Rose Valland, 30 ans en 1928

Paradoxe. C’est en 1941, sous l’occupation allemande, que Rose Valland obtiendra enfin un travail stable et un statut dignes de ses compétences en Histoire de l’Art. Elle n’était, durant les années 30, qu’une travailleuse bénévole.

Après son rôle décisif et internationalement reconnu dans la récupération des œuvres d’art spoliées par les Nazis, elle bénéficiera après-guerre de plus de considération de la part de la France !

Travailleuse précaire devenue Femme d’exception. Une trajectoire inouïe.

Entre les deux guerres, Rose Vallant suit des formations supérieures, obtenant plusieurs diplômes prestigieux dans le champ de l’Art. Et pourtant, elle ne parvient pas à obtenir un travail rémunéré stable. En 1932 (elle a 34 ans), elle ne devient qu’attachée bénévole à la Galerie du Jeu de Paume.

Jeune femme, née en province, fille d’un artisan maréchal-ferrant, et ne cachant pas dès les années 20 son homosexualité : quatre handicaps pour une mobilité sociale ascendante et pour l’obtention d’un poste correspondant à la formation dans le monde de l’Art parisien, des Musées publics.

39 photos prises lors de la conférence d’Emmanuelle Polack, Rose Valland sur le front de l’art (1940-1944), organisée par Denise Borlée et Hervé Doucet, ARCHE, Faculté des Sciences Historiques, Strasbourg, 5 mars 2019.

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Biographie de Rose Valland. Les années de formation et le travail bénévole (citations de Wikipédia).

1898. Rose Valland naît le 1er novembre à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs (Isère). Elle est la fille unique de François Valland, charron et maréchal-ferrant, et de Rosa Maria Viardin. Elle peut suivre des études grâce à sa mère, qui demande des bourses pour sa fille.

1914-1918 (16-20 ans). Elle entre à l’École normale d’institutrices de Grenoble dont elle sort en 1918.

1918 (20 ans). Douée en dessin et encouragée par ses professeurs, elle part suivre les enseignements de lÉcole nationale des beaux-arts de Lyon dirigée par Henri Focillon. Elle s’y fera remarquer et obtient de nombreux prix.

1922 (24 ans). Elle entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Elle réussit ensuite le concours du professorat à l’enseignement du dessin, 6e sur plus de 300 candidats.

Années 1920. Elle suit des cours d’histoire de l’art à l’Ecole pratique des hautes études, à lEcole du Louvre et à l’Institut d’Art et d’Archéologie.

Étudiante du byzantiniste Gabriel Millet, elle soutient son diplôme des Hautes Études sur Aquilée ou les origines byzantines de la Renaissance portant sur les fresques du XIIe siècle de la crypte de la Basilique patriarcale d’Aquilée en Frioul-Vénétie julienne. Elle fera publier cette recherche en 1963.

1931 (33 ans). Elle soutient son diplôme de l’École du Louvre sur l’évolution du mouvement de l’art italien jusqu’à Giotto.

À l’Institut d’art et d’archéologie de l’université de Paris, elle obtient les trois certificats d’études supérieures d’histoire de l’art moderne, d’archéologie médiévale, et d’archéologie grecque, qui constituent le diplôme d’art qui, combiné avec sa thèse du Louvre, lui donne une licence spéciale d’histoire de l’art et d’archéologie.

Elle voyage en Italie et probablement en Allemagne, dont elle parle la langue, sans pourtant l’avoir jamais étudiée durant sa scolarité.

1932 (34 ans). À partir de 1932, elle devient Attachée bénévole au musée des peintures et sculptures étrangères de la Galerie nationale du Jeu de Paume aux Tuileries. Elle s’y occupe du catalogue des collections du musée, puis travaille à la réalisation d’une quinzaine d’expositions internationales et à leur catalogue. Elle écrit également de nombreux articles dans des revues d’art et des journaux.

1940 (42 ans). A partir du 30 octobre, à la demande du directeur des Musées nationaux, Jacques Jaujard, elle demeure en activité au Musée de Jeu de Paume, officiellement comme attachée de conservation, officieusement chargée par Jaujard de lui rendre compte des agissements des Allemands qui viennent de réquisitionner le musée pour y stocker les œuvres d’art spoliées à des collectionneurs privés.

1941 (43 ans). Rose Valland est enfin salariée et titularisée…

1968 (70 ans). Elle prend sa retraite…

1980 (82 ans). Elle meurt en septembre à Ris-Orangis. Elle est enterrée avec sa compagne, Joyce Heer, dans son village natal de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, où un collège porte son nom.

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