La carrière du Cardinal Dubois

Guillaume Dubois (1656-1723) naît à Brive-la-Gaillarde, dans une famille d’édiles municipaux. « Son père, Jean Dubois, docteur en médecine (apothicaire selon certains) est édile municipal. Sa mère est Marie de Joyet de Chaumont. Son frère aîné, né en 1650, devint maire perpétuel de Brive. Un frère cadet, né en 1665, devint abbé de Caunes » (source Wikipédia).

Guillaume n’a ni ascendance noble, ni fortune foncière, ni réseau à la Cour. Sa carrière professionnelle ne pouvait donc passer que par l’acquisition d’un capital éducatif : il le rentabilisera rapidement par l’exercice d’une mission éducative-clé (préceptorat du futur duc d’Orléans). Par là, il se constituera un solide réseau politico-religieux, en dépit de rumeurs malveillantes et de cabales dont il sera l’objet tout au long de sa vie.

L’efficacité qu’il démontrera dans l’exercice de charges politiques importantes (négociation de la triple Alliance en 1717, de la quadruple Alliance en 1718-1720) seront récompensées par des prébendes de plus en plus importantes.

Quand le cardinal Dubois meurt en 1723 (à l’âge de 67 ans), au faîte de sa puissance politique, le Président Hénault, conseiller au Parlement de Paris (en 1705), président de la Première Chambre des enquêtes (en 1710), membre de l’Académie française (élu en 1723), écrit (source : Le cardinal Dubois. Le génie politique de la Régence, par Alexandre Dupilet, Tallandier, 2015, page 332).

« Sur les cinq heures après-midi, la mort vient mettre fin à ce spectacle et à celui qu’offrait au monde depuis quatre ans, l’ambition démesurée de Guillaume Dubois

  • ci-devant précepteur de M. le duc d’Orléans
  • cardinal-prêtre, archevêque-duc de Cambrai, prince de l’Empire, comte du Cambrésis
  • abbé de Saint-Just, de Nogent-sous-Coucy, de Bourgueil, d’Airvault, de Cercamps, de Bergues-Saint-Winoc et de Saint-Bertin
  • principal et Premier ministre d’État, ministre et secrétaire d’État ayant le département des Affaires étrangères, Grand maître et surintendant général des courses, postes et relais de France,
  • un des quarante membres de l’Académie française, membre honoraire de l’Académie royale des sciences et de celle des Inscriptions et belles-lettres,
  • élu par les prélats et autres députés à l’assemblée générale du clergé de France pour en être premier président ».

On peut le dire : à nos yeux de contemporains mais aussi à l’époque, c’est une fort belle carrière. Estimation de sa fortune en 1723 ? « 500 000 livres, voire seulement 300 000 », selon Alexandre Dupilet (op. cité, page 33) ; ce n’est pas une somme extraordinaire à l’époque.

Deux chroniques à venir

  • le Cardinal Dubois, 30 ans en 1686 dans la série : « Elles/ils ont eu 30 ans en…« 
  • en quoi consiste le préceptorat dans les familles nobles, à l’ère moderne ?

1 commentaire

Classé dans A. Histoire moderne, C. Ile-de-France

Une réponse à “La carrière du Cardinal Dubois

  1. Merci ! un natif de Brive… la Gaillarde. On connaît mieux Georges Brassens…et sa halle à Brive

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