Mathias Grünewald : 4 crucifixions

Le musée des Beaux-Arts de Karlsruhe (Staatliche Kunsthalle Karlsruhe) possède de très riches collections de peintures, du moyen-âge à nos jours.

A. Vierges à l’enfant

  • Maître Souabe, Marie allaitant le Christ, 1503
  • Marie Ellenrieder, Vierge à l’enfant, copie d’un original de Raphaël, 1831

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B. Crucifixion

C. Lamentation sur le Christ

  • Hans Burgkmair, Lamentation avec  Saint Sigismond et un donateur agenouillé, vers 1515.

  • Bernhard Strigel, Lamentation vers 1520
  • Maitre Hollandais, Lamentation vers 1520-1530
  • Eugène Delacroix, Lamentation, 1857

« Le Retable de Tauberbischofsheim est une œuvre de Matthias Grünewald —, réalisée vraisemblablement entre 1523 et 1525. « Il se compose d’une Crucifixion et d’un Portement de Croix, qui constituaient à l’origine les deux faces d’un même retable d’autel peint sur bois. Le panneau a été divisé en deux dans l’épaisseur du bois lors de sa première restauration en 1883, afin de permettre son exposition dans un musée. Depuis 1900, les deux œuvres, désormais séparées, sont exposées à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe »…

4 crucifixions de Grünewald : photos et explications

« La Crucifixion du Retable de Tauberbischofsheim reprend un sujet qui hante l’œuvre de Grünewald et se retrouve dans trois autres tableaux, d’une conception similaire, et caractéristique du peintre. En l’absence de toute documentation, la datation relative des quatre panneaux continue de faire débat, selon que l’on considère l’ensemble comme présentant une progression continue et cohérente des effets pathétiques — ce qui placerait au premier rang chronologique la Crucifixion de Bâle, où l’idéalisation des effets héritée de la tradition gothique est la plus marquée —, ou que l’on procède par comparaison des différents motifs picturaux apparaissant dans les tableaux, pour établir une chronologie à partir des innovations successives. Il n’en reste pas moins que la place de la Crucifixion de Karlsruhe après le Retable d’Issenheim, à la fin de la carrière de Grünewald, fait consensus.

Grünewald simplifie donc la composition du Retable de Tauberbischofsheim pour la réduire à trois personnages. Il abandonne en outre pour ce tableau tous les attributs à valeur allégorique présents dans le Retable d’Issenheim, comme le pot d’onguent à côté de Marie-Madeleine, et, devant Jean-Baptiste, l’Agnus Dei portant une Croix, et dont le sang coule dans un calice.

Cette simplification de la composition s’oppose donc non seulement aux choix précédents de Grünewald ainsi qu’à l’évolution générale de l’histoire de l’art au tournant du XVIe siècle, mais traduit également une maturité picturale qui avait déjà trouvé son expression dans la Crucifixion d’Issenheim réalisée entre 1512 et 1516. Le peintre concentre ses effets sur le pathétisme quasi irréel de la scène en mettant en valeur, sur un arrière-plan sombre suggéré de façon quasi abstraite, l’attitude éplorée des deux témoins en symétrie, la monumentalité du Christ — dont la taille est supérieure à celle des deux autres personnages, qui allonge des bras démesurés par rapport à son buste trapu, présente une tête massive, des doigts et des pieds énormes — et les preuves sordides du martyre — peau tavelée et ensanglantée, thorax déformé, pieds tuméfiés, etc.

Il reprend néanmoins de la Crucifixion de Washington le large périzonium déchiqueté qui vient faire écho aux épines criblant le corps du Christ, à sa couronne surdimensionnée, ainsi qu’aux plis des vêtements des deux témoins et aux déchirures de celui de saint Jean. La Croix diffère également d’un tableau à l’autre : alors qu’elle est droite et perpendiculaire dans la Crucifixion de Bâle, sa poutre supérieure s’incurve légèrement dans celle de Washington, et franchement dans celle de Karlsruhe, à mesure également que le travail du bois se fait de plus en plus grossier ».

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