Ville libre d’Empire (1280 à 1803)

Escapade à Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg) pour visiter les deux musées Würth. Au final, la découverte inattendue de l’histoire…

  • millénaire d’une ville moyenne au cœur de l’Europe,
  • d’une ville libre d’Empire pendant plus de 500 ans (Strasbourg ne fut Ville d’empire que jusqu’en 1681),
  • de la Réforme (de certains de ses partisans – Johan Brentius, Melchior Hoffman – ou opposants – Jakob Meyer),
  • des guerres menées par Charles Quint (capitulation de la ville en 1546),
  • de la Guerre de 30 ans (1618-1648),
  • de l’incendie de la ville (1728) et de la reconstruction…

Cette histoire  est incomplète, limitée à la période de la ville libre d’Empire (1280-1803)… et à ce que j’en ai vu, photographié et ensuite documenté.

De 1280 à 1803, Schwäbisch Hall a eu le statut de ville libre d’Empire. Sources principales des citations de la chronique : Histoire de Schwäbisch Hall (Wikipédia), Images de l’histoire de la ville (Archives de la ville).

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1280. « L’arbitrage de Vienne prononcé par Rodolphe 1er de Habsbourg met fin aux conflits d’intérêt et aux querelles de pouvoir entre les comtes de Limpurg, les Hohenstaufen et la ville qui devient une Ville libre d’Empire. Les couches dominantes de la ville à cette époque sont représentées par la noblesse urbaine issue des ministériels staufiens et par les bourgeois roturiers qui ont acquis peu à peu leur place dans la nouvelle organisation urbaine ».

À partir du XIVe siècle, « la cité impériale devient de plus en plus riche grâce au commerce, à l’atelier monétaire, et aux salines ».

1340. « L’empereur Louis IV le Bavarois fait apporter quelques modifications à la Constitution de Schwäbisch Hall : un magistrat ou conseil dirigé par un Stättmeister, un doyen, douze nobles, six bourgeois de moyenne condition et huit artisans gèrent la ville libre ».

1509-1512. « Seconde discorde » : fin de la prédominance des nobles dans la gestion des affaires de la ville. Celle-ci est désormais gouvernée et dirigée par des  bourgeois de plus en plus éduqués, possédant une formation universitaire. Plusieurs familles deviennent des petites dynasties locales qui se transmettent les offices et charges de manière quasi héréditaire ».

1509. « La fontaine à poissons est créée par l’architecte de l’église Haller Konrad Schaller (source Wikipédia). Les trois hauts reliefs en pierre sont de Hans Beuscher. Ils montrent trois la lutte contre un monstre : saint Michel combattant le dragon, saint Georges le Lindwurm et Samson le lion ».

Hans Beuscher. Wappensten vom Haller Unterwöhrdtor

1517. Les 95 thèses de Luther (source Herodote.net). « Le 31 octobre 1517, un moine allemand affiche sur la porte de son église, à Wittenberg, en Saxe, un texte dans lequel il dénonce les scandales de l’Église de son temps. Sans s’en douter, Martin Luther, ce faisant, va briser l’unité de l’Église catholique et jeter les bases du protestantisme ».

1516-1528. Jakob Meyer zum Hasen (1482-1531) a été « maire de la ville de Bâle de 1516 à 1521 (source Wikipédia). Dès 1516, il est en contact avec Hans Holbein le Jeune. En 1525, il lui commande un grand tableau représentant une Schutzmantelmadonna, une Madonne qui abrite les fidèles sous son manteau, cette attitude symbolisant la protection de Marie. Jakob Meyer est représenté avec sa famille en tant que donateur (l’œuvre sera retouchée par Holbein en 1528). A cette époque, Meyer était à la tête du parti catholique à Bâle. La commande a été considérée comme un acte provocateur contre la Réforme ». Œuvre de la Collection Würth, exposée dans la Johanniterkirche de Schwäbisch Hall.

1522-1533. « Le réformateur Johan Brentius (1499-1570) n’est pas né à Schwäbisch Hall, mais la ville lui a offert l’asile et les conditions favorables au développement de ses thèses réformatrices (source : Wikipédia). C’est lui qui organise l’Église luthérienne dans le duché de Wurtemberg, et réorganise l’université de Tubingen« .

Brentius œuvre à l’introduction de la Réforme luthérienne à Schwäbisch-Hall (1522-1533). La cité lui doit l’ordonnance ecclésiastique halloise : elle reconnaît au magistrat, donc au gouvernement autonome d’une ville libre, le droit épiscopal : il surveille la paroisse comme le ferait un évêque dans l’église catholique. La communauté des croyants s’organise de manière autonome et veille elle-même à la discipline interne ».

1523-1543. « Melchior Hoffman est né à Schwäbisch Hall avant 1500 (source Wikipédia). Attiré par les enseignements de Luther, il se présenta en tant que prédicateur laïc , associant voyages d’affaires et mission religieuse. Il travailla comme prédicateur laïc dans les villes de Wolmar (à partir de 1523), Dorpat et Reval. À Dorpat, il fut impliqué dans une révolte iconoclaste et les magistrats l’obligèrent à se rendre à Wittenberg pour obtenir l’approbation de Luther de sa prédication »…

1541. « La ceinture forestière frontalière entoure l’ensemble du territoire de la ville à des fins de protection, mais aussi pour marquer sa souveraineté sur le terrain de manière visible et physique. Elle a une longueur d’environ 200 km. En 1541, l’empereur Charles Quint autorise la ville libre à terminer, réaliser et consolider la ligne défensive ».

1546. « Schwäbisch Hall rejoint la Ligue Schmalkaldic en 1538 après une longue hésitation (source Archives régionales). Lorsque la guerre éclate finalement en 1546, la ville envoie 400 hommes à l’armée ; beaucoup meurent de faim et d’épidémies ; la ville capitule. Le 16 décembre, l’empereur Charles Quint s’installe avec 20 000 soldats. Il gracie la ville, mais réclame une amende de 60 000 florins et la prise en charge des frais. Le 23 décembre, l’empereur et son armée se retirent à Heilbronn ».

1548. « Hostile à l’Intérim d’Augsbourg, Johan Brentius est contraint de quitter Hall pour éviter d’être arrêté par les troupes espagnoles.

1559. Avec la grande ordonnance de 1559, Brentius met en œuvre la transformation d’établissements religieux catholiques en écoles secondaires. Les bâtiments de vie du couvent des Franciscains présents dans la ville depuis le XIIIesiècle sont confisqués pour créer une école dite latine ».

1570 et 1586. Les constructions les plus anciennes à côté de l’église Saint-Michel : l’hôtel Adelshof et la maison Büschler, 1570, l’hôtel Adler 1586.

1618-1648. « La ville connaît dès les débuts les méfaits de la guerre de Trente Ans. Elle perd 20 % de sa population à cause de la guerre, mais aussi de la famine et des épidémies meurtrières ».

1728. « Le grand incendie du 31 août met fin au paysage urbain séculaire de Schwäbisch Hall en lui enlevant l’église Saint-Jacques, le couvent des Franciscains, l’ancien hôtel de ville avec ses arcades, la maison des salines et la maison de la chancellerie. La place du marché au sel ne sera pas restaurée si bien que la place du marché en contrebas de l’église Saint-Michel devient la place symbolique et le lieu de rencontre de la ville ».

1728-1735. Les premiers plans de reconstruction ont été créés en septembre 1728 (source Wikipédia). « Johann Philipp Meyer (1679-1735) propose le site de la ruine de Saint-Jacques comme chantier de construction d’un nouvel hôtel de ville, de manière à ce que la place de l’église puisse être utilisée à l’avenir comme marché. Pour la reconstruction, le duc Eberhard Ludwig demande alors au maître d’œuvre du Württemberg, Johann Ulrich Heim (1668-1737), un plan de développement qui préserve les ruelles médiévales ».

La mairie a été construite par son neveu de ce dernier, le maître d’œuvre Eberhard Friedrich Heim (1703-1739), et par son maçon Johann Maur Arnold. La première pierre de la construction est posée le 31 août 1731. En novembre 1733, la construction est achevée jusqu’au toit. L’inauguration solennelle a lieu le 18 juin 1735″.

Conclusion. « La ville impériale libre de Schwäbisch Hall fut gouvernée pendant un demi-millénaire par un magistrat qui avait à sa tête Städtmeister.

Concernant Schwäbisch Hall, la confrérie des sauniers et les négociants ont joué un rôle majeur dans l’histoire locale. De même, étant donné le passage à la Réforme protestante, la ville nommant le ministre du culte (ou prédicateur) auquel on accorde le droit de bourgeoisie. De plus, Schwäbisch Hall jouissait du droit de battre monnaie.

Le magistrat (ou Conseil de la ville) était composé de 24 membres qui cumulaient souvent les mandats. Trois membres du magistrat, dénommés conseillers secrets appartenaient au Petit Conseil qui était chargé de la politique budgétaire et des affaires étrangères avec le chef de la ville-état. Les assesseurs ou conseillers aux magistrats étaient des juristes au nombre de six dont trois avaient la fonction d’avocat du magistrat ».

1803. « Avec l’Acte de Médiation octroyé à l’Empire par Napoléon Bonaparte, Schwäbisch Hall perd sa relative indépendance et passe au nouveau royaume de Wurtemberg« .

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