En doctorat aux Pays-Bas

Entretien téléphonique avec Nathan de Arriba-Sellier. Je l’ai rencontré la première fois à Bordeaux en juillet 2012, lors d’une rencontre nationale qui réunissait les vice-présidents étudiants des universités (chronique du blog et photo ci-dessous).

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Nathan était alors président du conseil de surveillance de la CEVPU, lui-même étant, à 21 ans, VP étudiant à l’université Jean Moulin de Lyon. En 2013, il y devenait titulaire d’une licence de droit, après avoir obtenu, en plus, un diplôme d’université en droit germanique. Je reviendrai sur sa trajectoire de formation, son engagement étudiant et ses premières expériences professionnelles dans une prochaine chronique (son CV sur Linked in).

La chronique d’aujourd’hui porte sur la situation actuelle de doctorant et sur les conditions doctorales aux Pays-Bas, jugées par Nathan meilleures qu’en France. « J’occupe depuis février 2017 un contrat doctoral ou plus exactement une bourse de recherche (fellowship) d’un centre de recherches interdisciplinaire commun aux universités de Leiden, Rotterdam et Delft (Hollande Méridionale). J’y conduis un doctorat en droit européen sur le fonctionnement de la supervision financière ».

  • The European Research Centre for Economic and Financial Governance (EURO-CEFG) is an international multidisciplinary network of leading researchers and societal stakeholders initiated by researchers from Leiden University, Delft University of Technology and Erasmus University Rotterdam. EURO-CEFG conducts interdisciplinary research (law, economics and political science) and contributes to current debates in public and in academia on issues relating to European and global economic and financial governance.

Trajectoire peu commune : pouvoir préparer, aux Pays-Bas, un doctorat dans un centre européen renommé en gouvernance économique et financière. Comment on fait ?

Campus de Rotterdam (photo de Nathan)

Quatre conditions essentielles me semblent avoir permis ce recrutement inhabituel au niveau doctoral (mais pas au niveau post-doctoral) : de 2013 à 2016 (cf image ci-dessous),

  • une mobilité étudiante en 2ème cycle, dans plusieurs pays européens grâce aux programmes Erasmus,
  • l’obtention de 3 diplômes spécialisés en droit européen (une maîtrise à Hambourg et deux masters, l’un à Vienne, l’autre au Collège d’Europe à Bruges),
  • une très bonne maîtrise de l’anglais et de l’allemand (nécessaire pour suivre les cours et passer les examens),
  • des expériences professionnelles sur place, en plus de la préparation du diplôme (création d’un magazine étudiant à Bruges, assistant du Consul de France à Hambourg durant six mois…).

Doctorat à l’EURO-CEFG : les conditions

  • le contrat. « La durée prévue pour un doctorat est de quatre ans, période comprenant une sous-période initiale de 14 mois au terme de laquelle le contrat peut être interrompu si le doctorant ne donne pas satisfaction ».
  • le choix du sujet sur la supervision financière européenne (au niveau de l’Union et de chacun des mays membres). « Le choix du sujet est discuté avec le professeur. Je pensais à un sujet sur la gouvernance économique, sur la politique monétaire européenne. Le professeur m’en a dissuadé car le sujet pourrait ne pas être d’actualité dans quatre ans, en fin de thèse. Il faut calculer les risques ».  Voici donc un professeur qui pense à l’insertion professionnelle du docteur !
  • l’encadrement. « Mon directeur de thèse n’encadre que 3 doctorants. Les liens de travail sont permanents. L’ambiance est décontractée. La hiérarchie n’est pas pesante du tout. La langue de travail est l’anglais ». Trois doctorants seulement. La réglementation française en permet davantage. « Je n’ai pas d’enseignement à assurer en tant que doctorant. Mon directeur m’a demandé de me consacrer totalement à la thèse ».
  • l’activité du centre de recherche. « Comme c’est un centre de trois universités associées, je circule régulièrement de Rotterdam à Leiden pour suivre telle ou telle activité, ou conférence, ou colloque ». Un centre construit à partir de trois universités, sans qu’il y ait besoin d’une prolifération de structures (écoles doctorales, collège des écoles doctorales, COMUE…)
  • les conditions de travail. « J’ai un bureau partagé en open space… mais nous n’y sommes que deux ! Il y a huit semaines de congé par an ».
  • la rémunération. « Elle est attractive eu égard à celle versée en France. Si tout se passe bien après 14 mois, la bourse est prolongée jusqu’à un total de 4 années. La rémunération mensuelle nette est de 1 735 euros, à laquelle s’ajoute un crédit d’impôt pour les expatriés de moins de 30 ans (crédit pour attirer des jeunes chercheurs), la rémunération passant ainsi à 2 000 euros nets. Chaque année, il peut y avoir une augmentation décidée par la convention collective. Et ce n’est pas fini : il y a un 13ème, voire une 14ème mois ».

Nathan de Arriba-Sellier, 26 ans dans quelques jours, obtiendra son doctorat à moins de 30 ans : j’imagine qu’il poursuivra alors une carrière internationale !

A suivre : chronique sur la trajectoire de formation pré-bac et post-bac, son engagement au lycée et à l’université et ses premières expériences professionnelles.

Campus de Rotterdam

1 commentaire

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Une réponse à “En doctorat aux Pays-Bas

  1. conséquence

    Bonjour,

    Je note : il obtiendra son doctorat (bac+8) à moins de 30 ans…

    Combien de post-docs à suivre ?

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