Karl Trübner, la villa, la tombe

Karl Trübner (1846-1907), éditeur d’exception, et son épouse Klara sont enterrés au cimetière de la Robertsau à Strasbourg. Leur tombe est en péril (album de 11 photos). La concession va-t-elle être reprise par la ville, comme celles de Recklinghausen, l’anatomopathologiste de l’université impériale, et d’Adolf Michaelis, l’archéologue. La tombe d’Ernst Stadler, le poète, va-t-elle subir le même sort ?

Quand l’euro-métropole, la ville, l’université et le musée des Beaux-Arts vont-ils intervenir pour sauver et restaurer ces tombes ? Ces personnalités strasbourgeoises ne méritent pas d’être oubliées.

La tombe des époux Trübner est à l’abandon. Ce n’est pas le cas de la belle et grande villa qu’ils ont fait construire à partir de 1904 (album de 14 photos). Ils n’en ont guère profité : Karl est mort en 1907 et son épouse en 1908.

Cliquer sur les imges pour les agrandir

Le villa est l’objet d’un long développement sur le site Archi-Wiki.

« Construction 1904-1905, 24 Boulevard Tauler et  41 rue Schweighaeuser. Villa néo-régionaliste à colombages, dont les architectes sont Franz Lütke et Heinrich Backes. Le commanditaire est l’imprimeur-éditeur Karl Trübner.

La villa semble proche du mouvement Heimatschutz qui prônait un retour à l’architecture régionaliste au début du XXème (l’exemple le plus célèbre étant le quartier du Stockfeld au Neuhof). Elle est occupée par les assurances Geistel, avec une extension moderne le long de la rue Silbermann.

Il serait intéressant d’avoir une interprétation des nombreux symboles qui sont sculptés sur les boiseries. Certaines sculptures semblent avoir des liens avec l’antiquité (archers) et d’autres semblent plus modernes.

La galerie à balustres et arcades côté rue Schweighaeuser représente de façon allégorique les quatre âges de la vie. 1) l’enfance avec les 2 lionceaux « domptés » par le père 2) l’adolescence ou la jeune vie d’adulte avec la canne à pêche 3) la vie adulte semble représentée par un semeur 4) enfin la vieillesse avec un vieillard recroquevillé sur sa canne et faisant face à un coucher de soleil.

Celui qui s’est fait construire cette maison est le célèbre libraire, imprimeur-éditeur et collectionneur d’art Karl Trübner (1846-1907), auquel François Joseph Fuchs consacre une notice détaillée dans le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne n° 37, pages 3915-3916, et à qui une rue toute proche a été dédiée.

Karl Trübner, l’imprimeur-éditeur, est mort le 2.6.1907 « après son retour d’un voyage en Italie, dans la maison qu’il avait fait construire au 41 rue Schweighaeuser », et où il vécut en fait très peu de temps…

On notera aussi ce que Fuchs écrit du projet de Trübner, à son arrivée à Strasbourg en mai 1872. « T. estima qu’il lui appartenait désormais de contribuer de toutes ses forces à la germanisation de l’Alsace en aidant cette province à revenir dans son milieu linguistique et culturel naturel, entravé, selon lui, depuis le début du XIXe s. par l’Université française, mais aussi par des « mauvais » Allemands venus dans le pays après 1871″.

En tant que libraire et éditeur, Fuchs écrit que « deux soucis majeurs le hantaient : collaborer activement à la reconstitution de la bibliothèque et du musée de peinture, incendiés pendant le siège de 1870, et publier un maximum de sources d’archives pour parer, à l’avenir, à une catastrophe semblable à celle qui venait d’arriver ».

On n’oubliera pas de mentionner pour finir qu’on doit à Karl Trübner une oeuvre remarquable: Strassburg und seine Bauten (1894), qui reste un ouvrage de référence sur l’architecture à Strasbourg.

En 1909, le nouveau propriétaire est un certain K. Engelhorn, qui sollicite les architectes Heinrich Backes et Otto Zache pour l’installation d’un petit pavillon dans le jardin (Herstellung eines Gartenhauses). L’autorisation de construire date du 31.3.1909.

  1. Le 1.11. est décédée à Strasbourg Clara Engelhorn, veuve de Karl Trübner. Le couple étant resté sans enfant, c’est probablement un membre de la famille de l’épouse qui a pris en charge la maison. Peut-être le père de Clara, qui avait été avocat, à savoir Johann Karl Konrad Engelhorn. 2010. La villa a connu un lifting paysager, notamment l’abattage d’un imposant arbre dans le coin boulevard Tauler / rue Schweighaeuser. Ce nettoyage a mis en valeur les nombreuses sculptures sur bois, qui étaient beaucoup moins visibles auparavant ».

 

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Classé dans C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Allemagne, E. Ingénierie, F. 19ème et 20ème siècles

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