Université. Ordonnance pour l’hiver

Chronique du 12 octobre 2018. Des rapprochements à la carte

  • « Les formes de regroupement instaurées par la loi Fioraso ne datent que de 2013. La COMUE n’a pas prouvé son utilité (Quand une COMUE part en vrille). L’Association, pourtant prévue par la loi, a été proscrite par la ministre elle-même (chroniques du blog sur les fusions, sur les COMUE). Et voici un avant-projet d’ordonnance en vue de l’expérimentation de nouvelles formes organisationnelles. Le texte explicatif (voir point 2) ne manque pas de culot : le projet partagé est dit plus important que les formes organisationnelles, mais aucune ligne du texte n’est consacrée à son contenu, à son ampleur, à son mode d’élaboration, à sa vraisemblance, à sa sustainability comme on dit aujourd’hui ! »...

L’ordonnance est désormais publiée (JO du 12 décembre 2018). Ordonnance relative à l’expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion des établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Elle est accompagnée d’une explication de texte (rapport au Président de la République).

Cette ordonnance, dont les dangers ont déjà été signalés, fait entrer l’Université dans une dure période hivernale.

Chers lectrices et lecteurs, je vous laisse le soin de découvrir et d’analyser cette ordonnance. Vendredi 21 décembre 2018, un rude et long hiver commence pour l’Université.

Pour ma part, je suis fatigué. Il me reste deux chroniques noires à écrire avant d’hiberner. A demain !

3 Commentaires

Classé dans Non classé

3 réponses à “Université. Ordonnance pour l’hiver

  1. Je ne suis plus à l’université, même si je suis toujours « branché » sur le monde universitaire :
    – d’abord parce que j’ai un contentieux avec l’Université de Poitiers (UP) et on peut le voir sur ma page Facebook (FB) « Transparence sur la vie universitaire à Poitiers » et aussi sur la page « transparence sur la vie universitaire » sur ce site HU.
    – ensuite parce qu’avec 38 ans de parcours universitaire (10 en Algérie et 28 en France), je puis me rendre compte, surtout avec le recul de la retraite, combien la situation universitaire s’est dégradée sur plusieurs points :

    + on est passé d’un système enseignement – recherche, où les profs, déjà titulaires (souvent Agrégés) mettaient leurs savoirs-faire grâce à du faire -savoir pédagogique (même si pas pour tous!). Les thèses d’Etat duraient, mais elles n’obnubilaient pas les profs et ceux-ci concouraient à une bonne formation des étudiants, surtout au moment où l’ascenseur social fonctionnait,

    + à une situation où l’après-68 a déstabilisé le système, ce qui a permis finalement une attaque de ce système, perturbé aussi par l’arrivée plus massive d’étudiants. Et ce sont alors les lois de 84 qui ont mis le ver dans le fruit! Des théoriciens hors-sol, déjà!, ont voulu coller à des systèmes de formations plus courtes (type USA) dans le doctorat avec la vision de faire monter en puissance le nombre de docteurs, pour « être mieux » dans les classements internationaux!
    A noter que cela a aussi sérieusement perturbé toute une série de classes d’âge dont les travaux étaient en cours. Pourquoi? parce qu’avec les doctorats courts institués, certains ont arrêté leur thèse d’Etat qui a été transformée en « nouvelle thèse », d’autres restants dans le système qui correspondait à leur classe d’âge. Cela a aussi favorisé des espèces de manipulations où les 3ème cycle, vite transformés en « nouvelles thèses » avec quelques ajouts (souvent 2 ou 3 articles) ont permis de candidature sur des postes de profs. Avec parfois des hésitations dans les rectorats lors des dépôts des dossiers. Et aussi des doutes dans les collèges universitaires lors des sessions de recrutement ! Mais les dossiers avaient été validés.

    Tout cela se retrouve dans les enseignements où la thèse courte ne favorise pas un champ élargi de connaissances mais aussi de moyens d’analyse. Ainsi, dans des départements, trop de jeunes collègues, issus de l’Ecole Doctorale locale, ont les mêmes formateurs, les mêmes exemples dans les mêmes programmes, et … pour « avancer » (faire carrière) ne veulent pas perdre du temps à faire des cours qui demandent trop d’investissement. Et lors de ma présence à géographie à Poitiers, lors de ma dernière participation à la préparation d’une maquette … on se retrouvait avec 40% de la maquette sur le même thème. Résultat Poitiers a 50 étudiants en géo en première année, et La Rochelle, plus « neuve » sans grosse équipe monopolistique … en a le double : cherchez l’erreur!
    Les UFR sont des unités de FORMATION (en premier!) et de RECHERCHE et pas Unité de formation et de RECHERCHE.

    A noter qu’un ministre « peu classique » Claude ALLEGRE, a voulu bousculer les chose en voulant installer des postes de profs sur les critères ENSEIGNEMENT – GESTION et recherche … vous savez ce qu’il en est advenu, car les conseillers, sont des profs, qui ont des équipe CNRS et des doctorants en RECHERCHE … et cela leur faisait concurrence!!!

    La aussi entre en compte une autre modification = le recrutement avec qualification nationale et recrutement local! Ah la belle bêtise que voilà! Même si elle ne se limite pas à la France. Italianisant, ayant enseigné dans 3 Universités en Italie (Roma Sapienza, Bari Dottoratop et Napoli Orientale) pendant 20 ans, mes collègues se désolaient d’un système voisin qui « pourrissait » la vie des unités! Mon collègue Giovanni PALMENTOLA, de Bari, revenait moralement éreinté par la série de « concours » auxquels il participait.
    Ce n’est pas un hasard si maintenant les italiens mettent en place des structures de choix des candidats, des appels d’offres, … avec obligatoirement des collègues étrangers dans les jurys.
    Cela conduit à une course à) l’échalote entre doctorants liés à un prof! Et donc des dérapages (comme une prof qui faisait surveiller ses examens par « ses » doctorants .. ce qui est plutôt anormal voire illégal …

    Que dire aussi des PEDR qui ont créé des courses aux doctorants, avec des dérives inévitables. Un de nos profs avait une dizaine de doctorants, en hydrologie, climatologie et ressources en eau. Il a eu une PEDR … et comme sa compagne n’en avait pas … ils ont fait un « transfert de doctorants » vers une prof avec thèse sur le textile et reconversion sur le chômage! Et elle a eu une PEDR! Et le transfert s’est bien entendu fait sans aucun problème ni contrôle au sein de l’Ecole Doctorale de la MSHS de Poitiers!!

    Enfin, pour ce qui est des structures, je fais faire un parallèle avec la tectonique des plaques. Je disais à mes étudiants, « les continents sont comme des danseurs d’un ballet qui se regroupent ou s’écartent selon les mouvements, et ici les forces en présence ». Eh bien, pour les facs, pour les équipes, ..; cela a été la même chose. On avait 2 équipes « Méditerranée »- Monde arabe » sur Poitiers et Tours. On avait chacun un DEA, puis nounous a dit, plus d’efficacité et on se regroupe. Mais in fine, avec 2 ou 3 équipes et pôles, comment reconnaitre ce qui est à qui en terme de « performance » (bien entendu mathématique mais pas d’efficacité pour la formation des étudiants) … et hop on sépare. Pour les universités, on a eu droit à des ébauches ou des discussions de rapprochement avec Tours, avec Bordeaux et maintenant c’est avec Limoges!!

    Il n’y a aucune vision à long terme et aucun changement pour de bonnes raisons. On n’évalue rien! Il suffit de l’arrivée de conseillers de tel ou tel type (discipline, université, grandes écoles …) pour que ce groupe voire une personnalité, parfois celle du Ministre … oriente vers une nouvelle donne!

    Et à suivre les débats récents sur les COMUE, les regroupements de tous types (Paris, Lyon, etc …) tout cela ne va pas obligatoirement dans le « bon sens », avec la signification de « formation des professionnels de demain » et pas uniquement des universitaires ou pas uniquement des professionnels hors enseignement!

    Tout cela, en dehors de la conservation d’un cours de première année et d’un TD de première année, m’a conduit à travailler jusque dans 9 diplômes professionnels (MST, Licence Pro, Masters ) en Géo, histoire, histoire de l’art (patrimoine et risques), médiations (sur les risques), licence pro sécurité civile à l’IUT de Niort, risques naturels associés aux risques industriels à l’IRIAF sans oublier la MST eaux et sols avec mes collègues de Sciences de la Terre. ET QUEL PLAISR DE TRAVAILLER EN EQUIPE (et je dois le reconnaître, le plus souvent en Sciences).

    Enfin, sans le traiter à fond, je soulèverai un problème qui est celui des doctorants et de leur avenir. Que de gâchis et de non respect des jeunes … mais cela n’est pas nouveau, et j’ai connu en Algérie des collègues, surtout de Sciences, qui avaient été lancés en Thèse parce que le prof avait besoin de « main d’oeuvre » pour ses contrats et ensuite …. pas de préparation à autre chose, et pas de postes pour tout le monde …. triste illustration du carriérisme de certains profs!!! Et dire que 68 a soit disant supprimé les mandarins … pour des chefs souvent moins qualifiés et moins regardant sur l’enseignement et surtout sur l’avenir de  » leurs » étudiants!

    On ne peut agréger les qualités de l’équipe en faisant des individualismes!

  2. Pingback: Revue de presse – 07/01/2019 – Alternative

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.