ParcourSup. Dire « oui » à tous

Bureau national du SNESUP (27 mars 2018). S’opposer à la sélection en disant « OUI ! » à toutes et tous les titulaires du baccalauréat, c’est dire « OUI ! » au service public !

« Depuis le mois d’octobre, le SNESUP-FSU, par la voix de ses instances et de ses militant.e.s dans les établissements, n’a cessé de dénoncer le projet de loi « relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants » (loi ORE) adopté définitivement le 8 mars dernier.

Élaborée sur la base de trois mensonges (le « scandale » APB, le « taux d’échec » en licence et le tirage au sort) dont le gouvernement a usé et abusé, cette réforme apparaît désormais sous son vrai visage : une usine à gaz destinée à institutionnaliser la sélection mais aussi une vaste entreprise de destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La sélection n’est pas la solution. Le ministère doit donner aux établissements les moyens d’augmenter les capacités d’accueil pour permettre à toutes et tous les titulaires du baccalauréat qui le souhaitent de s’inscrire dans le supérieur.

Dans les établissements, nombre de collègues refusent de répondre aux injonctions ministérielles de mise en œuvre du tri social. Ils ou elles hésitent ou s’interrogent sur les actions à entreprendre. Or, les formations du ministère à propos de Parcoursup ont montré que la plate-forme permet de dire « OUI » à tout le monde dès le 22 mai. Notre seul mot d’ordre doit être : OUI à toutes et tous les bachelier.e.s.

Plusieurs pistes d’action sont possibles. Le SNESUP-FSU en propose d’ores et déjà 3 en fonction des rapports de force locaux et des situations variées (filières « en tension » ou non, particularités géographiques, etc…).

Lire la suite du communiqué…

Pour aller plus loin : toutes les chroniques du blog sur ParcourSup.

6 Commentaires

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6 réponses à “ParcourSup. Dire « oui » à tous

  1. Yves Macchi

    Cher Pierre,

    merci de relayer le communiqué du Snesup. A Lille, nous sommes plusieurs sections, départements ou UFR à refuser de classer les dossiers. Nous avons donné le 29 mars une conférence de presse dont la captation se trouve ici:

    https://www.pscp.tv/w/1lPJqnRQrrlxb

    Les raisons de notre refus sont multiples et partagées du reste en partie par le président de Paris 1 Georges Haddad :

    https://www.huffingtonpost.fr/2018/03/30/parcoursup-le-requisitoire-du-president-de-paris-1-sorbonne-contre-la-lettre-de-motivation_a_23399132/

    Lettres de motivation invalides parce que rédigées par les parents ou par des officines privées contre grasse rémunération; CV n’ayant aucun sens chez un adolescent de 17 ans qui le plus souvent n’a fait qu’une chose : aller à l’école; absence probable dans beaucoup de dossiers d’une fiche Avenir fiable (beaucoup de collègues du secondaire ayant décidé de mettre à tous les dossiers la plus haute appréciation); classement des dossiers qui doit nécessairement être opéré par des machines dès que l’on dépasse quelques dizaines de dossiers ( aucun cerveau humain n’est capable de comparer les mérites relatifs de 500 dossiers et de les classer chacun par ordre de mérite – ce qu’exige de nous le ministère – ce qui invalide le discours officiel selon lequel il y aura un examen individualisé de ces dossiers de candidature : cet examen individuel est matériellement impossible même si nous passions nos nuits et nos jours); impossibilité matérielle et budgétaire de mettre en place des parcours de remédiation; incertitudes juridiques graves concernant la responsabilité personnelle des collègues chargés de faire le tri en cas de recours au tribunal administratif (les commissions de classement des dossiers sont-elles oui ou non des jurys dont les délibérations sont protégées par le secret ou devront-elles accéder à la demande légitime d’une totale transparence sur les critères locaux de classement des dossiers et sur le paramétrage des algorithmes locaux?), etc.

    Pour nous, Parcoursup est une sinistre farce : on fait croire aux familles qu’il s’agit d’un instrument d’orientation positive, quand ce n’est qu’une gigantesque gare de triage où les dossiers des élèves seront aiguillés avec autant de finesse que l’on trie les patates par calibre. Non seulement les élèves ignorent les critères locaux qui seront mis en oeuvre pour les classer, mais n’ayant pu informer les commissions de leurs préférences (les voeux ne sont plus classés), celles-ci sont dans l’incapacité totale d’apprécier leur réelle motivation pour telle ou telle filière. Au résultat, même pour les bons élèves, c’est un dispositif hautement aléatoire, géré pour l’essentiel par des robots, et où nul n’est capable de prédire quelle sera son affectation finale.

    Il faut absolument mettre un terme, maintenant, à cette gigantesque tromperie. Nous nous y employons.

  2. Olivier

    Classer les candidats par ordre alphabétique (plutôt que par un tirage aléatoire dans le pire des cas) parait particulièrement injuste. Un nom en A serait pris partout et un nom en Z là où il reste des places. Ca n’a aucun sens.

    • Yves Macchi

      Cher Olivier,
      votre argument prend le contrepied de celui du Snesup selon lequel :
      « Enfin, l’argument technique doit être battu en brèche : le logiciel ne permettrait pas d’enregistrer des ex-aequo. Outre le fait qu’il ne saurait être question d’invoquer l’informatique pour remettre en cause une possibilité légale, outre le principe qu’une donnée technique n’a pas à conditionner une politique, il apparaît que cette impossibilité n’en est pas une. Il suffit de faire correspondre la donnée d’appel (la limite à partir de laquelle le logiciel passe de la capacité d’accueil aux « en attente ») au nombre de demandes, c’est-à-dire au nombre d’ex aequo, et de « classer » par ordre alphabétique les candidatures. Ce sont ainsi les futur.e.s bachelier/ière.s qui choisiront leur formation et, par le jeu des désistements, le nombre final de « OUI » correspondra aux capacités d’accueil. »

      N’étant pas informaticien, je ne saurais dire laquelle de ces deux procédures – l’usine à gaz mise en place par le gouvernement, ou la proposition du snesup – est la plus aléatoire ou injuste pour les étudiants.

      La solution la plus raisonnable serait de permettre aux étudiants de classer leurs voeux par ordre de priorité et de revenir au principe d’APB permettant une libération des places au fil de l’eau. Cette hypothèse est-elle envisageable? Probablement plus hélas : il faudrait abroger d’urgence le décret et les arrêtés d’application, ce qui supposerait que le ministère reconnaisse son erreur. Inconcevable.

      Cette façon de gouverner l’université est une pratique d’apprentis sorciers : on met en oeuvre un dispositif sans le moindre test préalable à l’échelle, et on génère une grande anxiété à la fois chez les élèves et chez les universitaires. Les premiers, condamnés à une longue attente pour beaucoup d’entre eux et n’ayant aucune visibilité sur la pondération des critères – pondération hautement variable d’une formation à l’autre – qui serviront à les trier, les seconds, condamnés par la masse des dossiers à classer à des pratiques de tri automatisé inhumaines et de surcroît illégales, sont pareillement les victimes du dispositif.

      Certains – probablement des paranoïaques gauchistes – prétendent que le fin de cette réforme est en réalité de monter le public des usagers contre l’université publique en y créant délibérément les conditions d’un grave dysfonctionnement et de grandes injustices. Ils ajoutent que le propos du ministère est d’administrer la preuve de l’incapacité des universités publiques à se réformer, à seule fin d’ouvrir les brèches permettant à une concurrence généralisée de se développer entre elles et avec un secteur privé de l’enseignement supérieur en émergence.

      La vérité est sans doute autre : nous avons un ministère sincèrement persuadé que l’on peut gouverner notre secteur comme l’on « manage » une entreprise privée, dans l’urgence, avec brutalité, sans donner jamais la parole aux voix discordantes venues du terrain ou des syndicats, management brutal que le ministère pense plus efficace. Persuadé que la sélection des étudiants est le seul moyen de relever au moindre coût la qualité et l’efficacité des universités, le ministère ferme les yeux sur tous les élèves qui seront orientés par défaut en fin de procédure par les rectorats, démultipliant ainsi les causes d’échec qu’il reproche à APB, et sur tous les élèves qui, terrifiés par cette nouvelle procédure, auront baissé les bras. Il ferme aussi les yeux sur les souffrances au travail qu’il crée chez les personnels enseignants et biats, déjà accablés de tâches après une décennie de destruction d’emplois. Il ignore, et c’est sans doute là sa plus grave erreur, qu’aucune réforme de cette ampleur ne peut se faire sans l’adhésion des acteurs de terrain. Ceux qui vont l’appliquer le feront le couteau sous la gorge, persuadés de sa nocivité et uniquement par crainte que sa non application n’engendre une catastrophe plus grande encore pour l’organisation de la rentrée prochaine.

      Alors, oui, vous avez raison, nul ne voit clairement aujourd’hui comment arrêter cette machine infernale dont les conséquences sociales sont imprévisibles. La violence d’Etat nourrissant la violence des citoyens, ces conséquences pourraient être terrifiantes.

      • Olivier

        Je ne vois pas en quoi le public serait plus hostile à la procédure en place qu’au tirage au sort sur APB (ou aux files d’attentes interminables commençant la veille des inscriptions il y a de cela quelques décennies). Au moins un étudiant saura pourquoi il n’est pas pris. Et aussi discutables soient les critères, il y aura en moyenne une prime au mérite.

        Si les critères changent d’une formation à l’autre, c’est plutôt bien pour éviter les comportements trop stratégiques des enseignants et des lycéens qui ne manqueraient pas d’apparaitre si des règles était trop récurrentes.

        Le problème du manque de moyens est réel, mais il n’est pas nouveau. A l’exception de Mitterrand en 1981, la supérieur et la recherche n’a été un enjeu pour aucun dirigeant national.

        Concernant le ministère, je ne vois absolument pas en quoi il pourrait vouloir la privatisation. Il veut au contraire garder le contrôle sur les universités, comme le mouvement de concentration en PRES et COMUE l’a montré. La multiplication des universités et l’autonomie inévitable avaient fait perdre peu à peu leur pouvoir aux hauts fonctionnaires du ministère, qui font en sorte de le récupérer. La volonté d’une quelconque volonté de privatisation est un mirage complet.

        Pour finir, si l’université était réellement managée comme une entreprise privée, il y aurait des primes à la fin de tels changements s’ils sont opérés avec succès. Or, il n’y a strictement aucun avantage, aucune gratification, aucune gratitude pour faire tourner la machine. Même pas un merci. Donc il n’y a aucun doute que nous sommes dans un management typique de l’éducation nationale et en plein dans la fonction publique.

  3. Olivier

    Désolé pour les fautes, j’ai tapé un peu vite.

  4. François Sarran

    Parler sans sourciller de « mensonge » quant il s’agit d’échec en première année, ou du tirage au sort , c’est vraiment avoir de la santé!
    Toutes les universités d’Europe et du Monde choisissent (donc sélectionnent) leurs candidats depuis des dizaines d’année. Comme le font les BTS, les IUT, les grandes écoles, (et même certaines universités autorisées), ainsi que le soulignait Pierre dans une de ses chroniques. Simplement les procédures sont plus simples, plus claires , mais aussi plus directes et brutales.
    Un collègue étranger me faisait remarquer (un peu malicieusement) qu’il comprenait bien ces refus d’universitaires de perdre du temps à effectuer ces sélections. Mais son administration estimait que cela rendait service aux étudiants et entrait dans ses obligations au même titre que les examens.

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