SPC… comme une peau de chagrin

D’une année sur l’autre, d’un mois à l’autre, Sorbonne Paris Cité revoit son périmètre à la baisse. Quand il ne restera plus qu’un seul établissement dans ce regroupement, quelqu’un parviendra-t-il à mettre fin à cette COMUE, réduite comme une peau de chagrin ? Ce n’est même pas sûr.

A ce jour, sur les 4 universités, membres fondateurs de la COMUE Sorbonne Paris Cité (Paris 3, 5, 7 et 13), il n’y en a plus que deux (Paris 5 Descartes et Paris 7 Diderot) qui envisagent la fusion, basée sur un projet d’unversité-cible. Les statuts de celle-ci ont été révélés le 17 novembre 2017 et seront soumis au vote des deux CA le 12 décembre 2017.

Ce projet inclut dans l‘université-cible l’Institut de Physique du Globe de Paris. Celui-ci conservera sa personnalité propre. Ce qui est impossible dan le cadre de la réglementation actuelle. Mais Sorbonne Paris Cité compte sur les expérimentations qui deviendront possibles dans le cadre de la loi à venir, Un État au service d’une société de confiance.

Le jury international de l’IDEX se laissera-t-il impressionner par ces petits jeux institutionnels, proches du ridicule, pour revenir sur sa décision d’avril 2016 d’arrêter l’IDEX SPC, fermant le robinet dont devaient couler quelques centaines de millions d’euros. A mon avis, il se déconsidérerait s’il disait « oui » aujourd’hui. Le projet d’université-cible restreinte ne correspond plus du tout au projet orignal qui avait classé SPC parmi les lauréats : il n’en a plus l’ambition. Le nouveau projet IDEX doit être déposé le 18 décembre 2017 au plus tard.

Par ailleurs, le projet de statuts invente une gouvernance aux antipodes de la tradition séculaire universitaire qui donne le pouvoir d’orientation et de décision aux enseignants-chercheurs. Pour le Conseil d’administration, le projet de statuts envisage en effet une composition fortement déséquilibrée aux dépens des enseignants et des chercheurs (8 sièges sur 24) et au profit des personnalités extérieures (12 sièges sur 24). Il s’agit là d’une provocation infantile !

Comment en est-on arrivé à une impasse aussi grave ? Résumé de quelques années de rififi.

Novembre 2015. Sorbonne Paris Cité : fin de l’IDEX

« Les premières Initiatives d’Excellence (IDEX), attribuées il y a 4 ans, seront évaluées par un Jury international au cours du premier semestre 2016. L’enjeu est énorme : si les résultats de l’évaluation sont mauvais, le financement IDEX de la COMUE ou de l’Université bénéficiaire s’arrêtera. Il s’agit de quelques centaines de millions par IDEX. L’université Sorbonne Paris Cité a figuré parmi les premières lauréates, et est donc concernée par l’évaluation.

Le texte Propositions d’actions et financement des pôles pour 2015-2016 (synthèse des propositions d’actions des pôles pour 2015-2016, 68 pages), adopté par le Conseil d’administration de USPC le 21 octobre 2015, comporte des faiblesses telles, que l’avenir de l’IDEX SPC est sérieusement menacé ».

Avril 2016. IDEX Sorbonne Paris Cité arrêté

« Ce que j’avais prévu est arrivé. Le jury international du Programme Investissements d’Avenir a proposé l’arrêt de l’IDEX Sorbonne Paris Cité ; le gouvernement a acté cette proposition. Quelques centaines de millions envolés pour SPC ». Jean-Yves Mérindol, le président de SPC, finit par démissionner.

Septembre à Novembre 2016. SPC. Enterrement le 16/12 et SPC. La fusion est mort-née

Comment sauver l’IDEX ? François Houllier est le nouveau pilote à bord du bateau : il faut réduire le nombre de voiles pour ne pas courir le risque de sombrer. L’université  Paris 13 est priée de  quitter le navire ; la Sorbonne ne doit pas dépasser les confins des remparts de Philippe Auguste.

Septembre 2017. Sorbonne-Paris-Cité : un nouveau projet d’université se dessine… sans Paris 3. Quelques semaines avant de déposer une nouvelle candidature Idex, l’Université Sorbonne-Paris-Cité revoit sa stratégie. La fusion des universités Paris 3, Paris 5 et Paris 7 est délaissée au profit d’une nouvelle université cible associant Paris 5, Paris 7, Sciences po et l’IPGP.

Dernier rebondissement. Octobre 2017. Sciences Po se retire du projet d’université cible mais soutiendra sa création.

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2 réponses à “SPC… comme une peau de chagrin

  1. JcV

    Article très intéressant, comme d’habitude, et guère contestable (très factuel qu’il est) ; cela dit, ce mariage à deux (ou 2 + 1 in partibus) n’est-il pas, en définitive, préférable au mastodonte qui était programmé et « poussé » à marches forcées en dépit de l’opposition de plusieurs acteurs du terrain ?
    Quel est l’avis de Pierre Dubois, en définitive, sur les fusions ou autres types d’associations ou COMUE ?
    Cordialement,
    (un ancien enseignant-chercheur de Paris3)