ParcourSup. Lorraine veut rassurer

Pourquoi l’université de Lorraine communique-t-elle sur ce qui change et sur ce qui ne change pas pour ses 72 licences, avec la modification du mode d’admission dans l’enseignement supérieur (ParcourSup au lieu d’APB) ?

Saisie des vœux sur ParcoursSup commencée depuis 4 semaines (fin de cette saisie dans cinq semaines). L’université de Lorraine me paraît douter de son attractivité. Ses dirigeants suivent au jour le jour la saisie des vœux pour les 4 villes où l’université organise des formations de licence : Épinal, Metz, Nancy, Sarreguemines. Sont-ils inquiets parce que le nombre de vœux saisis à ce jour n’atteint pas leurs prévisions ?

Que faire ? Rassurer à tout prix les familles et les élèves, les persuader que, le tout dans le tout, rien ne change vraiment avec ParcourSup. Venez, venez les petits, il y aura de la place pour tout le monde ! Problème pour la communication de l’UL : des informations auraient dû être rappelées, fournies, et elles ne le sont pas. Lacunes dans la communication externe : j’appelle cela de la désinformation.

Analyse critique du communiqué lorrain : sept points.

1. Sélection à l’entrée de la licence universitaire ? Pour l’université, la réponse est non (image ci-dessous). Pas de changement par rapport à APB ; tout étudiant trouvera une place. Problème : c’est faux, par exemple pour l’accès à la licence Staps. ParcourSup explique en toute transparence comment les futurs bacheliers vont être sélectionnés. En 2017, à Épinal, Nancy, Metz, tous les étudiants qui souhaitaient entrer en STAPS n’ont pas été admis.

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Informations non données par l’université : elle ne rappelle pas que les vœux sur ParcourSup sont limités à 10, qu’ils ne peuvent pas être hiérarchisés, que les filières en tension sont autorisées à afficher des capacités d’accueil et donc, au final, à sélectionner leurs étudiants afin de tenir dans le nombre de places offertes.

2. Les attendus. Pour chaque licence, l’université a décidé de ne retenir que les attendus nationaux (= de ne pas élaborer des attendus locaux). Dont acte ! Comment les jurys d’admission qui devront traiter plusieurs centaines de dossiers, voire quelques milliers, vont-ils vérifier que les candidats remplissent les attendus requis ? Rappelons qu’aucun entretien n’est prévu dans la procédure d’admission.

3. Le nombre de places offertes. C’est donc 5 500 places de plus que le nombre de nouveaux bacheliers accueillis l’an passé, qui sont potentiellement ouvertes cette année.

5 500 places, c’est énorme. Problème : c’est impossible de vérifier sur ParcourSup si telle ou telle filière va offrir réellement des places supplémentaires en 2018 (cf. les deux tableaux ci-dessous).

  • Lignes 1 et 2. On note que les capacités d’accueil, par rapport à 2017, progressent ou diminuent selon les filières (à Nancy, +20 en STAPS et -100 en Histoire).
  • Ligne 3. Le nombre de vœux affichés ne sert à rien. Il aurait fallu afficher le nombre de vœux classés en premier rang.
  • Les lignes 4 et 5 apportent l’information-clé : tous les candidats qui l’ont demandé ont-ils été admis ? La réponse est « non » pour Staps, « oui » pour Histoire.
  • La ligne 6 donne une information incomplète : le nombre de candidats admis (tous les admis se sont-ils inscrits ?).

Comment l’université a-t-elle procédé pour parvenir à ce nombre de 5 500 places supplémentaires ?

4. Des moyens en plus ? L’université est en train de les négocier et se dit confiante (image ci-dessous). 5 500 places supplémentaires, c’est plus de 25 millions d’euros (si on considère qu’une première année de licence ne coûte que 50% de la dépense par étudiant universitaire). En 2019, le surcoût serait encore plus important, la moitié des bacheliers de cette année entrant alors en 2ème année de licence… Je crains que l’université n’obtienne pas ces moyens.

5. Des parcours adaptés pour améliorer les taux de réussite ? Ces parcours sont prévus par le projet de loi ORE. L’infographie en fin de chronique donne la réponse lorraine : les étudiants concernés, en nombre peu important, peuvent se voir proposer des enseignement de remédiation ou un tutorat individualisé. En nombre peu important : consigne à peine voilée pour les membres des jurys d’admission ; pour les vœux, ne vous ennuyez pas avec la réponse « Oui, si… » ; dites « oui ou non ».

6. Fournir les taux de réussite en 1ère année de licence ne semble pas préoccuper l’université de Lorraine. ParcourSup n’indique en effet que des moyennes nationales par domaine. Deux exemples ci-dessous : Histoire et Staps

7. Taux de réussite en 1ère année, licence par licence ? Pas d’informations données par le catalogue des formations. C’est même la seule information manquante ! En effet, l’observatoire de l’université enquête sur le devenir des diplômés mais ne semble pas faire des suivis de cohorte d’entrants en licence (constater cette lacune dans la licence STAPS).

Au final, le communiqué de l’université est très peu rassurant pour les élèves de terminale et leurs familles.

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Classé dans C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Sciences, E. Sciences humaines et sociales

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