Urbain V, l’université d’Avignon

Urbain V (Guillaume de Grimoard), 6ème pape en Avignon, de septembre 1362 à décembre 1370. Né en Lozère en 1310. Après des études de droit à Montpellier, à Toulouse, à Avignon et à Paris, il fait profession à l’abbaye bénédictine de Saint-Victor à Marseille. Reçu docteur en 1342, il enseigna le droit canonique à Montpellier et à Avignon (université fondée par Boniface VIII en 1303). Sources et citations de cette chronique : cf. la note finale.

Urbain V et l’université. « La bonté d’Urbain V et son désir de diffuser la science se manifeste par ses générosités à l’endroit de bon nombre d’abbayes dont celle du Mont-Cassin et des principales Universités : il aime à fonder, auprès de celles-ci, des collèges qui accueilleront des étudiants pauvres.

Ce fut dans ce cadre que, afin d’aider ses jeunes compatriotes, il fonda à Montpellier, en 1360, le collège des Douze-Médecins, placé sous l’invocation de Saint-Matthieu, pour des étudiants en médecine issus du Gévaudan. Cet attachement à la médecine s’explique, en partie, par son amitié avec l’un des pères de la chirurgie, Guy de Chauliac. Puis en 1364, il fonda le collège des SS. Benoît et Germain, destiné à accueillir les étudiants en théologie, droit canon et arts libéraux.

Il fonda l’université de Cracovie en 1364, la faculté de théologie de Padoue, un collège à Bologne et réforma ou confirma les statuts des universités d’Avignon (cf le billet d’Yves Grava ci-dessous), de Paris, d’Orléans et de Toulouse. Afin d’aider à l’instruction des jeunes de son pays (le Gévaudan), il fonda à Saint-Germain-de-Calberte un Studium, sorte de séminaire avant l’heure, entièrement réservé aux moines. Les étudiants devaient ensuite se rendre à Avignon pour y passer leur examen. Dans le même esprit, il fit de l’abbaye de Saint-Roman près de Beaucaire un Studium et la fit fortifier » (Wikipédia citant Yves Renouard).

Université d’Avignon. En 1367, une bulle d’Urbain V confirma les statuts de 1303 :  l’université doit être dirigée par le seul représentant des docteurs. Les étudiants n’aiment pas ça. Ils devront pourtant continuer à supporter le pouvoir du Primicier.

Bonnes feuilles d’Yves Grava. Cliquer sur les images pour les agrandir

Le gouvernement de l’Église. « Devenu pape, Urbain V vécut en bénédictin, réduisant le luxe de la Cour et s’attaquant au népotisme. Il accentua la politique centralisatrice de ses prédécesseurs : dès 1363, il réserva à la papauté la collation de tous les sièges patriarcaux et épiscopaux, ainsi que des principaux monastères » (Dictionnaire des papes).

Le retour à Rome (1367-1370). Le pape y était favorable dès son élection, la menace des compagnies, libérées par une pause dans la guerre de cent ans, y poussait. Mais les troubles en Italie (entre cités-états, au sein des états pontificaux, à Rome même), le délabrement du Latran, où les papes résidaient, et les retournements fréquents de situation ont retardé le projet. Le départ d’Avignon pour Rome n’eut lieu que fin août 1367.

Les turcs et la croisade. Même à Avignon, le pape demeurait formellement le chef des États pontificaux. Il avait acquis une bonne connaissance des questions politiques, ayant été plusieurs fois légat pontifical en Italie dans la décennie précédant son élection au pontificat. Il échoua sur tous les plans : pas d’union avec l’église Byzantine, échec de la mini-croisade, menée par le roi de France Jean Le Bon. Constantinople finira par tomber en 1453.

Le retour à Avignon. « A Rome, Urbain était soumis à de constantes pressions dans ce sens de la part des cardinaux français et la situation en Italie devenait de plus en plus inquiétante ». Rome n’était plus qu’une ville moyenne (à peine plus de 20000 habitants dans le périmètre de la muraille aurélienne). « Pérouse se révolta et dut être frappée d’interdit… La reprise de la guerre de Cent ans en 1369 fournit un motif supplémentaire : la paix entre l’Angleterre et la France était essentielle à la croisade et Urbain V pourrait la négocier plus efficacement en Avignon ».

Parti de Montefiascone le 26 août 1370, Urbain parvint à Avignon le 27 septembre. Il mourut le 19 décembre, à l’âge de 60 ans. Il ne fallut que deux jours aux 17 cardinaux présents pour lui choisir un successeur : Grégoire XI, pape de la fin 1370 à mars 1378. 1378, date du début du Grand Schisme d’Occident : un pape à Rome, un antipape à Avignon.

Sources et citations

Jean Favier, Les papes d’Avignon, Fayard, 2006, pp. 145-152, 530-538.

Yves Grava, Université d’Avignon, Naissance & Renaissance, 1303-2003, Actes Sud.

J.N.D Kelly, Dictionnaire des papes, Brepols, 1994, pages 463 à 467.

Yves Renouard, La papauté à Avignon, compte-rendu, Que Sais-je, 1954.

Wikipédia, Urbain V – Enseignement.

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Classé dans A. Histoire médiévale, C. PACA Corse

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