René Schickele, 30 ans en 1913

Un projet culturel d’exception : Laboratoire d’Europe, Strasbourg 1880-1930 (jusqu’au 28 février 2018). Dans le cadre de cet ensemble d’expositions, à voir au Musée d’Art Moderne et Contemporain l’espace consacré à René Schickele. C’est un romancier, essayiste, poète alsacien de langue allemande, et journaliste, né à Obernai (Bas-Rhin) en 1883. Son projet : « la vocation médiatrice de l’Alsace entre la France et l’Allemagne ».

Album de 33 photos. Source des citations à la base de cette chronique : cf. la note finale.

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1901 (18 ans). Le père de René Schickele est issu d’une famille de viticulteurs de Mutzig. Sa mère, francophone, est originaire du Territoire de Belfort. En même temps qu’il poursuit des études d’histoire de la littérature, de sciences et de philosophie, à Strasbourg, Munich, Paris et Berlin, avec quelques amis, il fonde à Strasbourg la revue d’avant-garde Der Stürmer  (l’assaillant).

Avec ses amis Ernst Stadler et Otto Flake, il s’efforce de promouvoir une alsacianité de l’esprit qui met en valeur, dans une perspective européenne, la vocation médiatrice de l’Alsace entre la France et l’Allemagne. Il crée avec eux un cercle artistique et littéraire, Das jüngste Elsaß, afin de promouvoir la culture germanique et dialectale proprement alsacienne.

1902 (19 ans). Recueil de poésies Sommernächte (Nuits d’été).

1904 (21 ans). Durant quatre mois à Berlin, il poursuit son travail journalistique, en tant que directeur de rédaction dans la revue culturelle et littéraire Das neue magazine.

1906 (23 ans). Il publie son premier roman, Der Fremde (L’étranger), ancré dans le contexte de l’Alsace déchirée par ses conflits identitaires, tout comme sa pièce de théâtre Hans im Schnakenloch (Jean du nid de moustiques).

1908 (25 ans). Fondation du journal libéral Neue Straßburger Zeitung, par Gustave Stoskopf.

1909 (26 ans). Schickele, correspondant de presse, est fortement impressionné par la personnalité de Jaurès et par son socialisme pacifiste. C’est la ligne qu’il s’efforcera de défendre année après année malgré la montée des tensions diplomatiques entre la France et l’Allemagne.

1911 (28 ans). A Strasbourg, il devient rédacteur en chef de Neue Straßburger Zeitung. Il mène la lutte pour développer parallèlement les libertés locales et le processus de démocratisation. Il prend cependant ses distances et retourne à Berlin.

A l’approche de la guerre, l’esprit revanchard croissant, Schickele lutte contre. Ses positions idéalistes se font parfois pragmatiques : il n’hésite pas ainsi à faire campagne en faveur de la Constitution de 1911, dans laquelle il voit une concession démocratique arrachée au conservatisme wilhelminien.

1913 (30 ans).

1914 (31 ans). Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, il se retire en Suisse. Directeur de la revue expressionniste Die weißen Blätter, il transforme peu à peu la revue en un organe de l’internationale pacifiste.

1915 (32 ans). Hans im Schnakenloch (nouvelle version en 1927).

1915-1920. Il est directeur d’une des revues expressionnistes en langue allemande, Die weissen blätter (Les pages blanches). Il en assure la publication depuis la Suisse.

1918 (35 ans). En novembre, il est à Berlin où il s’efforce de contribuer à la réalisation de son idéal socialiste et pacifiste. Fidèle à ses principes, il refuse l’idée d’une dictature du prolétariat comme moyen d’instaurer la société nouvelle. L’échec de la Révolution allemande brise en lui le ressort de l’action et l’éloigne de l’engagement politique.

1919 (36 ans). Schickele obtient la nationalité française en tant qu’Alsacien. Mais il quitte l’Alsace pour s’établir de l’autre côté du Rhin, à Badenweiler, continuant de se revendiquer pourtant plus que jamais comme citoyen français und deutscher Dichter  (poète allemand).

1926-1931 (43-48 ans). C’est durant cette période qu’il écrit sa grande trilogie romanesque, Das Erbe am Rhein : Maria Capponi (1926), Blick auf die Vogesen (1927) et Der Wolf in der Hürde (1931).

1940 (56 ans). Mort à Vence (Alpes-Maritimes).

Note finale. Sources

  • Eric Robertson, professeur de littérature française et arts visuels, à la Royal Hollway, University of London. Eric Robertson commente la vie de René Schickele dans le film projeté sur le lieu même de l’exposition.
  • Notice biographique de J-L Elloy dans le Dictionnaire culturel de Strasbourg 1880-1930, PUS, pp. 407-409.
  • Autre notice biographique dans Wikipédia

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Classé dans B. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Allemagne, D. Suisse, E. Droit et Sciences politiques, E. Sciences humaines et sociales, F. 19ème et 20ème siècles

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