Tympan de la Passion du Christ

Strasbourg, Cathédrale Notre-Dame, façade occidentale, tympan du portail central : la Passion du Christ (fin du 13ème siècle). Cette chronique est la suite de celles dédiées aux portails latéraux : Le tympan du jugement dernier et Vierges sages et Vierges folles

Tympan de la Passion du Christ : album de 24 photos. Source et citations : Centre de Documentation Pédagogique d’Alsace : ici.

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Le tympan : détails côté gauche.

En bas à gauche de l’image, le premier registre débute par l’entrée de Jésus à Jérusalem sur le dos d’un âne. La scène suivante est le dernier repas du Christ, la Cène. Judas est ici très nettement différencié des autres apôtres, étant le seul à se tenir à l’extérieur de la table.

Le deuxième registre commence par le couronnement d’épines, en haut à gauche. La scène suivante est celle du portement de la croix puis celle de la Crucifixion.

Au centre, Adam est représenté sous la forme d’un squelette couché sur le dos, dont la tête est disposée au nord et les pieds au sud. Son côté gauche compte huit côtes tandis que le droit en compte neuf, rappel de la création d’Ève. La tradition ancienne veut que le squelette ou le crâne d’Adam soit au Golgotha, mont dont le nom signifie le crâne. Le pied de la croix vient ainsi buter sur le crâne d’Adam. À côté d’elle, les petites statues de l’Église triomphante et de la Synagogue aux yeux bandés expriment que le Christ est mort physiquement tant pour la Nouvelle que pour l’Ancienne Loi.

Au troisième registre, la pendaison de Judas est représentée à gauche, un bouc venant le taquiner. Cette scène forme un parallèle avec la mort du Christ sur la croix. La scène suivante est la sortie des limbes. Sortant de la gueule de l’Enfer, un enfant aux traits adultes pose la main sur la tête d’Ève. Une erreur s’est glissée dans la restauration de cette scène. Il s’agit, au Moyen Âge, d’un petit démon et non d’un jeune homme nu. La scène suivante représente Ève et Adam. Le registre se poursuit avec Marie-Madeleine à genoux devant le Christ.

Le tympan : détails côté droit

Au premier registre, en bas à gauche de l’image, est représentée la scène de l’arrestation de Jésus et du baiser de Judas. Ici le Christ touche l’oreille de Calchas agenouillé à ses pieds, tandis que Pierre se tient derrière lui, une épée en main. Jésus devant Pilate et la flagellation terminent le premier registre. Les visages des bourreaux sont difformes et d’apparence démoniaque.

Le second registre se termine par la descente de croix, la mise au tombeau et le saint Sépulcre au soldat endormi. Là, au moment de la Résurrection, le linceul est vide. Un détail ornemental révèle la formation française du sculpteur : le décor du tombeau, fait de losanges renfermant des fleurs de lys et des castels, est celui-là même que l’on aperçoit partout dans la Sainte-Chapelle, à Paris. Les armes de saint Louis sont en effet devenues un élément décoratif de cette époque et tout porte à croire que le sculpteur s’en soit servi comme d’une signature. L’habileté dans l’arrangement du Portement de Croix, la finesse des expressions, l’animation des apôtres et le sens de la réalité sont des influences des ateliers de Saint-Denis.

Le tympan : détails troisième registre

Au centre du second registre le Christ dirige son regard vers le bas, vers les fidèles, et cherche un contact direct pour insister sur les souffrances endurées. Pour la catéchèse des ordres mendiants, Dominicains et Franciscains, qui ont fortement influencé la vie religieuse à Strasbourg, ce regard est un reproche adressé au fidèle, jugé responsable de ses souffrances. Ces images ont pour but de le conduire vers la conversion et la pénitence.

Le tympan : détail registre supérieur

L’Ascension est représentée au dernier registre, où le Christ ressuscité est élevé au Ciel par les anges. Cette scène a totalement été reconstituée après la Révolution française.

Merci à Denise Borlée, enseignant-chercheur en Histoire de l’Art à l’université de Strasbourg. Elle a conduit les travaux dirigés de son cours sur la sculpture monumentale médiévale devant la façade occidentale de la cathédrale de Strasbourg, faisant commenter par chacun(e) des étudiant(e)s une statue d’un des trois portails.

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Classé dans A. Art médiéval, B. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Arts Lettres Langues

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