Président Condé

Communiqué de la CPU. « Claude Condé est décédé dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 janvier à l’âge de 66 ans. Ancien président de l’Université de Franche Comté de 2006 à 2012, membre de la commission des relations internationales de la CPU, Claude Condé, président très investi, avait organisé en 2011, pour la CPU, au sein de son université à Besançon et avec l’université de Bourgogne, le sommet mondial des universités. La CPU adresse ses condoléances à sa famille, ses proches et toute la communauté universitaire du Grand Est ».

Photos de 2010. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Claude Condé, trop jeune pour mourir, trop jeune pour ne pas vivre une retraite méritée.

Claude, je pense à toi, à ce que tu as fait, aux engagements de toute ta vie. Merci ! Ta mort est pour moi  particulièrement injuste. Parce que tu es mort à l’âge de 66 ans alors que j’en ai 73 et que je suis toujours là, à faire le blogueur caustique.

Des souvenirs toujours présents. Mars 2010, le blog Histoires d’universités a un an et Claude Condé est un des premiers présidents à m’inviter pour conduire à Besançon une série d’entretiens. Il m’a non seulement reçu dans son bureau pour un long entretien, mais aussi à table pour prolonger la discussion.

Voici la chronique que j’ai publiée alors : Président Condé. J’ai repris ce même titre aujourd’hui, comme un hommage.

Les thèmes abordés dans l’entretien sont ceux de l’époque : les Pôles de recherche et d’enseignement supérieur datent de 2006, la LRU de l’été 2007, le dernier grand mouvement des personnels du printemps 2009. Sans langue de bois, Claude Condé a confié ses analyses de président de gauche, de président syndiqué au SNESUP et soutenu par lui.

Évidemment, blogueur critique, je n’ai pas épargné Claude Condé. Cela aurait été suspect pour les lecteurs. Je me souviens de m’être gaussé du rapport d’activité qu’il avait produit en fin de mandat présidentiel (chronique du 5 juin 2012, Parachutes pour ex-présidents ? : rapport sur papier glacé, une autosatisfaction généralisée, et un nombre de photos dépassant presque la bienséance. Difficile d’échapper à la personnalisation du pouvoir, accentuée par la LRU. Mais aujourd’hui, c’est tellement pire.

Mais Claude Condé, en 2012, n’a pas souhaité faire un second mandat : on peut compter sur les doigts d’une seule main les présidents qui, en 2012, ont refusé de se laisser griser par le pouvoir une seconde fois.

A l’époque, des présidents syndiqués, il y en avait. Il y en eut encore dans les élections de l’année 2012 : la Gauche était en train ou était revenue au pouvoir. Lors des élections suivantes (la plupart ont eu lieu en 2016), les présidents qui souhaitaient leur réélection ont souvent mis dans leur poche leur drapeau syndical, s’ils en avaient encore un !

Combien de président(e)s d’université et de COMUE, d’anciens présidents, en particulier de ceux devenus Recteurs, paient encore aujourd’hui leur cotisation syndicale ? J’ai cette impression qu’elles / qu’ils sont tous Macron-compatibles. Je suis sûr que Claude Condé n’était pas de ceux-là. Il y a quelques mois, il m’avait envoyé un courriel assez désabusé. Je lui avais répondu que j’aurais plaisir à discuter de nouveau avec lui et que le blog était ouvert aux Libres opinions. Mais, nous ne sommes pas allés au-delà. Je ne l’ai pas revu et j’en suis triste. Nous n’avons pas donné suite : malheureusement pour nous.

La crise syndicale, tant chez les personnels enseignants que chez les personnels BIATSS, s’est accentuée depuis 2010, dans un contexte de regroupements sur lesquels les responsables syndicaux n’ont plus de prise.

Claude Condé a pu observer après la fin de son mandat la baisse du nombre d’adhérents et de militants, la quasi disparition des luttes, la fragmentation syndicale et l’unité d’action de plus en plus difficile à réaliser, la baisse de la participation aux élections des conseils centraux (surtout dans les établissements qui se sont regroupés). Moins d’unité d’action et davantage de conflits intersyndicaux, de conflits d’une dureté telle qu’ils font pâlir de tristesse (cf. l’impasse dans l’élection présidentielle de Paris-Est Créteil).

Le bureau présidentiel à Besançon

Pour accéder au texte complet de l’entretien, cliquer ici.

Claude Condé n’est plus là. Le bureau est vide

Pour aller plus loin. Toutes les chroniques du blog sur l’université de Franche-Comté et l’université de Bourgogne, les deux universités étant associées dans la même COMUE.

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