Paris. Le bazar des Sciences

L’appel à projets Écoles universitaires de recherche (Graduate Schools à la française) vient de franchir une étape : celle du dépôt des candidatures. Les 195 enregistrées seront examinées par un jury en octobre 2017 et les lauréats seront financés à partir du 1er trimestre 2018 (chronique Micmac budgétaire pour le financement du PIA3).

Objectif des EUR. « L’action Écoles universitaires de recherche (EUR) du troisième Programme d’investissements d’avenir a pour ambition d’offrir à chaque site universitaire la possibilité de renforcer l’impact et l’attractivité internationale de sa recherche et de ses formations dans un ou plusieurs domaine(s) scientifique(s), par la création d’une ou plusieurs école(s) universitaire(s) de recherche qui rassembleront des formations de master et de doctorat ainsi qu’un ou plusieurs laboratoires de recherche de haut niveau ». Et les formations de licence ? Lire la note finale.

Pour ce qui est des Sciences « dures » de Paris intra-muros, dans quel contexte l’appel à projets EUR prend-il place ?

  • Le secteur scientifique est présent dans les 3 COMUES parisiennes : Sorbonne Universités, Sorbonne Paris Cité, Paris Sciences et Lettres (COMUE qui comprend l’ENS Ulm)
  • Deux de ces COMUE sauront à l’automne si leur IDEX sera pérennisée. Quant à l’IDEX de Sorbonne Paris Cité, elle a été arrêtée par le jury international.
  • Les deux universités de Sorbonne Universités (Sorbonne Paris 4 et Paris 6 Pierre et Marie Curie) fusionneront le 1 janvier 2018.
  • en décembre 2016, une initiative a été prise par la physique de Paris 7 Denis Diderot : unifier la physique de Paris-Centre par la création d’une EUR commune avec la physique de Paris 6 et celle de Paris Sciences Lettres.
  • en juin 2017, un groupe de directeurs de composantes et d’élus des Conseils de Paris 7 Diderot propose la création de l’Université Fédérale de Paris, une alliance se substituant à Sorbonne Paris Cité.

Le compte-rendu informel du Conseil scientifique de l’Ecole Normale Supérieur du 16 juin 2017 donne la liste des six projets d’EUR dans lesquelles l’École est partie prenante, dans le cadre de la COMUE PSL.

Le 15 juin 2017, les présidents de Paris 6 Pierre et Marie Curie et de Paris 7 Diderot, cités par News Tank HER, battaient en brèche les frontières des deux COMUE auxquelles ils appartiennent. Ils écrivaient

« Le paysage universitaire et de recherche de Paris Centre a considérablement évolué depuis près de dix ans et a permis aux établissements d’affiner leur organisation comme leur stratégie scientifique. Dans le même temps, les présidents de Paris Diderot et de l’UPMC ont souhaité mettre en œuvre une approche concertée ayant pour objectif d’assurer un développement harmonieux des sciences de Paris Centre. »

Ce renforcement [de la coopération] se traduit par plusieurs projets dont deux projets d’EUR construites de concert et qui s’appuient sur leurs masters et les écoles doctorales. Ainsi, le projet EUR « Paris School of Physics of condensed matter » sera porté par Paris Diderot et celui d’EUR « Paris School of quantum technologies » sera porté par l’UPMC.

Il a également été décidé de coaccréditer entre les deux établissements des formations de master (…).

En outre, les deux universités portent un projet commun d’infrastructure de microscopie électronique à transmission pour Paris Centre (…).

La même démarche a été initiée au niveau francilien avec le projet d’EUR Paris Climate School, qui, au travers de la Fédération IPSL (Institut Pierre Simon Laplace) associe Paris Saclay et Paris Centre et pour laquelle il a été décidé en commun qu’elle serait portée par l’UPMC-Sorbonne Université ».

Mais…

Il a naturellement été proposé à l’ENS et aux autres établissements de PSL, de se joindre à cette démarche (…). C’est avec regret, notamment pour l’ensemble des membres des laboratoires communs, qu’il a été pris acte de la décision de l’ENS de ne pas y participer.

Le directeur de Paris Sciences Lettres précise pourquoi il n’ a pas répondu à la demande de Paris 6 et Paris 7. « Pour le volet physique, PSL a privilégié un projet portant sur la physique innovante, qui repose sur deux Labex existants au sein de PSL et des formations internationales ».

Bref…

Le bazar continue. La lisibilité du paysage parisien en matière de recherche est faible et ne progresse pas. La faute au Programme d’Investissements d’Avenir et aux regroupements à marche forcée imposés par la loi ESR. Dans ce contexte bien instable, il est impossible que l’attractivité internationale de Paris et plus largement de l’Ile-de-France se développe.

Note finale. Place des formations de licence dans les EUR. Elle n’est pas exclue, mais elle est peu probable : « l’objectif de l’action EUR est de favoriser la création de graduate schools à la française, en ’appuyant notamment sur l’expérience acquise avec les écoles doctorales. Chaque site aura ainsi la possibilité de présenter des projets ambitieux qui valorisent ses compétences propres en rassemblant des laboratoires et des formations de master et de doctorat et en développant dans le cadre de ces écoles des actions susceptibles de renforcer son attractivité. Les écoles universitaires de recherche pourront  s’articuler le cas échéant à des cursus de licence conçus en cohérence avec elles« . Bref, les licences vont se marginaliser encore davantage par rapport aux masters et doctorats.

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Classé dans C. Ile-de-France, E. Ingénierie, E. Sciences

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