Alsace, église de la route romane

Église Saint-Jean-Baptiste, sur la Route romane d’Alsace à Saint-Jean-Saverne. Ce bourg, jadis appelé Saint-Jean-des-Choux, s’est développé à l’ombre d’un couvent de bénédictines

L’église vue de l’extérieur : album de 29 photos. L’église vue de l’intérieur : album de 36 photos

Sources et citations. 1. DNA, Les guides bleus, Alsace, 1990, pages 388 et 389. 2. Lieux sacrés. 3. Route romane d’Alsace. Histoire et architecture

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« Fondée à la suite d’une donation du comte Pierre de Lutzelbourg à l’abbaye de Sankt-Georgen en Forêt Noire en 1127. La donation amène dans le troisième quart du 12ème siècle la fondation d’une abbaye de moniales bénédictines placée sous l’invocation de Jean le Baptiste.

Des bâtiments de cette époque subsistent

  • la nef romane de l’ancienne abbatiale, d’un style roman tardif de transition, avec une nef centrale voûtée de lourdes ogives, classées parmi les premières et donc les plus anciennes d’Alsace,

  • le chevet ouvragé à l’est : abside flanquée de deux absidioles aux harmonieuses proportions, un décor de sculptures : lions sur l’appui de la fenêtre axiale, culots de retombée des arcatures avec des têtes et des feuillages et, aux angles de la nef, quatre protomées (parties antérieures de l’animal) d’ours : deux d’entre eux malmènent des humains, un autre tient un gâteau dans ses mains, le dernier est pris au piège

  • des pentures romanes exceptionnelles sur les vantaux d’origine du 12ème siècle, à l’entrée de la nef, sous le clocher-porche.

L’architecture du sanctuaire est d’une grande homogénéité. Le transept n’est pas marqué. La nef, divisée en travées est scandée, comme dans beaucoup d’édifices romans de la Rhénanie, par l’alternance de piles fortes et de piles faibles. Elle est couverte d’une impressionnante voûte à croisées d’ogives primitives, très lourdes, qui sont parmi les plus anciennes d’Alsace. Le profil surbaissé des doubleaux s’explique par le poids de cette voûte, qui ne tient que grâce aux contreforts extérieurs ajoutés postérieurement et à des tirants de fer.

Les nervures des ogives retombent sur des culots sculptés de visages d’hommes barbus.


Les bas-côtés voûtés d’arêtes offrent une belle perspective. A l’entrée du bas-côté sud, une belle Pieta du 15ème siècle. A l’entrée du chœur, du même bas-côté, portail roman (il ouvrait sans doute autrefois sur le cloître), richement décoré de rinceaux de palmettes, avec, sur le tympan, l’Agneau mystique entre deux arbres stylisés. A gauche, curieux atlante.

Les autres bâtiments, maintes fois reconstruits après incendies, dévastations et destructions, livrent quelques témoins de la dernière campagne de remaniements du 18ème siècle, comme la tour-porche de 1733 plaquée sur la façade romane à l’italienne, détruisant et masquant le décor.

Milieu et troisième quart du 18ème siècle, mobilier baroque : orgue de Silbermann de 1747, maître-autel  de 1763, autels latéraux, et chaire à prêcher [décoration en bois sculpté peint : représentation des 4 évangélistes – tétramorphe -].

L’abbaye ferma ses portes le 1er octobre 1792, et l’ensemble des terres et des bâtiments de l’enclos conventuel, déclarés Biens Nationaux, fut acquis le 22 décembre 1796 par un collectif des 72 chefs de famille de Saint-Jean qui lotirent leur propriété le 10 janvier 1798, à l’exception de l’église, l’ancienne abbatiale, promue église paroissiale ».

La collection de tapisseries

« Huit tapisseries de lisse datées du 16ème siècle, rescapées d’un ensemble bien plus important mais victime de vols et de ventes sauvages, sont exposées dans la sacristie nord. Elles constituent une des plus importantes collections de tapisseries anciennes d’Alsace, même si elles ne forment pas un ensemble homogène et cohérent : grande variété des sujets, religieux et profanes, de formats, de facture. La plupart sont issues d’un atelier local, créé dans l’abbaye sous l’abbatiat d’Amalia von Oberkirch (1527-1568), souvent représentée en donatrice, avec ses armoiries. Seul le Trône de grâce ou Dieu de pitié, remarquable par sa qualité, est une œuvre extérieure, issue d’un atelier strasbourgeois.

Le Jugement de Salomon est la plus grande et manifestement la plus classique, dans son ordonnancement, parfaitement centrée, plans rigoureusement symétriques. C’est la seule œuvre inspirée de l’Ancien Testament.

La Mise au tombeau de 1540 retient l’attention par le traitement du corps du Christ mort, en premier plan, et par la galerie de portraits des personnages bibliques, auxquels des contemporains d’Amalia ont très certainement prêté leurs traits. Ne serait-ce que ce Saint-Nicolas anachronique qui s’avance à gauche et qui évoque irrésistiblement l’abbé Nicolas Schwander de Sankt Georgen, démissionnaire de son poste en 1530 en raison des troubles de la Réforme à Sankt Georgen, venu se réfugier à Saint-Jean où il mourut en 1535 dans les fonctions de prieur du couvent.

La Madone au Jardinet présente une scène plus paisible, presque sereine, voire bucolique. Une Vierge à l’enfant, entre sainte Barbe et sa tour à gauche, sainte Catherine et son épée à droite, et un saint Jean-Baptiste un brin esseulé ! Très originales, les scènes profanes : La chasse des hommes sauvages représente entre autres scènes de chasse, une “ dame “ à la licorne quelque peu “ sauvage “ dans son accoutrement primitif, contrastant singulièrement avec les scènes de genre contemporaines. Les lamentations du vieillard évoquent avec ironie et humour, nostalgie de la jeunesse, tristesse de la vieillesse ! »

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Classé dans A. Art médiéval, A. Histoire médiévale, B. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

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