Lille au régime maigre

Plan de redressement 2018-2019 pour l’université de Lille. qui résulte de la fusion, au 1er janvier 2018, des 3 universités lilloises créées au début des années 70, dans le cadre de la loi Faure de la fin 1968. Sur ce blog, depuis 2009, une trentaine de chroniques sur les universités lilloises.

Université de Lille : plus de 67 000 étudiants, 6 300 personnels, dont 3 300 enseignants chercheurs.

Jean-Christophe Camart, président de l’université, à News Tank Higher Education du 29 octobre 2018. « Nous n’avons pas encore absorbé la fusion, dont le coût est de plusieurs millions d’euros. Nous sommes par ailleurs face à une non-compensation de l’État d’une partie du GVT, ce qui nous prépare à un compte financier 2018 qui pourrait être négatif ».

Le nouveau président, par l’intermédiaire du recteur de l’académie de Lille, a demandé en janvier 2018 un audit. Il a été confié à l’IGAENR qui a produit une note d’étape en juillet 2018 et qui visitera de nouveau l’université la semaine prochaine.

La Note stratégique sur la proposition de plan de redressement (6 pages) est une réponse à la note d’étape de l’IGAENR.

Extraits de la note stratégique. Principaux éléments relevés dans la note de l’IGAENR

  • Un taux de masse salariale de 85% donc supérieur au seuil prudentiel de 83% de nos recettes décaissables. Il devrait passer de 85% à 83% ce qui représente 9 M€.
  • Une capacité d’autofinancement et un fonds de roulement trop faibles ne permettant aucune marge de manœuvre. En effet, le fonds de roulement réellement mobilisable est inférieur à 1M€.
  • Un Plan Pluriannuel d’Investissement que nous ne pouvons pas assumer car, pour l’essentiel, il n’est pas fondé sur une analyse ex ante de nos besoins mais sur la simple consolidation de décisions politiques non concertées, prises par les trois conseils d’administration des ex établissements au cours de l’année précédant la fusion (>30M€).

Objectifs généraux : redresser les comptes de l’Université afin d’augmenter la capacité d’autofinancement, le fonds de roulement et en maîtrisant la masse salariale ; augmenter les ressources propres

Redéfinir le Plan Pluriannuel d’Investissement en hiérarchisant les projets et en priorisant, la sécurité, l’accessibilité des installations et le niveau minimum de grands entretiens et renouvellements. Définir les projets PPI à abandonner.

Mettre en place un plan d’économie des dépenses de fonctionnement qui fait appel notamment : étude des externalisations possibles, mesures d’économie sur les dépenses d’énergie, de déplacements, de frais de bouche….

Rationaliser et maîtriser l’offre de formation

  • Inciter toutes les formations de DEUST, de LP et de master à développer l’alternance (apprentissage, contrat pro) pour celles qui le peuvent dans leur domaine et qui ne le sont pas encore (ressources importantes ici pour l’université) et encourager l’hybridation pour les formations, de licence en particulier.
  • Maîtrise de l’offre de formation dans le cadre de notre contrat quinquennal 2020-24. La décision d’une éventuelle fermeture de formation relèvera des composantes
  • Plan de redressement mais « pas de suppression d’emplois »  La non-reconduction de CDD, notamment des postes sur des programmes de recherche aboutis qui n’ont pas vocation à être pérennes. Le non-remplacement systématique de postes qui vont devenir vacants à la suite de départs en retraite, de mutations, de promotions ou de tout ce qui révèle de la vie normale d’une université. Ce cas de figure ne concernera que des postes d’enseignants-chercheurs dont certains seront compensés par des postes d’Ater en 2019-2020.

Augmenter les ressources propres

  • Augmenter les marges dégagées dans différents contrats de recherche.
  • Gagner de nouvelles parts de marché en formation continue et apprentissage (contexte peu propice)

Calendrier. Les différentes actions de ce plan doivent se mettre en place dès son adoption. Elles s’étaleront tout au long de l’année 2018-2019. Les premiers résultats de ces actions doivent pouvoir être intégrés au dialogue de gestion 2019 et dans le budget 2020. Ainsi, ce plan doit nous permettre d’arriver en 2021 avec un rééquilibrage des moyens, les grands indicateurs financiers sur une trajectoire ascendante nous permettant ainsi de retrouver des marges de manœuvre en investissements.

A venir, deux chroniques critiques sur le plan de redressement :

  • Réduire drastiquement le plan pluriannuel d’investissement
  • Réduire drastiquement l’offre de formation

1 commentaire

Classé dans C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), Non classé

Une réponse à “Lille au régime maigre

  1. Relayé dans
    Un coût de plusieurs millions d’euros pour la fusion des Universités lilloises. L’urgent est surement d’accélérer la  » fureur fusionniste  »
    sur https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2018/11/02/un-cout-de-plusieurs-millions-d-euros-pour-la-fusion-des-universitees-lilloises-l-urgent-est-surement-d-accelerer-la-fureur-fusionniste

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.