Les quatre silences de F. Vidal

Depuis le 31 mars 2018, nouvelle étape de la procédure d’admission ParcourSup. Les établissements, qui ont été l’objet d’au moins un vœu des élèves candidats à l’enseignement supérieur, ont accès à leurs dossiers, ont jusqu’au 21 mai pour les traiter, et devront faire des propositions à partir de cette date (acceptation ou refus de l’admission). Du 14 au 31 mars, les candidats au SUP avaient à constituer leurs dossiers et à confirmer leurs vœux. Le calendrier

Dans ce contexte, quatre silences de la Ministre Frédérique Vidal ne sont pas admissibles, surtout parce qu’ils émanent de quelqu’un qui a promis la transparence totale de la procédure d’admission.

1. Aucun communiqué sur le bilan de la phase 3 de la procédure (constitution des dossiers et confirmation des vœux).

  • lors de la fermeture de la 2ème étape de la procédure (13 mars), il n’a fallu qu’une journée pour connaître le communiqué d’autosatisfaction de la Ministre : nette augmentation du nombre total de voeux par rapport à 2017. 14 jours après la fin de l’étape 3, aucun bilan n’est publié !
  • Pourquoi ? Que veut-on cacher ? Y aurait-il un pourcentage significatif de vœux non confirmés ?

2. Durant la seconde partie du mois de mars, des choses importantes se sont passées dans les lycées. Niveau zéro de communication sur la question.

  • les professeurs principaux, les conseils de classe, les proviseurs ont-ils formulé les avis que la loi attendait d’eux ?
  • dans quelle proportion de cas, y a-t-il eu refus de formuler des avis, attribution d’un avis favorable pour tous les dossiers, d’un avis négatif (quel %).
  • l’appel au boycott lancé par le FNES FSU a-t-il été suivi ?
  • la fiche Avenir a-t-elle été transmise aux établissements d’enseignement supérieur dans tous les cas ? Son contenu est-il éclairant pour leurs commissions d’examen ? Un échantillon de fiches a-t-il fait l’objet d’une analyse fine ?

3. Les établissements d’enseignement supérieur ont désormais en main les dossiers des futurs étudiants et connaissent ainsi le nombre de vœux qui les concerne

  • L’université Paris 3 a publié le nombre Licence par licence : Sorbonne nouvelle : 37 920 vœux. Educpros a fourni les données pour Paris 5 : comment l’université Paris-Descartes va classer ses 67.000 dossiers
  • Pas d’autre trace d’un document statistique détaillé analogue à celui de Sorbonne nouvelle ! Un tel document aurait déjà dû être publié pour tous les établissements, tout au moins pour toutes les universités. Que veut-on nous cacher ? Le fait que toutes les universités sont inégalement attractives ? que des formations de licence n’intéressent que très peu d’étudiants, que l’offre de formations est pléthorique et donc coûteuse ?

Et pendant ce temps-là, Frédérique Vidal continue son petit bonhomme de chemin et détourne l’attention vers les blocages de fac, les violences et dégradations commises par de rares éléments extérieurs et expliquant l’intervention des forces de police, vers les examens (eh oui, l’année universitaire est déjà terminée !). Elle témoigne de sa compassion pour les présidents dont les universités sont perturbées.

Elle tweete ou est quelquefois relayée par Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’État au Numérique, député La République En Marche dans le 19ème à Paris.

4. Les mouvements en cours dans les universités (des blocages dans moins d’une dizaine d’entre elles) sont une occasion rêvée pour Frédérique Vidal de ne pas communiquer sur le traitement des dossiers étudiants par les établissements. Que s’y passe-t-il ? On ne le sait que pour quelques cas. Un point est sûr : il y aura inégalité de traitement des candidats d’une université à l’autre. Est-ce le prix d’une dite-autonomie ?

  • le 12 avril, l’assemblée nationale a d’ailleurs rendu un fier service à la Ministre. Selon News Tank Higher Education, « les députés ont supprimé l’obligation de publier les règles des algorithmes locaux. Les députés adoptent un amendement du gouvernement lors de l’examen en séance publique du projet de loi Protection des données, en seconde lecture à l’Assemblée nationale. Celui-ci revient sur la disposition votée par le Sénat le 21/03/2018, qui aurait obligé les établissements d’enseignement supérieur à communiquer les règles des algorithmes locaux » utilisés pour classer les candidatures dans Parcoursup ».
  • un exemple : un cas extrême de critère de sélection des dossiers (Université de Lorraine).
  • un autre exemple : pour 80% des formations de l’université de Poitiers, aucun classement des candidatures ne sera effectué : tous les candidats seront positionnés ex-aequo par les commissions d’examen des vœux.

1 commentaire

Classé dans C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), Non classé

Une réponse à “Les quatre silences de F. Vidal

  1. Decanus

    Deux éléments qui peuvent expliquer le silence et même le justifier:
    1) Les lycées ne dépendent pas de ce ministère.
    2) Les universités sont autonomes et il leur appartient de communiquer ou non sur leur attractivité ou leur non-attractivité.

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