à 24.

Le recrutement des boursiers est dans un premier temps assuré par la famille de Dormans, puis confié à l’abbé de Saint-Jean des Vignes de Soissons, et à la fin du XIVème siècle, il relève du Parlement, et non pas de l’aumônier ou du confesseur du roi.

Le lieu d’implantation (dans la rue dénommée alors du Clos-Brunel) était tout à côté des écoles de décret où les boursiers qui serviront plus tard le pouvoir vont recevoir une formation en droit.

1374. Le roi Charles V (roi de 1364 à 1380) tient à manifester les relations privilégiées de ce collège avec le pouvoir royal puisqu’il vient poser la première pierre de la chapelle.

Source 3. Wikipédia.

1375. La chapelle du Collège de Beauvais, dénommée Saint-Jean l’Évangéliste, est parvenue jusqu’à nous : c’est l’Église des Saints-Archanges, dans l’actuelle rue Jean-de-Beauvais ; elle est affectée au culte orthodoxe roumain.

Album de 17 photos.

Elle fut édifiée en 1375 par l’architecte Raymond du Temple, également maître d’œuvre du Louvre et de Vincennes.

Source 4. Françoise Autrand, Charles V, Fayard, 1994. Bonnes feuilles (six photos des pages 702 à 708).

Jean de Dormans est mort en 1373 et n’a donc pu suivre les travaux de l’édification de la chapelle.  Mais il avait légué 3000 florins pour cela. Son neveu, Miles de Dormans, fils de Guillaume, veilla sur le chantier. Jean de Liège orna la façade de statues disposées à la manière des bâtiments du roi. Au portail, saint Jean formait le trumeau, et de part et d’autre, aux pieds-droits, qui aux Célestins et ailleurs s’ornaient des statues du roi et de la reine, Jean et Guillaume de Dormans.

1381-1383. Ce fut également Raymond du Temple qui construisit les bâtiments du collège et les acheva en 1383. C’est l’un des plus importants édifices civils de la fin du règne de Charles V. Il est aujourd’hui disparu.

« L’intention des Dormans quand ils fondèrent leur collège était le « bien commun » et peut-être même la très légiste « utilité publique ». Il ne sortit pas de Beauvais des philosophes trop indépendants ni des théologiens originaux. Ces jeunes gens en uniforme étudiaient leurs classiques et se préparaient à faire des études de droit civil à Orléans, de droit canon à Paris, pour mieux servir le roi, l’État. Rien n’interdit de penser qu’après les troubles de 1356-1360, Jean de Dormans ait voulu équilibrer à l’université de Paris l’influence du Collège de Navarre et de son esprit réformateur » (F. Autrand, opus cité page 708).

Source 5. Charles Fichot, Le collège de Dormans au XIXème siècle.

1377-1378. Les verrières de la chapelle furent réalisées en 1377-1378 et parvinrent en 2007 au musée Carnavalet, après un remontage à Saint-Germain-des-Prés puis un autre à Saint-Séverin au XIXe siècle.

Source 5. Révérend Père Chapotin, Le Collège de Dormans-Beauvais et la Chapelle Saint Jean-L’évangéliste, 1870.

Poster un commentaire

Classé dans A. Art médiéval, A. Histoire médiévale, B. Photos, C. Ile-de-France, E. Droit et Sciences politiques, E. Ingénierie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s