Febvre et Bloch : les Annales

Strasbourg, Laboratoire d’Europe, 1880-1930. Une partie de l’exposition au Musée d’Art Moderne et Contemporain : La genèse de la Revue des Annales. Album de 27 photos.

Lucien Febvre (1878-1956) « réussit brillamment ses études : il intègre l’École normale supérieure en 1899, dans la section des lettres et il soutient sa thèse en 1911. Elle s’intitule Philippe II et la Franche-Comté ».

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Marc Bloch (1886-1944) « soutient en 1920 une thèse de doctorat allégée, sur l’affranchissement des populations rurales de l’Île-de-France au Moyen Âge : Rois et Serfs. Il publie en 1924 son œuvre magistrale, Les Rois thaumaturges. Il y expérimente avec audace une méthode comparatiste empruntée aux maîtres de linguistique (il parle lui-même une dizaine de langues) ».

Citation de la notice de l’exposition. « Au moment où il apprend sa nomination à Strasbourg, en 1919, à l’issue d’une guerre meurtrière dans laquelle il a été plongé, Lucien Febvre écrit à l’historien Henri Berr : « je crois que nulle tâche ne s’impose plus impérieusement que celle d’organiser le travail […] après cette terrible saignée, l’économie des forces s’impose plus que jamais ». Rescapé d’une effroyable catastrophe, sa conscience d’historien est hantée par une préoccupation lancinante : faire de l’histoire ? Enseigner l’histoire ? De quel droit ? Comment ? Avec quels moyens ?

La réponse de Febvre : créer une « revue d’histoire et de sociologie économiques » visant à fédérer au niveau international une discipline encore mal assurée dans la recherche et l’enseignement. Associé à Marc Bloch, il lance en janvier 1929 les Annales d’histoire économique et sociale, qui s’emploient à décloisonner l’histoire et à  l’ouvrir largement aux sciences sociales, concrétisant ce qu’Henri Berr a désigné comme « l’esprit de synthèse à l’Université de Strasbourg ».

Les premières Annales sont d’abord et surtout une revue militante, dans laquelle ses fondateurs s’impliquent totalement, multipliant les interventions critiques, souvent polémiques.

La proclamation, par ces derniers, d’un « esprit des Annales » témoigne de leur volonté de bouleverser les vieilles habitudes, de créer les conditions d’une transformation en profondeur du métier d’historien. Malgré son succès d’estime au cours de la première décennie, la revue a été prioritairement un laboratoire d’exploration et d’expérimentation de formules nouvelles ; une entreprise encore modeste qui n’a eu qu’un nombre limité d’abonnés, un acte volontariste porté par ses fondateurs et un noyau restreint de collaborateurs  occasionnels. La réussite des Annales aura été de faire de l’histoire une science sociale. Ce défi n’était pas évident et il demeure aujourd’hui encore un enjeu important ».

Note sur Les rois Thaumaturges de Marc Bloch. Le courriel de la BNUS (ci-dessous) m’a annoncé récemment que la thèse du professeur d’histoire médiévale n’a pas été retrouvée dans les rayons. Les Presses Universitaires de Strasbourg ne devraient-elles pas se faire un plaisir de la rééditer !

 

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