Macron, Léger, les congés payés

Priorité à l’accord d’entreprise sur l’accord de branche professionnelle : telle est la politique que la République en marche cherchera à mettre en œuvre dans le cadre de la réforme du Code du travail. Depuis plusieurs années, l’accord d’entreprise peut être moins favorable que l’accord de branche, en particulier dans le champ de la durée du travail, mais à certaines conditions.

Dans la situation actuelle en effet, l’accord d’entreprise ne peut être moins favorable que la loi (cf. la note finale, Loi Travail de 2016 : quelle est cette inversion de la hiérarchie des normes qui fait débat ?). La loi fixe la durée des congés payés, mais peut bien sûr la modifier. De 2 semaines en 1936, les congés payés sont passés à 3 en 1956, puis à 4 en 1969 et enfin à 5 en 1982. Durant la législature qui commence, après modification de la loi et suite à un accord d’entreprise, le nombre de jours de congés pourrait-il être localement diminué ? Faut-il le craindre du président de la République, Emmanuel Macron ? Les syndicats seraient-ils capables d’empêcher de tels accords revenant sur le socle des acquis ?

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Visitant, en fin de semaine dernière, l’exposition Fernand Léger (1881-1955) au Centre Pompidou Metz, Le Beau est partout, je me suis mis à penser aux premiers congés payés, à ceux de 1936 (mon père m’en parlait souvent) et à ceux de 1956 (je m’en souviens). Longues périodes de travail et brèves périodes de loisirs.

Toiles de Léger peintes entre 1948 et 1954 : album de 29 photos

Fernand Léger durant cette période

« Pendant l’Occupation, le peintre se réfugie aux États-Unis, où il était allé trois fois déjà (en 1931, en 1935 avec Le Corbusier, en 1938). Il y retrouve les intellectuels et artistes émigrés, tels André Breton, Masson, Tanguy, Ernst, Chagall, Mondrian, Ozenfant…

De retour en France en 1945, il adhère au parti communiste, dont il deviendra, avec Picasso, l’artiste vedette. Il reprend les grandes compositions à personnages d’avant-guerre, en dissociant parfois l’apport de la couleur de celui du dessin, chacun ayant sa vie propre (états définitifs, en 1954, de la Grande Parade et de la Partie de campagne). On a vu là des réminiscences à la fois des papiers collés du cubisme et de la vision que l’artiste eut de Broadway et rapporta ainsi : Vous êtes là, vous parlez avec quelqu’un, et tout à coup il devient bleu. Puis la couleur passe, une autre arrive, il devient rouge, jaune. Cette couleur-là, la couleur des projecteurs, du néon, est libre : elle est dans l’espace. J’ai voulu faire la même chose dans mes toiles.

On voit également l’artiste aborder, à cette époque, tous les domaines de la création plastique : décors et costumes, mosaïque, vitraux, décoration pour la grande salle du palais de l’ONU, à New York ; étude chromatique pour l’hôpital de Saint-Lô. Léger aborde également la tapisserie, la céramique et la sculpture polychrome. Il illustre en 1953, Liberté, de Paul Éluard, poème-objet qui connaîtra un large succès populaire ».

Note finale. Loi travail de 2016 : quelle est cette inversion de la hiérarchie des normes qui fait débat ?

« Le code du travail est régi par la loi. Les accords collectifs (de branche/secteur d’activité ou d’entreprise) ne peuvent pas être moins favorables aux salariés que ce que la loi dispose. L’accord d’entreprise ne peut pas être moins disant pour les salariés que l’accord de branche (sauf exceptions). Et, en dernier lieu, le contrat de travail ne peut pas être moins favorable que ce que prévoit l’accord d’entreprise.

Dans son exposé des motifs présenté à l’Assemblée nationale, le projet de loi explique que la primauté de l’accord d’entreprise en matière de durée du travail devient le principe de droit commun.

Autrement dit, dans le domaine de la durée du travail (nombre maximum d’heures quotidiennes et hebdomadaires, temps de repos, congés payés…), l’accord d’entreprise peut être moins disant que l’accord de la branche d’activité. Cette primauté s’exercerait « notamment en matière de fixation du taux de majoration des heures supplémentaires, où la priorité est donnée à l’accord d’entreprise, et non plus à l’accord de branche ».

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Classé dans B. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Arts Lettres Langues, F. 19ème et 20ème siècles

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