Jean-B. Greuze, 30 ans en 1755

Salle Jean-Baptitste Greuze au Musée Fabre de Montpellier. « Cette pièce évoque les transformations de la société au Siècle des Lumières. Tandis que Greuze offre à ses humbles figures du monde paysan une noblesse et une grandeur encore inconnue qui enthousiasmera Diderot, Aved, David et Pajou se font les portraitistes de l’émergence de la bourgeoisie dans la société du XVIIIe siècle ».

Quatre peintures de Greuze (13 photos). Également dans le musée Fabre, sept autres œuvres du 18ème siècle (23 photos), dont un buste de Voltaire par l’atelier de Jean Houdon (1778).

« La peinture de Greuze a cherché à illustrer la vertu, telle que la concevaient les philosophes des lumières. Il ne s’agit nullement du moralisme militant et rigide de David, mais plutôt d’un rousseauisme pictural. La Nouvelle Héloïse (1761) puis Les Confessions (1782) mettent l’accent sur l’émotivité : on a des sentiments avant d’avoir des idées. Les modèles littéraires du villageois vertueux, du père exemplaire, de la jeune fille rêveuse constitueront des sources d’inspiration pour le peintre. Le contraste entre l’hédonisme rococo, souvent cynique, et la glorification des sentiments vertueux chez Greuze est tout à fait saisissant. Si le rococo est représentatif du libertinage aristocratique, la peinture de Greuze est celle des vertus bourgeoises. Historiquement, le rococo illustre à merveille un monde qui disparaît, Greuze un monde nouveau en train de naître » (Rivage de Bohême).

Cliquer sur les images pour les agrandir

Biographie de Jean-Baptiste Greuze , 1725-1805 (même source).

« Il est né à Tournus en 1725. Son père était maître couvreur. Ayant découvert chez son enfant des dispositions pour la peinture, il l’envoya étudier chez un  peintre lyonnais Charles Grandon (1691-1762) qui lui apprit à copier des tableaux anciens.

En 1750 (25 ans), Greuze part pour Paris où il suit les cours de Charles-Joseph Natoire (1700-1777) à l’Académie Royale de peinture et de sculpture.

1755 (30 ans). Un tableau qu’il avait commencé à Lyon, Le Père de famille expliquant la Bible à ses enfants, est acheté par un riche financier amateur d’art, Ange-Laurent Lalive de Jully (1725-1779). Celui-ci l’expose dans son hôtel et Greuze acquiert ainsi une renommée, en particulier chez les philosophes. Diderot le félicite pour la moralité de son sujet qui, il est vrai, tranche avec la dominante légère du rococo.

1755. Le petit paresseux

Fin 1755, l’abbé Gougenot, conseiller au Grand Conseil, chargé d’une mission diplomatique, l’emmène à Naples, puis à Rome, où Greuze passe environ un an. De ce séjour en Italie, il retient surtout des scènes populaires ou pittoresques qui lui inspireront quelques tableaux, mais ne semble pas préoccupé par la vogue de l’antique.

Au Salon de 1757, il expose six tableaux réalisés en Italie.

Le 3 février 1759 (34 ans), il épouse Anne-Gabrielle Babuti, fille d’un libraire du quai des Augustins, François Babuti, dont il expose en 1761 le portrait. L’année suivante, le 16 avril, à Paris, son épouse donne naissance à une fille qu’ils prénomment Anna-Geneviève.

1759. Au Salon, ce sont des scènes de genre comme La Tricoteuse endormie ou l’expression des sentiments avec Jeune Fille pleurant la mort de son oiseau.

1764 (39 ans). La présentation de L’Accordée de village est pour Greuze un triomphe. Les frères Goncourt, plus d’un siècle plus tard, situeront à cette date la vocation définitive de Greuze. « Le succès de L’Accordée de village affermissait Greuze dans sa voie, dans sa vocation, la représentation des mœurs bourgeoises et populaires à laquelle prenaient goût la curiosité et l’intérêt du grand monde, lassé de galanteries mythologiques, de nudités friponnes et de tableautins galants. Le peintre se mettait en quête de matériaux, d’idées, de modèles, d’inspirations dans le Paris où Mercier glanait ses observations, cherchant, comme ce peintre à la plume, ses notes et ses croquis dans la rue et dans les faubourgs, dans les marchés, sur les quais, en plein peuple, en pleine foule ».

Mais, malgré son succès, Greuze reste hors des sentiers battus et l’Académie, malgré une lourde insistance, ne parvient pas à obtenir de lui la présentation d’un tableau de réception comme académicien.

En 1767 (42 ans), l’Académie décide de lui interdire l’accès au Salon.

Enfin, en 1769 (44 ans), Greuze se soumet et présente un tableau historique sur le thème L’empereur Septime Sévère reproche à Caracalla, son fils, d’avoir voulu l’assassiner. Le tableau est jugé très sévèrement…

1770-1780. Jeune fille vue de dos

Vers 1780. Jeune fille aux mains jointes

… 1789. La révolution et la vogue du néo-classicisme porteront un coup fatal à Greuze. Il enverra encore des tableaux au Salon à la fin du 18e siècle et au tout début du 19e, mais ils seront accueillis dans l’indifférence.

Vers 1780-1800. Le petit mathématicien

1805 (80 ans). Ce grand artiste meurt à Paris, ruiné, et son convoi de pauvre n’est suivi que par quelques amis.

Note 1. La notice de Wikipédia localise les œuvres de Greuze dans le monde : 12 au Musée du Louvre, 7 au Musée Fabre de Montpellier, 7 à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg…

Note 2. Lire également Greuze et la peinture morale.

Poster un commentaire

Classé dans A. Histoire moderne, B. Photos, C. Occitanie (Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon), E. Arts Lettres Langues, E. Mobilité internationale

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s