La Vierge et les Prophètes

Strasbourg, Cathédrale Notre-Dame, façade occidentale, double portail central (fin du 13ème siècle). Cette chronique est la suite de celles dédiées aux portails latéraux : Le tympan du jugement dernier et Vierges sages et Vierges folles

La Vierge (au trumeau) et les Prophètes (aux ébrasements) : album de 26 photos. Source et citations : Centre de Documentation Pédagogique d’Alsace : ici et ici.

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« Le portail est surmonté du double gâble et de la grande rose occidentale. Ce programme des prophètes encadrant une statue de la Vierge s’inspire du grand sujet marial, créé à Senlis et développé à Chartres. Ici, il n’est pas combiné avec la Glorification de Marie, mais avec la Passion du Christ. Les prophètes n’ont pas uniquement prédit la venue du Messie, mais aussi ses souffrances.

Les prophètes, annonciateurs de la venue de Messie, de l’Incarnation du Christ. Passé et avenir sont traités magistralement. Encadrant les portes de bronze, quatorze personnages tenant des phylactères semblent être totalement pris par l’exaltation mystique.

C’est une longue tradition de figurer des prophètes aux portails. Mais le style est nouveau. Ici, les chevelures sont hérissées, les barbes nattées ou en tire-bouchon, les draperies ont des plis cassés. Le visage est sévère, les gestes et attitudes dignes.

À gauche, le prophète regarde droit devant lui. Son visage est caractérisé par un nez très droit. Sa barbe comme sa chevelure sont abondantes, constituées de grosses boucles. Il porte un chapeau mou, de grandes dimensions, à large bord.

Son voisin tente de déchiffrer le phylactère. Chauve, il a un visage émacié. À droite, la sculpture a été mise à mal. Le nez est cassé, l’œil gauche abîmé ; le personnage est ici rond, jeune, imberbe.

Les parchemins qu’ils déroulent, les uns en les lisant, les autres en en ignorant le contenu, symbolisent la tradition hermétique.

Deux des messagers n’ont pas un aspect et une attitude identique aux douze autres. Au flanc nord, le troisième prophète au centre est vêtu d’une longue robe et porte le bonnet d’étoffe souple, alors que les autres ont la tête recouverte de leur manteau ou du bonnet juif. La tradition populaire voit dans ce personnage qui tient un phylactère dans chaque main un portrait de maître Erwin (1284-1318) ou de son fils Jean (1318-1339).

Quant au second personnage, couronné, la tradition en fait l’image du roi saint Louis. Il porte un parchemin roulé dans la main droite et le brandit comme un attribut du pouvoir ».

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Classé dans A. Art médiéval, A. Histoire médiévale, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Arts Lettres Langues, E. Ingénierie

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