Paris Diderot : l’opposition

Cinquième chronique sur les élections aux conseils centraux de l’université Paris Diderot. Les 4 chroniques précédentes.

Deux listes en présence dans les deux collèges enseignants pour conquérir 16 sièges sur 36 au Conseil d’administration. Quand le CA sera au complet, sa première séance sera consacrée à l’élection de la / du président (e). Deux candidats en présence. Christine Clerici est candidate à sa réélection.

La liste « Unis, Construisons l’Avenir » soutient la candidature à la présidence de Maximilien Cazayous, professeur de physique (depuis 2012), membre du Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques. Responsabilités exercées dans Paris Diderot:

  • 2014- 2017 Vice-président de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire
  • 2012- 2014 Président du conseil des enseignements de l’UFR de Physique
  • 2007-2012 Membre élu du Comité National Universitaire (28ième section)
  • 2007-2011 Membre élu du conseil d’UFR de Physique de l’Université Paris Diderot

Le plus marquant dans la profession de foi de l’opposition à la direction sortante est l’évolution en matière de regroupement d’établissements.

« Malgré les limites du périmètre de la COMUE hérité de l’ancien PRES, nous souhaitons nous regrouper avec d’autres établissements pour peser vis-à-vis des tutelles, du rectorat, des collectivités territoriales… Notre projet a pour objectif de mieux remplir nos missions de recherche et de formation, et c’est sur ce critère qu’il devra être évalué.

Le point central de notre projet est le maintien de la personnalité morale et juridique (PMJ) des établissements partenaires (comme pour l’IPGP dans le projet Idex déposé) pendant au moins quatre ans, le temps de la mandature [ce point s’appuie sur le décret qui sera publié après le vote définitif de la loi sur l’État au service d’une société de confiance, cf l’amendement voté par le Sénat le 13 mars 2018].

La préservation de la PMJ est fondamentale car elle permet de réformer notre établissement, de négocier sereinement des rapprochements plus poussés, de construire une trajectoire pour les personnels, les composantes et les services et une trajectoire financière viable. Elle donne le temps à la communauté universitaire de se saisir de ce projet et d’accueillir facilement de nouveaux établissements. Une structure fédérale forte offre le meilleur compromis pour dialoguer d’une voix unifiée avec les tutelles, et maintenir la gestion au plus près du terrain dans chaque établissement.

Nous proposerons à nos partenaires de travailler, au cours des prochains mois, à l’élaboration de ce projet, dans la concertation et la collégialité. Sa forme définitive dépendra évidemment des souhaits de la communauté universitaire de tous les établissements concernés ; cela pourra se réaliser par une transformation profonde de la COMUE ou la création d’un nouvel établissement. Ce projet doit être réellement construit par la communauté universitaire, et à terme il sera soumis au vote lors d’une consultation qui nous permettra de choisir collectivement notre devenir. Notre approche permet d’utiliser les quatre ans de la période probatoire de l’Idex pour construire collégialement un avenir en commun.

Cette méthode de travail est à l’opposé de la fuite en avant de ces dernières années qui a conduit à de multiples projets sans jamais reposer sur le moindre élan collectif. Les défis de l’ESR sont immenses et on ne saurait y répondre avec des projets élaborés dans l’urgence par un cabinet de communication dont les préoccupations sont bien loin de nos missions. Nous voulons au contraire que ce projet soit construit par la communauté qui le fera vivre ensuite.

Nous respecterons nos engagements. Nous mènerons une politique efficace, respectueuse de la communauté universitaire, basée sur une véritable concertation, au service de nos missions d’enseignement et de recherche. Unis, nous construirons notre avenir« .

Dossier : courriels qui m’ont été envoyés par l’opposition depuis le 26 janvier 2018.

26 janvier 2018. « Les élections renouvelant les conseils et la présidence de l’université Paris Diderot devraient avoir lieu début avril. Mme Clérici a annoncé durant ses vœux du 23 janvier son intention de se représenter bien qu’elle soit en limite d’âge pour le faire (à trois mois près). La jeunesse au pouvoir n’est peut être pas encore pour demain à l’université Paris Diderot.

Cependant la présidente n’est pas très populaire auprès de ses collègues. Durant sa mandature, elle a perdu l’Idex et a passé le reste de son temps à gesticuler pour tenter de le retrouver abandonnant totalement la gestion de l’université Paris Diderot pour au final soumettre au Jury Idex un dossier rédigé à la va-vite en moins d’un mois. Ce dossier est sans ambition et demeure peu convaincant, il ne rencontre pas l’adhésion. Ses collègues sont désormais très méfiants et ne lui font plus confiance.

Elle va donc se présenter à ces élections avec un seul plan en poche : la fusion. Mais si le jury Idex dit Non, pas de plan B. Se voyant en difficulté et ayant peur de se présenter seule devant ses collègues, elle a fait appel à son ami Frédéric Dardel. Le duo accompagné du directeur de l’Institut de Physique du Globe (IPGP) va donc faire le tour des composantes de Paris Diderot pour vanter le modèle de fusion qu’ils ont proposé et tenter de la faire élire. En remerciement, elle ne manquera pas de laisser Paris Descartes absorber Paris Diderot et M. Dardel la soutiendra pour être la première présidente de cette université fusionnée. Un échange de procédés entre amis de circonstance.

Christine Clérici a été à bonne école avec le précédent président de Paris Diderot dont elle était la vice présidente du CA. Ne pouvant compter sur l’adhésion populaire, elle tente de se maintenir par l’échange de petits services (promotions individuelles, postes pour les composantes, postes de chargés de mission, postes de vice-président avec primes…). A ce jeu, le risque d’être trahi est fort car rien ne remplace la véritable confiance ».

1er février 2018. « Il y aura au moins une liste « d’opposition ». S’il y a plusieurs listes d’opposition, alors cela favorisera grandement l’équipe sortante… L’ANR a repris la gestion du PIA3 et des Idex. Il a été clairement écrit dans le décret qu’il n’y aurait pas de financements Idex dans le PIA3. Si Toulouse ou P5-P7 obtiennent le label Idex alors ce sera vraisemblablement avec très peu d’argent et avec une dotation unique, pas récurrente.

Le jury Idex n’a pas changé dans sa composition contrairement à certaines rumeurs. Il visitera Paris Diderot le 17 février et à priori il a demandé à rencontrer une délégation représentative du CA de Paris 7. Clerici comptait leurs présenter uniquement des personnes enthousiastes pour le projet, c’est loupé. Peut-être seront-ils également accueillis par un « comité de réception »…

5 février 2018. « Cette semaine débute la présentation du projet de fusion des 3 présidents devant les différentes composantes de Paris Diderot. Il s’agit d’une opération de soutien à Christine Clerici pour les prochaines élections mais cela se transforme en une tournée d’adieu. Peut être devrait elle profiter du plan de départ volontaire dont le gouvernement souhaite la mise en place prochaine dans la fonction publique ?

Aujourd’hui avait lieu la présentation devant l’UFR de Physique des 3 présidents dans l’amphi Buffon. Il y avait 36 personnes dont 15 membres de l’équipe présidentielle. Pour information, cette UFR compte 150 EC et 45 Biatss. ne petite salle de la Halle aux Farines aurait suffi….

Question de la salle : « Comment voyez vous l’articulation Facultés, UFR et labos? ». Réponse : « On n’y a pas vraiment encore réfléchi. On pourrait imaginer que les directeurs d’UFR se réunissent en un collège facultaire et décident de l’organisation.On peut imaginer aussi des laboratoire qui ne veulent pas être dans l’UFR mais dans la faculté…

12 février 2018. Communiqué du collectif « Force Faiblesse Opportunité Menace »

1/ Le projet de d’absorption de Paris 7 par Paris 5, pour former l’Université de Paris (sic !) a été présenté en grandes pompes par M. Dardel (Paris 5), Mme Clerici  (Paris 7) et M. Chaussidon (IPGP). Dans le gigantesque amphithéâtre Buffon de Paris 7, on a pu palper le niveau de dépression atteint par nos dirigeants dans leurs menées solitaires et opaques : il y avait là une claque sans enthousiasme composée de 12 membres des équipes présidentielles, 12 opposants notoires et 12 collègues endormis. 36 personnes sur les 7930 universitaires de ces établissements…

2/ Le jury de l’IDEX effectuera une visite du campus de Paris 7, le vendredi 16 février. Mme Clerici a évidemment organisé une visite Potemkine pour éviter au jury de voir l’état de dépression qui affecte la communauté universitaire depuis qu’elle préside l’établissement. Cependant, le jury a exigé de rencontrer deux directeurs d’UFR  qui ne soient pas apparentés à l’équipe présidentielle. Si ces deux directeurs ne seront toujours pas représentants de l’université réelle, c’est à tout le moins un effort louable de la part du jury Idex. Si nous souhaitons être entendus, nous le pouvons encore en nous rassemblant le 16 février à midi sur le parvis de Paris 7. Le pire n’est pas encore sûr.

3/ Pour souligner son niveau de virtualité hors sol, l’université cible a été dotée d’un compte Twitter @UnivParis2019.

4/ Jusqu’ici, les projets portés par les Pieds Nickelés étaient structurellement ineptes : n’importe qui regardant la structure organique de l’établissement cible pouvait y voir l’absence, non seulement de vision, mais aussi de capacité à concevoir un établissement qui soit fonctionnel… On peut constater une forme d’amélioration dans le dernier projet en ceci qu’il tient un peu mieux debout organiquement — tout en piétinant toute forme de subsidiarité et de collégialité par concentration du pouvoir dans les mains du président désigné par les médecins.

5/ Toutefois, le projet n’est toujours pas porté par la moindre vision donnant une identité à l’établissement cible. Plus exactement, il est sous-tendu par le vieux projet d’Axel Khan de créer une grande université où la médecine serait entourée de disciplines de service assurant une recherche à l’interface avec celle-ci. Si ce projet avait été assumé depuis le début, et complété pour former une Université de l’Homme, dotée de sciences politiques, de géosciences appliquée à la gestion du risque, d’un département de mécanique appliquée à l’énergie, de sociologie weberienne, etc, quel beau projet enthousiasmant cela aurait été. Il aurait alors fallu écouter tous les universitaires qui souhaitent conserver leur  activité de recherche et d’enseignement dans leur discipline pour négocier leur transfert vers d’autres regroupements plus propices à leur activité. A l’inverse, nombre d’équipes d’autres établissements auraient souhaité rejoindre cette belle Université de l’Homme. Au lieu de quoi M. Dardel porte un projet étriqué, conçu dans l’opacité, sans envergure, et prenant l’écrasante majorité des disciplines en otage pour les soumettre au joug du secteur santé. Comment a-t-il pu imaginer un seul instant qu’on pouvait d’un trait de plume composer un nouvel établissement entre présidents, sans la moindre adhésion de la communauté universitaire ?

13 mars 2018. Courriel de la liste d’opposition actuelle Ensemble pour d’autres Possibles.

Madame la Présidente, nous venons de recevoir dans nos messageries électroniques la Newsletter Diderot Infos du 9 mars 2018. Nous avons été extrêmement surpris à la lecture de l’article « Une ambition qui répond aux évolutions de l’ESR ». Il y est affirmé que L’Université de Paris verra le jour au 1er janvier prochain dans un contexte de profondes mutations de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Nous sommes très étonnés de cette affirmation péremptoire diffusée dans une lettre émanant de l’Université.

Comme vous l’avez indiqué à plusieurs reprises, que ce soit devant le Conseil d’Administration de l’Université mais aussi dans plusieurs réunions dans les UFR, la création d’une « Université de Paris » ne se fera que si le Conseil d’Administration de l’Université élu le 5 avril prochain le vote. Cet article contredit vos propos précédents. Il induit les électeurs en erreur sur le rôle et les conséquences de leur vote aux prochaines élections.

Cette atteinte à la sincérité du processus électoral ne peut être acceptée. C’est pour cela que nous vous demandons de faire parvenir une lettre rectificative à l’ensemble des personnels de l’Université.

Dans l’attente de votre lettre rectificative, nous vous présentons nos sincères salutations. Michel Habib, Jean-François Mestre, Philippe Ratajczak, Stéphanie Smadja, Marie-José Voisin, élus au Conseil d’Administration de la liste Ensemble pour d’autres possibles.

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