Paris-Est, une COMUE moribonde

Université Paris Est (UPE) est une COMUE moribonde qu’il faudrait aider à mourir. Dans ce contexte, le rapport d’évaluation du Hcéres (mai 2019) n’est pas courageux. Pour les membres du comité d’évaluation, la COMUE n’est pas moribonde ; elle est à la croisée des chemins !

  • Critique du rapport d’évaluation dans la seconde partie de cette chronique : analyse de 4 extraits du rapport.

Il y a trop longtemps que l’Université Paris-Est est paralysée : quel chemin choisir ? La mort de la COMUE est une condition pour fonder un autre regroupement, fût-il une abomination : l’université Gustave Eiffel. Ce serait mieux de dire clairement quel est le projet prioritaire :

  • réussir l’université Gustave Eiffel, synonyme de la mort de Paris-Est Marne-la-Vallée ?
  • maintenir la croyance en une coopération possible entre les deux universités (Marne-la-vallée et Paris 12 Créteil) sur la thématique Ville / Santé ?
  • maintenir une Comue moribonde pour maintenir les emplois ou la fermer dans les meilleurs délais pour économiser l’argent public et dans le respect des droits des salariés ?

Les pièces du dossier

1er extrait du rapport. Le positionnement et la stratégie institutionnels de l’établissement. Une Comue à la croisée des chemins (page 10) ; un manque de lisibilité des missions de la Comue (page 11).

« Préciser les missions de la Comue et accélérer la conception et la mise en œuvre du modèle économique associé paraissent des priorités aux yeux du comité.

Le positionnement initial du Pres puis de la Comue avec le transfert du doctorat à la Comue et la signature commune université Paris-Est avait pour objectif de créer la marque « université Paris-Est » afin de positionner UPE dans les classements internationaux. Suite au virage stratégique de 2016, après l’échec de l’Idex et la réussite de l’I-Site, la délivrance du diplôme de doctorat va revenir dans les établissements et la signature commune est donc abandonnée avec l’objectif de positionner UPE dans les classements internationaux.

Ce nouveau positionnement marque une inflexion, la stratégie institutionnelle de la Comue qui ne se situe clairement plus dans un objectif de visibilité internationale. Les membres de la Comue n’ont d’ailleurs pas choisi de lui déléguer une mission internationale, la Comue ne représentant pas ses membres à l’étranger ni dans les contacts internationaux. Le positionnement relatif sur le plan régional et national est lui aussi peu abordé par les acteurs du site et laisse une grande place à une analyse et une activité locales« .

Lire la suite sur l’illisibilité des missions (paragraphes 3 et 4)

2ème extrait. Incorrigibles optimistes ou naïfs, les membres du Comité d’évaluation pratiquent la méthode Coué (page 32 du rapport).

  • « Malgré le contexte du projet de l’université Gustave Eiffel, et le portage à terme de l’I-Site par celle-ci, malgré les incertitudes qui planent sur le degré d’adhésion de certains membres au projet reconfiguré, et en dépassant les obstacles que les récents changements de gouvernance ont mis sur la route du projet commun, le comité considère que c’est dans un rôle fédérateur d’animation et de coordination de la réflexion sur les futurs appels à projet, et singulièrement à l’interface ville / santé, tant en recherche qu’en formation, que la Comue pourra construire son identité et faire valoir une expertise reconnue.
  • Si les acteurs suivent cette voie, un socle minimal de moyens sera nécessaire à la concrétisation d’une telle ambition, et devrait alors permettre de commencer à écrire l’histoire de ce que sera la Comue UPE de demain ».

3èm extrait. Les 12 recommandations (page 34 du rapport) : lire les injonctions et se permettre d’en rire !

  • Clarifier le projet collectif en tenant compte de la création de l’université Gustave Eiffel qui portera l’I-Site.
  • Préciser les missions de la Comue et analyser leur plus-value dans une optique de non dispersion des actions et des moyens.
  • Accélérer la conception et la mise en œuvre du modèle économique associé ainsi que des outils de pilotage nécessaires au développement des missions.

La liste des 12 recommandations

4ème extrait du rapport. Réponse  de Philippe Tchamitchian (20 mai 2019), pages 38 et 39. Elle devrait être publiée un jour dans une anthologie des réponses présidentielles qui clôturent les rapports d’évaluation. Elle est flatteuse pour le comité, écrite dans un langage onctueux comme une excellente pâtisserie, se surpassant pour rester dans l’approximation, cumulant de belles propositions floues. Il s’agit de ne fâcher personne.

Mais sur le fond, la réponse est à la limite de la provocation. Le président de la COMUE (notice biographique) aurait tout aussi bien pu dire :

  • « Vos 12 recommandations, je m’en fous. Ce qui compte pour moi, c’est de devenir le patron d’un regroupement expérimental prévu par l’ordonnance du 12 décembre 2018 relative à l’expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
  • Les trois premières recommandations sont au cœur du projet d’écriture de nouveaux statuts, élaborés en s’appuyant sur les possibilités ouvertes par l’ordonnance du 12 décembre 2018 et qui devraient être prêtes à la fin de l’année en cours.
  • A plus long terme, elles s’inscrivent dans la volonté des établissements de redéfinir une politique de site affirmée sur l’Est francilien, coordonnée par une Comue qui offre une espace d’élaboration politique et exerce une fonction de représentation ».

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