Le président Germinet parle juste

Enfin un président qui parle juste, pour qui parler de prérequis pour l’accession en licence signifie une orientation active prescriptive, autrement dit une sélection !

Accepter dans la licence de leur choix tous les bacheliers, c’est envoyer les plus fragiles au casse-pipe (entretien sur le site de la CPU, 10 octobre 2017).

Extraits. « À quelques jours de la clôture de la concertation sur le contrat de réussite étudiant, François Germinet [président de l’université de Cergy-Pontoise depuis mars 2012], assure que tous les bacheliers qui en formulent le vœu ont leur place dans l’enseignement supérieur. Comme sur le portail APB, il leur répond « oui… mais » dans une filière correspondant à leur parcours dans le secondaire et à leur projet professionnel »…

Photo d’octobre 2009. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Quels sont les critères les plus pertinents pour rendre cohérent le choix de poursuite d’études ?

« Il faut tenir compte de prérequis tels que la série du bac, l’avis du conseil de classe, peut-être les notes dans certaines matières. Selon les filières universitaires, les critères ne peuvent pas être les mêmes. La procédure d’orientation active pourrait être aussi plus prépondérante en devenant prescriptive. En outre, il est essentiel, à l’ère de la formation par le numérique, de dissocier le rythme des études de la réussite. Arrêtons de penser qu’une licence doit s’obtenir en trois ans. Une licence nécessite l’obtention de 180 crédits qui peuvent être obtenus à son rythme en deux, trois ou quatre ans, avec une offre de cours dans les locaux de l’université et/ou en ligne ».

Comme le tirage au sort, la mise en place de prérequis ne risque-t-elle pas d’entraîner une sélection et donc de l’inéquité ?

« La sélection ne fait peur à personne. La crainte des parents, ce n’est pas la sélection, sinon comment justement expliquer l’engouement pour les CPGE, DUT et BTS ? La crainte des parents, c’est de voir leur enfant refusé partout. Or nous voulons mieux orienter les futurs bacheliers et non en éliminer certains. Si les résultats sont corrects ou bons en maths, mais très faibles en biologie, le risque d’échec en STAPS est élevé. Une remise à niveau en sciences pourrait être une solution, tout comme une réorientation vers une filière moins scientifique, une licence management du sport, par exemple. D’autres parcours sont envisageables : une licence professionnelle en trois ans – pour ceux qui ont été refusés en BTS – ou une entrée dans la vie active avec un accompagnement à la formation tout au long de la vie »…

Pour aller plus loin. CV de François Germinet (47 ans), professeur de mathématiques. Chroniques du blog Histoires d’universités sur François Germinet, sur l’université de Cergy Pontoise.

A venir : trajectoires passées et à venir des cinq présidents de l’université de Cergy Pontoise.

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Une réponse à “Le président Germinet parle juste

  1. Pierre

    « Une licence nécessite l’obtention de 180 crédits qui peuvent être obtenus à son rythme en deux, trois ou quatre ans »
    Dans mon université, lors de la préparation de la dernière maquette, il m’a été explicitement dit qu’il était formellement interdit par la réforme LMD d’attribuer plus de 60 crédits par an; comment fait-on dans ce cas pour faire une licence en 2 ans?