SUP : enquêtes sur les stages

Deux publications récentes sur les stages dans l’enseignement supérieur : elles émanent de la même sous-direction du Ministère (Systèmes d’Information et les Études Statistiques). La Note Flash 15 concerne l’année universitaire 2015-2016. La Note d’information 17.08 a trait à une période plus ancienne : les stages effectués par les diplômés de la Génération 2010, enquêtés par le CEREQ en 2013 (pourquoi a-t-il fallu attendre 4 ans pour que soit publiée cette Note ?).

Ronan Vourc’h, Les étudiants en stage en 2015-2016, Note Flash du SIES, n°15, octobre 2017, 2 pages.

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Julie Bene, La généralisation des stages dans l’enseignement supérieur recouvre des réalités diverses, Note d’information du SIES,  n°17.08, octobre 2017, 7 pages.

Les données statistiques deviennent réellement pertinentes quand on peut en comparer l’évolution d’une année sur l’autre. Par rapport aux données de 2014-2015 (chronique du blog : La licence professionnelle, championne des stages), celles de 2015-2016 montent une grande stabilité.

  • 33% des étudiants du SUP ont fait un stage (fortes variations selon le niveau et le type de formation : 86% de stagiaires en licence professionnelle, 71% en formation d’ingénieurs, 63% en DUT, 56% en master, 15% en licence générale).
  • 55% des stages ont été supérieurs à 2 mois (91% en licence pro)
  • 45% des stages ont été gratifiés (83% en licence pro)
  • la gratification a été supérieure à 600 euros par mois dans 24% des cas (66% des cas en 3ème année de formation d’ingénieur).

La publication sur les stages de la Génération 2010 est plus approfondie (7 pages au lieu de 2), prend en compte l’ensemble des stages effectués au cours de la scolarité dans le supérieur (79% des diplômés ont fait un ou plusieurs stages au cours de celle-ci) ou seulement le dernier stage, met en relation les caractéristiques des stages avec plusieurs variables explicatives, s’interroge sur les conséquences des stages sur l’insertion professionnelle, utilise des traitements statistiques plus sophistiqués (analyse des correspondances multiples, typologies). Ainsi, cette publication est incontestablement bien faite et pourtant elle n’est guère pertinente. Pourquoi ?

La durée des stages est cumulée pour l’ensemble de la scolarité supérieure

Le principal reproche qu’on peut faire à cette publication, outre le fait qu’elle utilise des données anciennes (stages en 2010 ou avant), est qu’elle met dans le même sac toutes les formations bac+ 3 ou +4, or les licences professionnelles (diplôme créé en 1999) se distinguent très nettement des licences générales pour ce qui est des stages (ils sont obligatoires en licence professionnelle), de leur durée et de leur gratification.

Stage et insertion professionnelle ? L’analyse des correspondances multiples enfonce plutôt des portes ouvertes. La probabilité d’être cadre ou d’avoir un contrat à durée indéterminée, 30 mois après l’obtention du diplôme, est plus forte pour les diplômés qui ont fait de stages longs et bien gratifiés, qui ont obtenu une mention bien ou très bien au bac.

Par ailleurs, la population concernée par le volet « stages » de l’enquête Génération 2010 a fondu comme neige au soleil au fur et à mesure de décisions restrictives, comme cela est expliqué dans la note Source et Méthodologie.

Enfin, il est dommage que la question Lien entre évolution de la réglementation et évolution du nombre de stagiaires et des caractéristiques des stages » n’ait été qu’évoquée dans une autre Note.

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