SPC, ses parties « honteuses »

Université de Paris : c’est le nouveau nom de Sorbonne Paris Cité (SPC). Vergogne ! Pourquoi une COMUE qui a tout raté s’arrogerait-elle le droit de s’appeler ainsi ? A l’origine, elle intégrait quatre universités ; elle n’en comprend plus que deux (chronique du 21 novembre 2017 : SPC… comme une peau de chagrin).

François Houllier, le président de feu SPC, est sur le grill : pour tenter de récupérer les quelques centaines de millions de l’initiative d’excellence, il faut déposer le projet, au plus tard le 18 décembre.

Il faut que, d’ici là, tous les conseils d’administration des « parties » se soient prononcés. Le CA de la COMUE se tiendra le 6 décembre (10 documents envoyés hier aux administrateurs). Course folle ! Les parties : c’est quoi ? se prononcer sur quoi ?

1.Se prononcer sur la Convention cadre de partenariat entre l’Université de Paris et les partenaires associés au projet Idex. Dans cette convention, plusieurs « parties prenantes » sont distinguées : les partenaires, les organismes, la COMUE. Les universités de Paris 3 et de Paris 13 devaient à l’origine fusionner avec Paris 5 et Paris 7. Celles-ci ne sont plus que des « parties »: des parties honteuses qu’il valait mieux cacher aux yeux du jury international. Quelle tristesse ! Des partenariats sur quoi ? Ben ouais, c’est évident : des partenariats pour partenarier et toucher les sous de l’IDEX.

Quelle gouvernance pour cette convention de partenariat ? Le texte ne le dit pas

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2. Se prononcer sur la dernière version des statuts pour l’université de Paris (celle du 25 novembre). Celle-ci prévoit un CA de 24 membres dont seulement 12 élus par les personnels et les usagers. Pour les établissements publics d’enseignement supérieur à caractère scientifique, culturel et professionnel pluridisciplinaire, cette composition n’est pas conforme à la loi de juillet 2013. Les CA des « parties honteuses » devraient donc la jeter aux oubliettes.

Actualisation 4 décembre 2017. Nouvelle version des statuts (1er décembre) : le CA passe à 28 membres : un siège de plus dans chacun des collèges personnels et usagers ; néanmoins, les enseignants restent minoritaires dans le CA (10 sièges sur 28). Lire le commentaire n°1.

image ci-dessous: version du 25 novembre

3. Se prononcer sur le File for allocating the label following the interruption of the Idex SPC. Le conseil d’administration d’une des parties honteuses doit se prononcer dès demain sur ce texte de 48 pages et sur la convention cadre de partenariat. Les administrateurs n’auront matériellement pas le temps d’analyser les textes. Le foutage de gueule atteint son paroxysme. A ce stade, on frise davantage que le n’importe nawak !

Tous les conseils d’administration des « parties honteuses » devraient rejeter les deux textes qui vont leur être soumis incessamment d’ici sous peu. Il en va de leur dignité : il ne faut pas oublier que les « parties honteuses » sont par définition porteuses d’avenir, mais pas dans le cadre d’une université de Paris, auto-dénommée ! Il faut repartir de zéro !

Pour aller plus loin : toutes les chroniques du blog sur l’Université Sorbonne Paris Cité.

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Une réponse à “SPC, ses parties « honteuses »

  1. Courriel reçu le 4 décembre. Pour votre information, ci-joint la nouvelle version des statuts passée devant les Comités techniques.

    Le CT de Paris Diderot a donné un avis négatif : seul le SNPTES a voté pour. Le CT de Paris Descartes a voté contre à l’unanimité. Le projet repasse en CT de P5 la semaine prochaine.

    Par rapport à la version précédente des statuts, il s’agit d’avantage d’un replâtrage pour tenter d’acheter certains élus comme les étudiants en leur donnant un siège de plus.

    Comme vous, nombreux sont également les collègues choqués par le choix du nom du projet « Université de Paris ». Mais à y réfléchir c’est un bon choix! Il symbolise un retour à une vision de l’université du 19ième siècle avec des Facultés, pas de démocratie universitaire, pas de collégialité, pas de pluridisciplinarité, … Ces statuts incarnent parfaitement ce retour en arrière.