Dérives de réformes universitaires

Pacitto Jean-Claude, Ahedda Driss, La réforme universitaire française : d’une inspiration managériale à une dérive bureaucratique, Gestion et management public, 2016/4 (Volume 5 / n° 2), p. 21-38. Article intégralement en ligne.

Introduction. « La loi sur l’autonomie des universités votée en 2007 visait un objectif : autonomiser la gestion de l’institution universitaire en permettant à son président d’être un vrai gestionnaire et non plus un administrateur. En se focalisant sur le pouvoir du président comme remède à tous les maux de l’université les réformateurs de 2007 oublièrent de porter un diagnostic sérieux sur les dysfonctionnements de l’institution universitaire.

De fait et si les nouveaux pouvoirs attribués au président ont accru sa marge de manœuvre décisionnaire, il n’en demeure pas moins que cet affermissement des pouvoirs du président a aussi eu tendance à renforcer les caractéristiques bureaucratiques de l’organisation universitaire en accentuant la centralisation décisionnaire et en faisant jouer aux services centraux un rôle toujours plus important.

La conséquence a été une multiplication des procédures souvent incompatibles avec la démarche managériale.

De même, cet affermissement du pouvoir présidentiel lui permet de peser toujours plus dans les jeux politiques internes notamment par le moyen des recrutements ».

Cet article en ligne est une revue de la littérature sur l’université, sans une seule enquête originale de terrain. Pourquoi une Revue de gestion et management accepte ce type d’article en chambre ? Article dont l’introduction ignore ce que signifie le titre de la loi de 2017 : LRU !

Pour ma part – et 12 ans plus tard – je continue de préférer des articles qui s’appuient sur une collecte de données inédites.  Certes, nul n’est aussi bien servi que par lui-même !

Boffo Stefano, Dubois Pierre, La faiblesse de l’instance législative dans les universités. Le cas de la France et de l’Italie, Revue Internationale des Sciences Administratives, 2005/1 (Vol. 71), p. 35-54.

La loi accorde l’autonomie statutaire aux universités (loi de 1984 en France, loi de 1989 en Italie). Elle les oblige cependant à se doter d’un statut énonçant des principes et des objectifs, créant des instances de gouvernement et des structures organisationnelles (des facultés, des centres de recherche, des services). La loi instaure un régime démocratique traditionnel : elle fait obligation aux universités de distinguer la fonction exécutive (assumée par le Président ou le Rettore) et la fonction législative (remplie par un ou des conseils). L’autonomie statutaire implique toutefois que chaque université puisse déterminer, au moins en partie, le pouvoir et le fonctionnement de ses instances de gouvernement ; des situations variées peuvent exister et existent de fait.

Cet article analyse la fonction législative, le rôle du Conseil d’administration (CA) en France et celui du Senato Accademico (SA) et du Consiglio di Amministrazione (CdA) en Italie. Il argumente le paradoxe suivant : ces conseils constituent l’organe de gouvernement le plus puissant dans les universités, mais ce sont des instances qui peuvent avoir un pouvoir réel faible. Pour prouver ce paradoxe, cet article s’appuie sur les résultats des recherches que les deux auteurs mènent depuis une dizaine d’années (Boffo, Dubois), sur l’analyse de plus de 150 statuts universitaires dans les deux pays, sur des entretiens auprès d’une soixantaine de Présidents et Rettori, sur des observations participantes menées par eux dans le cadre des responsabilités qu’ils exercent dans leur université.

4 Commentaires

Classé dans D. Italie

4 réponses à “Dérives de réformes universitaires

  1. Jean-Claude Pacitto

    Cher Collègue

    Peut-être qu’une lecture plus attentive et moins tendancieuse de notre article vous aurait évité ce genre de dérapage «  »dézinguage » dont la seule finalité est de vanter votre travail. Si vous aviez lu plus attentivement notre article vous verriez qu’il mobilise trois enquêtes dont deux syndicales (portant sur plus d e2000 enseignants-chercheurs!) mais je conçois que certains développements vous dérangent quelque peu!
    Pour votre info, cet article a subi un processus d’évaluation très exigeant, croyez-moi.
    Je vous invite avant de faire des commentaires de la sorte à d’une part, bien lire les documents que vous commentez et surtout de faire un travail scientifique d’explicitation de vos a prioris sur la question.
    Enfin nos vous remercions pour vos lumières s ‘agissant de la LRU mais ne vous est-il pas venu à l’esprit que c’est une stratégie délibérée de notre part d’évoquer l’autonomie et non la responsabilité qui en soi ne veut pas dire grand chose!
    Je vous rappelle enfin que le dialogue universitaire repose sur la courtoisie et pas l’agressivité quelles que puissent être par ailleurs nos différences « philosophiques ».
    Très cordialement
    JC Pacitto

  2. Cher collègue. Merci pour votre commentaire.

    Vous mobilisez effectivement des enquêtes, mais ce ne sont pas les vôtres ! Je confirme donc : votre article est une revue de questions qui n’apporte pas de données nouvelles, collectées par vous-même et votre collègue.

    Néanmoins. Qu’une revue de gestion et de management qui a pignon sur rue accepte de publier des revues de questions, c’est bien son droit ! Très cordialement. Pierre Dubois

    • jean-claude Pacitto

      Et si cher collègue c’est moi qui en ai eu la responsabilité! Et une référence citée le révélait!!!!!!!
      Encore une fois les commentaires sont les bienvenus et la critique est nécessaire mais je n’ai jamais confondu « dézinguage » et critique et je m’honore d’avoir su rester sur cette ligne depuis 25 ans quelles que puissent être encore une fois et par ailleurs mes désaccords scientifiques ou philosophiques avec mes collègues!
      Maintenant nous ne sommes pas naïfs et nous savions que certains développements susciteraient des réactions plus ou moins amicales!!!
      Très cordialement
      JC Pacitto

  3. Sbo

    Bonjour,
    Je m’immisce dans votre cordial échange. Cette chronique m’a permis d’accéder et de lire votre article ; ce qui n’aurait jamais été le cas avant. Merci au blog de Pierre Dubois. Restez donc « zen » car cela permet à une certaine connaissance de passer les « frontières » et d’informer le parent d’étudiant qui se dit souvent : pourquoi ce « Bedlam » cette institution ? Ensuite ayant participé en tant que praticien avec mon entreprise au montage d’un projet collaboratif « ANR » avec des universitaires renommés, j’ai encore mal aux dents du « dézingage » des reviewers universitaires de ce projet : j’étais KO au premier round 🙂 Donc…
    Bonne suite à vous.

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