Jeunes femmes en école d’ingénieurs

Eloïse Corazza, Les jeunes femmes investissent les études supérieures, mais pas encore les écoles d’ingénieurs, CEREQ, Working Paper, numéro 5, décembre 2017, 40 pages

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Conclusion du rapport. « Le vingtième siècle a vu une forte croissance du nombre d’étudiantes : largement minoritaires en début de siècle, elles ont dépassé les hommes en volume dans les années 1970. Désormais, 57% des étudiants à l’université sont des femmes. Elles représentent plus de la moitié des étudiants en licence et en master, mais elles sont minoritaires dans les formations sélectives telles que les DUT, les écoles d’ingénieurs, les classes préparatoires aux Grandes Écoles. Elles sont aussi très peu nombreuses dans la plupart des formations industrielles à l’université. Cette composition genrée des spécialités est d’ailleurs robuste au niveau comme à la filière de formation suivie: on voit clairement une différentiation sexuée de l’orientation qui s’opère dès la fin du lycée.

Les jeunes femmes ont de meilleurs résultats scolaires que les jeunes hommes et pourtant elles choisissent plus souvent que leurs camarades masculins de faire des études scientifiques à l’université, plutôt qu’en école d’ingénieurs, c’est-à-dire dans un cursus moins prestigieux en règle générale. En effet, même si on assiste à une lente féminisation de ces cursus, les jeunes femmes y restent largement minoritaires. En regardant plus précisément les caractéristiques des diplômé.e.s ingénieur, on distingue d’ailleurs, en comparaison avec leurs camarades masculins, une sursélection sociale des jeunes femmes, à laquelle s’ajoute en outre une sursélection scolaire concernant les jeunes femmes dont au moins un parent est cadre.

Les diplômé.e.s d’école d’ingénieurs ont des conditions d’insertion sur le marché du travail très favorables. De fait les indicateurs traditionnels tels que le temps d’accès à l’emploi, le temps d’accès à l’EDI, ou encore le temps passé en emploi depuis la fin des études ne sont pas très pertinents pour évaluer les différences genrées. Par contre, lorsqu’on s’intéresse au salaire, on remarque que les jeunes femmes accusent un retard. De la même façon, elles sont moins souvent encadrantes que leurs homologues masculins et bénéficient de moins de promotions. De plus, elles sont plus souvent déclassées : elles occupent plus souvent des postes qui ne bénéficient pas du statut de cadre. Les jeunes femmes ingénieures ont une situation moins favorable sur le marché du travail que leurs collègues masculins, et ce malgré leur sursélection scolaire et sociale ».

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Classé dans E. Ingénierie

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