Moins de poursuites d’études ?

Note Flash du SIES, Inscription des nouveaux bacheliers entrant en première année à l’université en 2017-2018 (situation au 20 octobre 2017)

Cette Note Flash est tout à fait troublante. Selon elle, les bacheliers 2018, plus nombreux que les bacheliers 2017, ont été proportionnellement moins nombreux à poursuivre des études supérieures à l’université et à l’IUT.

Pourquoi un taux relatif de poursuite d’études moins élevé en 2018 qu’en 2017 ?

  • cette non-poursuite d’études de la part d’une partie des bacheliers est-elle due aux dysfonctionnements de la procédure d’admission APB ? Des candidats sans place en juillet ont-ils renoncé à faire immédiatement des études supérieures ?
  • a-t-elle été permise par une amélioration des opportunités d’emploi ? L’INSEE vient en effet d’annoncer une croissance plus importante que prévue en 2017.
  • si elle est confirmée par les données définitives (observation mi-janvier 2018), signifiera-t-elle un retournement de la tendance à poursuivre immédiatement des études après le bac ? Parce que, par rapport au revenu annuel immédiat procuré par un emploi et cumulé sur 3 ou 5 ans, la poursuite d’études à bac+3 ou bac+5 s’avère moins rentable économiquement ?

La Note observe que la baisse relative concerne les trois filières du baccalauréat. C’est le cas pour les bacheliers généraux

« En forte croissance, les nouveaux bacheliers s’inscrivent proportionnellement moins à l’université que l’an passé. La forte hausse du nombre de lauréats 2017 au baccalauréat général (+3,2 %) ne trouve pas une traduction équivalente dans le nombre d’inscrits à ’université qui ne progresse que de 2,5% (hors IUT).

Par conséquent, le taux de poursuite des nouveaux bacheliers généraux à l’université hors IUT accuse une baisse. Cette propension moindre à s’inscrire en première année universitaire hors IUT s’observe pour toutes les séries du baccalauréat général : les bacheliers économiques (+4,5 % – nombre de lauréats : +5,1 % à la session 2017), les bacheliers littéraires (+2,3 % à l’université ; +3,1 % à la session 2017) et les bacheliers scientifiques (+1,1 % ; +2,1 % à la session 2017). Le taux de poursuite global des bacheliers généraux en IUT enregistre une baisse plus marquée qu’à l’université hors IUT, avec un taux de croissance des inscrits de 1,3 %, bien inférieur à la croissance du nombre de bacheliers ».

C’est le cas pour les bacheliers professionnels

« Le décalage entre évolution du nombre de bacheliers et évolution de leurs inscriptions à l’université est plus fort encore pour le baccalauréat professionnel : selon les données provisoires, le nombre de bacheliers professionnels de la session 2017 inscrits en 1ère année universitaire hors IUT diminue très fortement (-14,8 %) quand le nombre de lauréats recule de seulement 1,7 %. Une baisse de leur taux de poursuite intervient pour la cinquième année consécutive ».

C’est enfin le cas pour les bacheliers technologiques

« Le constat est similaire pour les nouveaux bacheliers technologiques. L’effectif des nouveaux bacheliers technologiques à l’université hors IUT décroît significativement (-4,4 %) alors que le nombre de lauréats progresse de +1,3 %. Même en IUT, le nombre d’inscriptions (+1,0 %) ne progresse pas autant que le nombre de lauréats ».

Cette Note Flash est donc tout à fait troublante. La rentrée 2018, que j’ai annoncée catastrophique dans mes chroniques à cause de la nouvelle procédure d’admission ParcourSup et de la loi ORE, pourrait être réussie pour le gouvernement et les étudiants. Ce serait le résultat de trois phénomènes allant dans le même sens :

  • moins de poursuite d’études des bacheliers 2018 (vu la conjoncture annoncée par l’INSEE, plus grande facilité à trouver un emploi)
  • augmentation des capacités d’accueil dans les filières en tension (comme insiste Frédérique Vidal, ce sont les Recteurs qui en décideront sur propositions des établissements).
  • progression des taux de réussite en licence (en 1ère année en particulier) par la mise en œuvre d’une sélection universelle et pas seulement dans les filières en tension. Et donc : moins de redoublements et donc diminution des tension en matière de capacités d’accueil

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