La gnomonique et la cathédrale

jeudi 16 août 2018, promenade, à pied et en transports en commun, pour faire découvrir Strasbourg à un neveu, son épouse et leur trois enfants. C’est la première fois qu’ils visitent l’Alsace.

La cathédrale (montée à la tour), la promenade sur la berge de l’Ill vers la Petite France, le barrage Vauban, la passerelle des deux rives, le Parlement européen (fermé).

Rentré chez lui, Matthieu nous a envoyé ce message : « pour se coucher moins bête ce soir, j’ai cherché l’explication des 3 cadrans solaires de la cathédrale. Le premier à gauche donne l’azimut et la hauteur du soleil, celui de droite l’heure du lever et coucher du soleil ». La source : André E. Bouchard, Les cadrans solaires de la cathédrale de Strasbourg, Le gnomoniste, Volume 10, n°1, mars 2003, 6 pages. Ces cadrans solaires sont visibles de nouveau, après restauration (pour plus d’infos, consulter : Le chantier de restauration du bras Sud du transept (2016-2019).

La gnomonique (du grec gnomon, indicateur) est l’art de concevoir, calculer et tracer des cadrans solaires

Cliquer sur les images pour les agrandir

Extraits du texte d’André Bouchard (page 5 et 6).

L’histoire de la gnomonique universelle accorde une place à part à certains sites astronomiques ou à des monuments architecturaux connus pour leurs relations avec le soleil ou avec le changement des saisons. Entre autres exemples, les horloges astronomiques (celle de Venise, Prague, Berne, Padoue ou Strasbourg) en sont des cas intéressants et fascinants, car elles manifestent une harmonisation de l’art, de la science et de l’histoire devant donner des chefs-d’œuvre universellement reconnus. Et souvent elles ont été accompagnées de multiples manifestations moins spectaculaires, mais tout aussi ingénieuses de l’esprit d’invention et de la rigueur de la pensée scientifique, je veux parler de certains cadrans solaires. Ainsi je vais vous présenter un de ces hauts lieux de la gnomonique…

La cathédrale de Strasbourg et ses cadrans. Plusieurs gnomonistes s’y sont intéressés (dont René Rohr qui publia dès 1971, Les cadrans solaires anciens d’Alsace). Pour ma part, à l’été 2001, profitant du fait que ma fille avait été choisie comme stagiaire pour le Québec auprès du Conseil de l’Europe, j’avais décidé de visiter Strasbourg et de découvrir ses cadrans solaires. Même si  je savais que cette partie de la France était déjà bien documentée (je n’avais pas encore lu le livre de Hervé Staub sur les cadrans d’Alsace), j’avais en tête la liste de la quinzaine de cadrans qui sont répertoriés dans la version (1997) du catalogue de cadrans (de la Commission de la Société Astronomique de France)…

Les trois cadrans de Dasypodius sont peints sur la façade sud de la cathédrale en 1572. C’est l’imagination créatrice des artisans du XVIe siècle pour matérialiser leurs réflexions.

Le cadran supérieur est placé au sommet du fronton. Il s’agit d’un cadran vertical déclinant classique.

Les deux autres cadrans. Celui de gauche constitue une petite nouveauté : il permet de lire parfaitement les coordonnées horizontales du soleil, autrement dit sa hauteur et son azimut. On peut y lire une devise, en lettres gothiques : « Veritas temporis filia(m?) »,  » La justesse ou la vérité est la fille du temps (?) ». Le style est constitué par une tige horizontale terminée par une petite boule étoilée. Les lignes verticales, dépourvues de graduation, déterminent l’azimut. Elles sont coupées par une série d’hyperboles dont la courbure diminue de bas en haut pour se terminer finalement par une horizontale, matérialisant la position du soleil à l’horizon.

Le cadran de droite permet de préciser les heures du lever et du coucher du soleil. Il apparaît sous forme de canevas de droites, limitées par deux courbes de déclinaisons, celle du haut correspondant au solstice d’hiver et celle du bas au solstice d’été. Le premier ensemble de droites a son point de départ en haut à gauche par une horizontale, débutant au niveau du scellement du style, ce dernier étant perpendiculaire au plan du cadran, et correspondant à la ligne horaire zéro, correspondant au lever du soleil. Au-dessous, s’échelonnent d’autres lignes droites plus ou moins obliques, orientées de gauche à droite, et portant les chiffres de 1 à 8. Cette mesure correspond aux heures babyloniques qui déterminent la durée écoulée depuis le lever du soleil. Le second ensemble de droites, orienté de haut en bas, est gradué de 11 à 20 heures. Elles déterminent les heures appelées italiques qui se comptent de 0 à 24 heures, entre deux couchers de soleil successifs, donnant donc le temps écoulé depuis le dernier coucher de soleil. Donc pour connaître la durée du jour on fait la somme de l’heure babylonique et de la différence à 24 de l’heure italique.

Pour aller plus loin : chroniques du blog sur la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg.

1 commentaire

Classé dans A. Art médiéval, A. Histoire médiévale, A. Histoire moderne, B. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Ingénierie, E. Sciences

Une réponse à “La gnomonique et la cathédrale

  1. Pour information, les cadrans solaires, comme les autres décors peints du bras sud du transept de la cathédrale de Strasbourg, ont été restaurés par ARCOA sous la maîtrise d’ouvrage de l’État – Direction régionale des affaires culturelles Grand Est.
    Plus d’infos sur le site de la DRAC : http://www.culture.gouv.fr/Regions/Drac-Grand-Est/Actualites/Actualites-archivees/Monuments-historiques/Cathedrale-de-Strasbourg-Le-chantier-de-restauration-du-bras-Sud-du-transept-2016-2019

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