Études supérieures moins rentables

Arnaud Dupray, Christophe Barret, Que gagne-t-on à se former ? Zoom sur 20 ans d’évolution des salaires en début de vie active, CEREQ Bref, n°32, 2019, 4 pages.

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Des études supérieures toujours rentables, mais moins qu’avant

« Le rapport entre le salaire médian des diplômés de grandes écoles, qui obtiennent les plus hauts niveaux de rémunérations, et celui des non-diplô­més ou titulaires d’un brevet seul, est passé de 2,4 à 1,9 en 18 ans (pour les actifs occupés à 5 ans), signalant un tassement de la hiérarchie des salaires en fonction du niveau de diplôme. Si l’on s’en tient aux diplômes universitaires, le facteur multiplica­tif entre le salaire médian des titulaires d’un 3ème cycle – master, M2 ou doctorat – et celui des déten­teurs d’un bac général est passé de 1,7 à 1,45″…

… « Au total, les disparités salariales en fonction du niveau de diplôme après cinq ans de vie professionnelle sont moins marquées qu’elles ne l’étaient presque deux décennies auparavant. Le manque de perspectives économiques des entreprises pèse sur les évolu­tions salariales, tandis que la législation sur le salaire minimum assure une certaine progression des plus bas salaires. Par ailleurs, l’alimentation du marché du travail en main d’œuvre de plus en plus diplômée affecte plus directement les salaires des sortants du supérieur. Ainsi, le gain à court-terme escompté des études supérieures ne semble plus à la hauteur de ce qu’un jeune pouvait en attendre à l’orée des années 1990.

Cependant, ce gain se retrouve dans l’accès à l’emploi. La sensibilité au diplôme du taux d’emploi (même mesuré à 5 ans) paraît s’être en effet considé­rablement accrue : plus de la moitié des non-diplô­més sont sans emploi en 2015, pour seulement 5 % des diplômés de grandes écoles, soit un différentiel de 45 points contre seulement 28 points, près de deux décennies auparavant. Un aspect de plus en plus prégnant de la valorisation du diplôme se situe donc dans l’accès et le maintien dans l’emploi, l’aspect salarial n’intervenant que dans un second temps.

Les disparités des débuts de vie professionnelle selon le niveau d’études initiales doivent donc être examinées à l’aune du constat d’un resserrement des salaires de ceux qui ont un emploi, et d’un accroissement des inégalités des chances d’en obtenir un ».

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