Paul Klee, 30 ans en 1909

Dans la série Elles/ils ont eu 30 ans en… Paul Klee : né en 1879, 30 ans en 1909, mort en 1940. Fondation Beyeler. Klee, La dimension abstraite (jusqu’au 21 janvier 2018). Album de 58 photos : les œuvres de 1912 à 1918.

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Notices de salles, mises à disposition de la Fondation pour focaliser l’attention sur certaines œuvres lors de la visite de l’expo. De 1879 à 1912, la plupart des citations concernant la biographie de l’artiste sont extraites de la présentation dans le hall de la Fondation.

1879. Paul Klee naît le 18 décembre à Münchenbuchsee, près de Berne. Il est le second enfant de Hans (1849-1940), de nationalité allemande, et d’Ida Klee (1855-1921), née Frick. Sa sœur Mathilde (1876-1953) est de trois ans son aînée. Son père est professeur de musique à l’école cantonale de formation des instituteurs de Hofwil, sa mère est cantatrice.

1880 (1 an). La famille Klee s’installe à Berne.

  • La plupart des biographies rapportent que c’est sa grand-mère maternelle qui l’a initié très tôt au maniement de la mine de plomb, du crayon et des pinceaux. Ses dessins d’enfants ont été en grande partie conservés et sélectionnés dès 1911 par Klee lui-même, qui les a inscrits dans le catalogue de ses œuvres en les qualifiant de dessins fantaisistes illustratifs (citation de Wkipédia).

1886 (7 ans). Klee entre à l’école, commence l’étude du violon. Très vite, il sait en jouer et il fait partie de l’orchestre des concerts de la société de musique de Berne.

1897 (18 ans). Plus tard, au lycée, le jeune homme a une prédilection pour les caricatures irrévérencieuses qu’il trace dans les marges des livres de classe. Adolescent rebelle, Paul se défoule dans le dessin.

1898 (19 ans). En septembre, Paul Klee obtient son baccalauréat dans la section littéraire du lycée municipal de Berne. A peine un mois plus tard, il part s’installer à Munich, où il s’inscrit à l’école privée de dessin de Heinrich Knirr (1862-1944).

1899 (20 ans). Lors d’une soirée musicale, Klee fait la connaissance de la pianiste Lily (Caroline) Stumpf (1876-1946), qui deviendra son épouse.

1900 (21 ans). A partir de l’automne, il étudie également à l’Académie des beaux-arts de Munich, dans la classe de Franz von Stuck. Il est dans la même classe que Vassily Kandinsky, toutefois les deux artistes n’ont pas d’affinité. Il suit des cours d’histoire de l’art, d’anatomie et apprend la technique de la gravure et de la sculpture.

1901 (22 ans). Il quitte la classe de peinture de Stuck. Le 22 octobre, il part en Italie en compagnie du sculpteur bernois Hermann Haller, pour un voyage d’étude de 6 mois. Passant par Gênes et Livourne, il va jusqu’à Rome. Devant l’écrasante richesse de l’art classique qu’il y découvre, Il plonge dans une profonde crise artistique.

1902 (23 ans). Klee se fiance avec Lily Stumpf. Il revient à Berne, où il passe les quatre années suivantes chez ses parents, faute de pouvoir gagner de quoi vivre avec ses travaux d’artiste. Il tire ses principaux revenus de ses engagements de violoniste auprès de la Société bernoise de musique.

1905 (26 ans). En compagnie de ses deux amis de jeunesse Hans Bloesch et Louis Moilliet, Klee fait un séjour de deux semaines à Paris.  Il fait la connaissance des impressionnistes, à l’exception de Paul Cézanne et certains contemporains modernes, comme Henri Matisse ou André Derain. C’est durant cette période-là qu’il réalise ses premiers fixés sous verre en gravant dans des plaques de verre peintes en noir.

1906 (27 ans). En avril, Klee passe deux semaines à Berlin. Le 15 septembre, il épouse Lily Stumpf à Berne. Deux semaines plus part, le couple part s’installer à Munich.

1907 (28 ans). Le 30 novembre, naissance de Félix (mort en 1990), le seul enfant de Paul et Lily Klee.

  • À Munich, Klee visite de nombreuses expositions, dont celle des impressionnistes. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, Klee n’adopta pas le style des impressionnistes pour le dépasser ensuite, mais il vérifia leurs principes pour les intégrer à son expérience. La lumière, instrument de toute représentation telle que la concevaient les impressionnistes, n’était pas pour lui liée au problème de la couleur, Klee était plutôt préoccupé par les problèmes de tonalité, ce qui aboutit au développement de l’aquarelle noire. À partir de là, le peintre va se tourner davantage vers la peinture à l’huile (citation de Wkipédia).

1910 (31 ans). Premières expositions au Musée des beaux-arts de Berne, à la Kunsthaus de Zurich et à la galerie de Winterthur. Il y présente 56 œuvres, pour la plupart des eaux-fortes qu’il nomme peinture-dessins et qui s’éloignent progressivement de ses dessins linéaires à la plume et des gravures.

1911 (32 ans). En février, Klee commence à répertorier dans un catalogue manuscrit les œuvres qu’il a réalisées jusque-là. A partir de cette date et jusqu’à peu avant sa mort, il tiendra un registre minutieux de toute sa production artistique. A l’automne, par l’entremise de Louis Moilliet, il retrouve Vassily Kandinsky et se familiarise avec le programme du Cavalier bleu (Der blaue Reiter). Il rédige des comptes rendus d’expositions et d’autres évènements de la vie culturelle munichoise pour le mensuel suisse Die Alpen, publié par Hans Bloesch.

1912 (33 ans). Klee est invité par Franz Marc et Vassily Kandinsky à participer à la deuxième exposition du Cavalier bleu, à la librairie Hans Goltz à Munich où il présente dix-sept travaux. En avril, il se rend pour la seconde fois à Paris, où il va rendre visite à Robert Delaunay, Henri Le Fauconnier et Karl Hofer dans leurs ateliers.

Pour les années 1913-1918 (ci-dessous), les citations sont extraites de la notice de Wikipédia.

1913 (34 ans). Après la deuxième exposition du Cavalier bleu, Klee sort de son isolement et se rend à Paris, chez Wilhem Uhde, où il voit les œuvres de Robert Delaunay, Henri Rousseau, Georges Braque, Pablo Picasso, Maurice de Vlaminck. Un dialogue s’instaure entre Delaunay et lui. Klee traduit une communication de Delaunay intitulée De la lumière.

1914 (35 ans). Avec ses amis artistes August Macke et Louis Moilliet, Klee part en Tunisie où il séjourne du 8 au 19 avril. Le voyage le conduit à Marseille, Tunis, Saint-Germain (l’actuelle Ezzahra), Hammamet et Kairouan. C’est là qu’il a la révélation de la couleur. C’est l’aboutissement d’une recherche menée pendant dix ans, d’expériences et de luttes avec la couleur. Klee obtient des résultats satisfaisants qu’il consigne dans un journal de voyage. Il note : la couleur me possède […] Je suis peintre.

Au retour, il expose en compagnie de Marc Chagall à la galerie berlinoise Der Sturm, dirigée par Herwarth Walden. En mai, il présente quelques-unes de ses aquarelles de Tunisie dans la cadre de la Nouvelle Sécession munichoise, dont il est un des membres fondateurs.

Klee retourne à Berne au moment de la déclaration de la Première Guerre mondiale. Jawlensky et Kandinsky s’exilent, tandis que Marc, Macke et Heinrich Campendonk sont mobilisés. Marc et Macke, engagés volontaires, sont tués.

1916 (37 ans). Klee reste à Munich et continue à peindre jusqu’en 1916, date à laquelle il rejoint l’armée où il est admis dans un régiment de réserve, ce qui lui laisse encore la possibilité d’exercer son art, de participer à des expositions et de vendre des tableaux.

1917 (38 ans). Klee accompagne un convoi de troupes à Nordholz, ville située en Basse-Saxe et, au retour, il rend visite au collectionneur Bernhard Koehler de Berlin.

Une exposition des tableaux de Klee est organisée à la galerie Der Sturm de Berlin, ses œuvres obtiennent un grand succès. Il a surtout envoyé des aquarelles de 1916 avec des motifs figuratifs. Mais le peintre, dans lequel la critique voyait l’artiste allemand le plus significatif depuis la mort de Marc n’a plus jamais connu un succès pareil par la suite.

Sa correspondance avec Kandinsky montre qu’il est préoccupé par la guerre, mais qu’il s’attend comme beaucoup de gens à une rapide victoire des Allemands, dont il espère qu’elle apportera à nouveau les moyens en audace et en argent, de la part des mécènes et des éditeurs écrasés par le poids des dernières années et qui manquent de courage. Son point vue sera modifié après la mort de Macke.

Les conditions économiques et financières de l’Allemagne sont favorables aux classes possédantes qui se sont enrichies grâce à la vente d’armement, ce qui les pousse à placer leur capital dans l’art moderne, comme le souligne Otto Karl Werckmeister, qui considère que ce moment est celui dans lequel l’art moderne qui, jusqu’à la guerre, avait été un défi jeté à la culture bourgeoise, rejoint cette culture dans une idéologie commune […] et c’est à cette guerre, qu’il croyait avoir condamnée, que Klee doit sa carrière. Klee est ici en pleine contradiction avec la revendication de liberté qu’il a exprimée en 1915 à travers sa théorie de l’abstraction.

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Classé dans B. Photos, D. Allemagne, D. Suisse, E. Arts Lettres Langues, F. 19ème et 20ème siècles

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