Réussir ensemble… sans les ATER ?

Cinquième chronique en deux jours sur la gestion de recrutements d’enseignants-chercheurs (professeurs, maîtres de conférences, ou ATER) ou de chercheurs en Franche-Comté, en Ile-de France, en Pays-de-Loire, en Lorraine.

La crise financière subie par les établissements accentue-t-elle les conflits entre disciplines ou au sein des disciplines ? Le gel de nombreux emplois fait-il progresser le localisme dans le recrutement ? Une incroyable complexité pour composer et faire fonctionner les comités de sélection va-t-elle aboutir à une multiplication des contentieux et à la paralysie des recrutements ? La gouvernance par la confiance serait-elle en train d’abandonner l’Alma Mater ? Faut-il craindre l’avènement d’une sorte de barbarie ?

Université de Franche-Comté : Réussir ensemble… sans les ATER ? Lettre ouverte du 20 juin 2017, signée par une cinquantaine de responsables enseignants et administratifs.

« Dans sa profession de foi de mars 2016, lors des élections pour le CA de notre université qui allait le conduire à un second mandat à la tête de notre université, le président Jacques Bahi vantait les mérites de sa précédente mandature au cours de laquelle l’UFC avait « montré qu’elle était capable d’anticiper ». Ces belles qualités, celles du président-gestionnaire, se sont-elles dissipées dans les brumes de la chaleur du printemps ? Où sont passés les « efforts fondés sur une vision politique et stratégique anticipant l’avenir », ainsi que la « maîtrise des problématiques budgétaires » ? Certainement pas dans la gestion de la campagne ATER 2017.

Nous apprenons en effet aujourd’hui mardi 20 juin 2017 qu’une réunion d’arbitrage a eu lieu hier entre la présidence et les directeurs de composantes. Cette réunion d’arbitrage, alors que la campagne d’emploi ATER 2017 (dont le calendrier a été fixé par la présidence) est terminée depuis le 30 mai, exige de l’UFR SLHS qu’elle renonce à trois postes d’ATER temps plein« …

… « Enfin, derrière cette gestion déplorable de la campagne ATER 2017, il y a tou.te.s les candidat.e.s classé.e.s sur les différents postes mis au concours, qui n’ont toujours pas été contacté.e.s officiellement et qui attendent un hypothétique appel de l’Université de Franche-Comté… Ou bien plutôt qui, dans la plupart des cas, ne l’attendent plus et ont accepté un poste ailleurs pour la rentrée de septembre. Combien de candidat.e.s disponibles restera-t-il sur les listes de classement remontées avant le 11 mai dernier ? Et combien de postes ne seront finalement pas pourvus, faute de candidat.e.s ?

Nous, directeurs, directrices de département, directeurs, directrices de diplômes, directeurs, directrices de laboratoire, enseignant.e.s-chercheur.se.s, personnels administratifs et techniciens à l’Université de Franche-Comté tenons à manifester par cette lettre ouverte notre indignation et notre colère.

L’Université doit traiter tous ses personnels, y compris ceux qui se trouvent dans les situations de précarité comme le sont les ATER, avec le respect qui leur est dû. L’Université doit respecter le travail qui a été fourni par les personnels administratifs, les enseignant.e.s chercheur.se.s de notre université pour mener à bien la campagne d’emploi ATER. Il manque de l’argent ? Il fallait le prévoir. On ose à peine se demander à quel moment de cette campagne l’équipe présidentielle a su qu’elle procéderait de la sorte : avant même que le ministère publie les postes, que les candidats présentent leur candidature ou que les commissions fassent leur travail ? Une fois la campagne lancée, il aurait fallu, par respect des candidat.e.s et des personnels, par souci de l’image de notre université et de sa capacité à attirer à l’avenir de jeunes candidat.e.s prometteu.r.se.s, assumer de la laisser aller à son terme.

Les collègues qui participent aux commissions de recrutement et font tout leur possible pour assurer le bon fonctionnement de l’établissement en mettant devant les étudiants des enseignants compétents et motivés ne sont pas des factotums dont on peut balayer le travail d’un revers de manche.

Les ATER ne sont pas une variable d’ajustement, ils sont un rouage essentiel pour assurer nos missions de service public d’enseignement et de recherche.

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Classé dans C. Bourgogne Franche-Comté

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