Colmar. Collégiale Saint-Martin

Colmar, Collégiale Saint-Martin. Album de 43 photos (4 juin 2017). Source et citations de cette chronique : le Centre Régional de Documentation Pédagogique (CRDP, Strasbourg).

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Historique. Colmar et la Collégiale. « La première mention certaine de Colmar remonte à 823 lorsque Louis le Pieux, fils de Charlemagne, fait don à l’abbaye de Munster de quelques terres faisant partie de son fisc (domaine royal) nommé colombier. Mais il est probable que sous la période romaine ait déjà existé une villa (grand domaine agricole) Columbaria à l’ombre du camp militaire d’Argentovaria (Horbourg-Wihr). Le domaine se développe assez rapidement pour qu’une première église, de type carolingien, y soit élevée (fin du IXè siècle) avant de faire place à une construction romane au XIè siècle.

Au XIIIè siècle, la petite ville est assez développée pour accéder au statut de ville libre en 1226 avec la bénédiction de l’empereur Frédéric II qui encourage le mouvement communal. En 1234 l’église devient collégiale et est confiée à un chapitre de chanoines dépendant de Munster. Ce chapitre décide immédiatement la reconstruction de l’église, l’édifice roman n’étant sans doute plus digne de sa nouvelle affectation…

Le chantier de la collégiale dure de 1235 à 1365. Sous la direction d’un certain Mestre Humbret, formé en Ile-de-France. Il débute par le transept, se poursuit par les nefs et le massif occidental, pour s’achever par le chœur à déambulatoire, sous la direction de Maître Guillaume de Marbourg, décédé en 1366.

En 1572, un violent incendie ravage la flèche du clocher sud, les combles et le clocheton de la croisée. L’édifie est réparé un an plus tard et couronné de l’actuel lanternon à bulbe de style renaissance« .

La nef. « Pour construire la nef à partir de 1270, maître Humbert utilise comme support la pile ronde cantonnée de quatre colonnes, dont l’antérieure monte jusqu’à la naissance des voutes, rythmant ainsi les 5 travées. L’élévation est simple, à deux étages comme à Marmoutier, Notre-Dame de Rouffach et Saints-Pierre-et-Paul de Wissembourg : elle comprend des arcades moulurées, une zone de mur lisse sans triforium et les fenêtres hautes à trois lancettes soulignées par un bandeau. Ce type d’élévation offre donc de vastes espaces de murs, réduisant quelque peu l’éclairage ; mais le vaisseau, certes robuste, est très équilibré et possède une certaine harmonie le rapprochant de l’art épuré et simple des ordres mendiants, fortement implantés dans la ville depuis la fin du XIIIè siècle.

Cette solidité de la nef est confortée par les robustes et simples arcs-boutants qui, à l’extérieur, scandent les piles des travées de la nef sans ostentation.

Les voutes de la nef, qui culminent à une hauteur de 20 mètres, sont quadripartites et les arcs retombent sur des chapiteaux à décor végétal, un peu au-dessus du bandeau séparant le mur des fenêtres hautes ».

Le transept sud. « Pinacle et frise des statues sous la corniche à balustrade de l’angle est du transept sud. Le décor extérieur de la Collégiale Saint-Martin se compose essentiellement de statues de prophètes, saints et saintes des contreforts de l’église et date du dernier quart du XIVè. Il témoigne de l’influence des architectes et tailleurs de pierre de la famille des Parler (Heinrich l’Ancien, ses fils et petits fils) qui ont œuvré dans tout le sud du Saint-Empire ».

La façade occidentale. Elle comporta trois portails, aménagés entre quatre contreforts à passage. Au nord et au sur s’ouvrent sur les bas-côté de simples portes surmontées d’un arc trilobé encadrant une fenêtre et surmonté d’un faux gâble à fleurons réalisé en fort relief sur le mur et sculpté à ses extrémités inférieures de diablotins.

Seul le portail central est possède un décor sculpté, datant de 1310. Le tympan représente au registre inférieur une adoration des mages et au registre supérieur le Christ trônant entouré d’anges portant les instruments de sa passion« .

Le chevet et les chapelles absidiales. « Le chœur est réalisé à partir de 1351 sous la direction de Guillaume de Marbourg : très élégant, il se compose de trois travées droites et d’un chevet à cinq pans d’octogone. Il possède un déambulatoire composé de chapelles aménagées entre les contreforts et reliées entre elles par des passages aménagés dans ces contreforts. Cette formule est assez courante dans les constructions des Ordres mendiants ».

Le portail du transept sud. « Dédié à Saint Nicolas, il date du début de la construction, dans la seconde moitié du XIIIème siècle et marque la transition entre l’art roman et gothique. La partie basse du tympan en plein cintre montre Saint Nicolas entouré à sa droite de trois jeunes filles qu’il a sauvées d’un sombre destin (la prostitution ?), leur père étant ruiné et ne pouvant donc fournir de dot. A sa gauche, trois jeunes hommes, représentant probablement le miracle de la résurrection de trois enfants, perdus en forêt, et hébergé par un boucher qui s’empressa de les tuer et de les mettre au saloir…

L’extrados de ce tympan inférieur est surmonté d’un second tympan en arc brisé représentant le Jugement dernier : le Christ en gloire est entouré d’anges portant les instruments de la passion et sonnant la trompette ; à sa gauche la résurrection des morts et la gueule de l’enfer ; à sa droite, le cortège des élus. Il y a une certaine parenté entre les figures des jeunes filles avec celles des vierges sages et folles de la cathédrale de Strasbourg…

Les voussures de l’archivolte sont décorées de motifs végétaux et sur l’arc extérieur de l’archivolte se succèdent, appuyées sur un visage de femmes et de jeunes-hommes au beau sourire, diverses figures bibliques entourant un Christ en gloire trônant sous le sommet de l’arc. La quatrième figure de gauche serait celle de Maître Humbert, le créateur du portail, tenant l’équerre en main…

Les piédroits du portail sont formés de trois colonnes à chapiteau végétal, entre lesquelles l’artiste a figuré de nombreuses têtes et corps, figures grimaçantes, sans doute des éléments récupérés de l’ancien édifice roman.

La figure souriante de la jeune fille représentée ici n’est pas sans rappeler certains visages de la cathédrale de Reims ».

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Classé dans A. Art médiéval, A. Histoire médiévale, B. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

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