Gel des frais d’inscription. Et après ?

Les frais d’inscription à l’université sont gelés pour l’année 2017-2018 (tableau du ministère). J’ai parié que le gouvernement n’oserait pas faire progresser ces frais  (chronique Droits d’inscription en hausse ?). J’ai malheureusement perdu !

Le gouvernement n’a pas suivi une des recommandations de la Cour des Comptes pour l’enseignement supérieur. De même, il n’a pas engagé de discussion avec la CPU, pourtant ouverte à une progression des droits. Vadémécum de 84 propositions de la CPU pour l’enseignement supérieur et la recherche (page 3).

  • Proposition 7. La CPU demande que toute hypothèse d’évolution des modalités générales de financement de l’enseignement supérieur et de la recherche qui modifierait les équilibres actuels entre financements par l’État, par les familles et par les acteurs socio-économiques fasse l’objet d’un débat préalable impliquant les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche.
  • Proposition 8. Les droits d’inscription doivent continuer à être déterminés par l’État. Si un futur gouvernement décidait de les augmenter, il devrait accompagner une telle décision de mesures de soutien aux étudiant-e-s, et en aucune façon ne baisser en contrepartie les financements publics alloués aux universités.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Bien sûr, mais avec de graves erreurs orthographiques dans son communiqué, l’UNEF salue le gel des frais d’inscription et de restauration universitaire mais appelle à des mesures d’urgences dès la rentrée.

« Les montants des droits d’inscription et de la restauration universitaire ont été annoncés ces derniers jours par le gouvernement. L’UNEF salue la stagnation du ticket RU et des frais d’inscription qui sont au cœur de ses revendications, malheureusement elle est contrebalancer [sic] par une hausse des frais d’affiliation à la sécurité social [sic].

L’état de précarité des étudiante-e-s s’étant particulièrement aggravé ses [sic] dernières années, il était nécessaire de maintenir ces montants à leur niveau pour permettre l’accès du plus grand nombre à l’enseignement supérieur.

Si le gel des montants d’inscription et de restauration est positif, la période de la rentrée reste particulièrement difficile pour les étudiant-e-s. D’autant que face à la hausse du coût de la vie, les étudiant-e-s voir [sic] leurs conditions de vie ce dégradé » [sic].

Conséquence de la stabilisation des droits d’inscription ? Une diminution des ressources des universités en euros constants, dans la mesure où on peut supposer que l’État ne compensera pas le manque à gagner par une augmentation des dotations 2018. De plus en plus d’universités passeront dans le rouge (25 établissements en déficit). La qualité des études se détériorera, d’autant plus que la progression des effectifs étudiants à l’université sera financièrement ignorée.

Et pendant ce temps-là et alors que la licence est agonisante, l’enseignement supérieur privé prend le public de court et développe des bachelors en 3 ans, des bachelors aux droits qui peuvent atteindre 10.000 euros pour 3 années d’études.

La politique de ce gouvernement est-elle d’asphyxier progressivement mais sûrement les universités publiques, pour donner une place grandissante à l’enseignement supérieur privé ? Certains diront que je fais un procès d’intention. Peut-être ! Mais l’augmentation raisonnée et raisonnable des droits d’inscription finira bien par être reconnue nécessaire. Espérons qu’il ne sera pas alors trop tard pour les universités !

2 Commentaires

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2 réponses à “Gel des frais d’inscription. Et après ?

  1. Gerbeau

    J’ose espérer que le communiqué de l’UNEF n’a pas été écrit ni relu par un étudiant!
    Quelle image,car même si l’orthographe doit continuer à évoluer, de telles fautes de grammaire rendent parfois le texte incompréhensible.
    Malheureusement, si nous, enseignants du supérieur, arrêtions de corriger des copies au delà de 20 ou 30 fautes, les taux de succès en licence, master ou doctorat chuteraient.

  2. jean claude loraud

    Il y a un autre moyen de faire de grosses économies dans les budgets des universités: Sortir des « marchés publics « !!
    Cette obligation renchérit scandaleusement tous les achats faits par les universitaires!
    Ainsi un billet d’avion pour un départ en mission coutera 3 à 4 fois plus cher en passant par le marché public que par internet ! Grosses différences aussi pour les ordinateurs la papèterie etc
    Pourquoi personne ne dénonce jamais ce scandale ?…Qu’Emmanuel Macron est bien placé pour connaitre…ainsi que madame Vidal, ex-présidente d’université

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