Europe. Projet de navigation fluviale

Strasbourgeois, je me promène souvent le long du Rhin. J’aime voir les bateaux ou les convois entrer et sortir des écluses, être impressionné par la violence du courant lors des crues, comprendre le parcours des passes à poisson…

Passe à poissons de Gambsheim sur le Rhin

Strasbourg est le siège de CroisiEurope, leader européen de la navigation fluviale de tourisme. J’ai eu la chance de voyager avec cette compagnie familiale sur trois grands fleuves européens : le Rhin, le Danube, le Rhône. Pourra-t-elle proposer un jour une croisière Méditerranée – Mer Noire, ou Méditerranée – Mer du Nord ?

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Aujourd’hui, l’Europe n’a pas de projets de navigation fluviale de dimension continentale, projet global, associant transport de matières (en vrac ou en container) ou de personnes, électricité verte produite par des barrages, irrigation raisonnée, performance des bateaux, installations portuaires (plates-formes multimodales), l’ensemble réduisant fortement la pollution et protégeant la biodiversité.

Péniche redémarrant pour sortir d’une écluse

Ne pourrait-on débattre de tels projets à l’occasion des élections Européennes, projets à réaliser sur plus d’une décennie, nécessitant plusieurs dizaines de milliards d’euros et porteurs de très nombreux emplois.

Pour atteindre la dimension continentale, un canal à grand gabarit devrait exister sur l’ensemble des parcours entre Mer du Nord, Méditerranée, Mer Noire. Le verrou est actuellement le canal du Rhône au Rhin, construit selon la norme Freycinet (loi du programme de Charles de Freycinet,

  • Le Canal Seine-Nord Europe, en cours de construction, sera « au gabarit européen, ce qui devrait permettra d’accueillir des convois-poussés de 185 m x 11,40 m, pouvant contenir l’équivalent de 200 camions ».

Le point sur Rhône-Rhin : un excellent article de Raymond Woessner, Géoconfluences (28 janvier 2019), Le projet de canal à grand gabarit entre le Rhône et le Rhin : un conflit sans fin entre ses promoteurs et ses opposants ?

« Le creusement d’un canal à grand gabarit Rhin-Rhône est un serpent de mer des politiques régionales de transport. Il est aussi un bon exemple de la manière dont un projet d’aménagement peut faire l’objet d’un conflit d’acteurs à l’échelle régionale, face à un État français peu interventionniste sur ce sujet et malgré l’intérêt d’un tel projet à l’échelle européenne. Il montre en outre que la notion de système géographique multiscalaire est indispensable à une analyse qui se veut scientifique.

« De l’avis général, le grand canal Rhin-Rhône est un très beau spécimen de « sédimentation » des discours et de « glaciation » des décisions », écrit François Corbier (1999). Apparu dès les années 1950, ce projet aurait dû se concrétiser en 1997 avant que l’État n’y renonce in extremis. Les projets successifs s’inscrivent dans un jeu d’acteurs des « anti » et des « pro » où, finalement, les données objectives sont instrumentalisées par les convictions des uns et des autres. Il en résulte une situation conflictuelle qui témoigne de visions antinomiques de la nature et des patrimoines, mais aussi d’un futur économique que l’on attend avec impatience… ou que l’on craint ! »… Lire la suite de l’article…

Chronique à venir : la Compagnie de Navigation sur le Rhône (croisière CroisiEurope Lyon-Arles-Lyon).

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