F. Vidal et le maquis des formations

La Ministre Frédérique Vidal, pourtant professeur des universités et ex-présidente de l’université de Nice Sophia Antipolis, découvre enfin que l’offre de formation en 1er cycle est pléthorique, donc illisible pour les futurs étudiants du supérieur, leurs familles, les enseignants des lycées, les conseillers principaux d’éducation, les conseillers d’orientation, les employeurs et les recruteurs, les universités des autres pays.

Cela est pourtant l’évidence : plus de plus de 12 000 formations de premier cycle proposées par APB pour la rentrée 2016. Autant pour ParcourSup en 2018. Problème pour la Ministre : Les étudiants ne sont pas également  armés pour s’orienter dans le maquis des formations.

Que propose-t-elle ? Évidemment : « apporter de la clarté ». Plus facile à dire qu’à faire.

Geneviève Fioraso avait botté en touche en établissant une nomenclature des licences : elle n’a remué que du vent (arrêté du 22 janvier 2014 fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de licence). Résultat : 45 mentions de licence

Comme Geneviève Fioraso, Frédérique Vidal se cassera les dents sur cette question de l’offre de formation en 1er cycle, parce qu’elle ne pense même pas qu’une réforme d’ensemble est nécessaire (mettre fin à une anomalie existant nulle part ailleurs : des formations supérieures – CPGE et BTS – organisées dans les lycées).

La Ministre veut 1. rendre l’offre de formation plus lisible, et en même temps 2. la loi ORE encourage laisse les universités à personnaliser les parcours, et donc de fait à les multiplier (sans que ces diversités locales puissent être portées à la connaissance des futurs candidats à l’enseignement supérieur). Quand la ministre se rendra-t-elle compte que sa position est incohérente ! Simplification et diversification sont contradictoires, sauf si on change de paradigme, voire de logiciel.

1.Discours de Frédérique Vidal, lors de la conférence de rentrée étudiante (25 septembre 2018, Université Paris-Sud, Orsay). « Je souhaite qu’en 2019, nous puissions renforcer encore l’égalité entre les futurs étudiants ». La Ministre a ainsi annoncé trois chantiers. Le premier : Égalité face à l’information :

  • Tous les étudiants ne sont pas également  armés pour s’orienter dans le maquis des formations, identifier celles qui correspondent  effectivement à leur projet et repérer l’offre existante à proximité… Je souhaite que nous puissions avancer sur ce plan, à la fois dans le travail d’accompagnement  à l’orientation et en tirant le plein parti du potentiel de la plateforme, qui doit permettre aux  étudiants de naviguer de manière plus simple et plus intuitive dans l’offre de formation…
    Restaurer l’égalité face à l’information, c’est aussi apporter de la clarté dans une offre de  formation qui ne cesse de s’étoffer et où il devient toujours plus difficile de se retrouver parmi  les cursus, publics ou privés, les diplômes et les différents types de reconnaissance ou de  labels délivrés par l’État ou par des tiers.

2. Loi ORE et arrêté Licence (chronique : la licence et ses boursouflures). Frédérique Vidal : L’objectif est de changer de paradigme. Auparavant les étudiants devaient s’adapter à l’offre de formation. C’est désormais la formation qui doit s’adapter aux étudiants.

Cette phrase prononcée par la Ministre est pour moi révoltante. Source de tous les laxismes (les étudiants sont les rois), elle est un coup de poignard dans le dos des enseignants. De plus, comme le montrent les deux premiers exemples extraits du dossier de presse de la rentrée étudiante, la licence souple renforce les inégalités sociales.

Cliquer sur les images pour les agrandir

2.1. La valeur nationale du diplôme de licence est préservée

2.2. L’accompagnement personnalisé devient la règle…

2.3. Un véritable cadre légal au service de la réussite est mis en place pour les universités

  • Les équipes pédagogiques des universités auront les points d’appui réglementaires leur permettant de faire évoluer les formations qu’elles proposent. Les universités pourront proposer, à côté de mentions génériques de licence, des mentions spécifiques relevant de leur projet d’établissement ou de site, lors de la procédure d’accréditation de leur offre de formation. Au sein d’une même mention, les parcours, seront librement  définis par les établissements et mentionnés à la fois sur le diplôme délivré et dans l’annexe descriptive du diplôme.

Et pour perturber encore plus le tout, l’offre de formation se ballonne de Nouveaux cursus à l’université.

Pour aller plus loin. Chroniques d’Histoires d’universités sur la loi ORE, sur ParcourSup, sur l’Offre de formation.

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