Richarde fonde l’abbaye d’Andlau

A l’occasion de la mise en place de la nouvelle statue de Sainte Richarde à Saint-Pierre-le-Vieux (chronique précédente), republication de la chronique de mai 2005 sur l’abbatiale Sainte-Richarde à Andlau.

880. Abbaye de chanoinesses fondée par Richarde de Souabe, épouse de l’empereur Charles le Gros. La légende de Richarde : le lieu pour l’abbaye est désigné par une ourse.

P1280496Cliquer sur les images pour les agrandir

1045. Un incendie détruit l’édifice primitif. Reconstruction dans la seconde moitié du siècle. De passage en Alsace, Léon IX, pape de 1049 à 1054, canonise Richarde et ordonne le transfert des cendres dans l’église en construction.

Crypte. Elle s’étend sous un chœur à chevet plat et sous la croisée du transept. Elle se compose de deux parties d’époques différentes. La crypte occidentale (vers 1050) remonte au début de la reconstruction. De plan carré, elle comprend trois vaisseaux d’égale hauteur et largeur, de trois travées chacun, recouverts d’arêtes, avec pilastres aux murs et quatre colonnes monolithes au centre. Les chapiteaux sont cubiques à gros tailloir chanfreiné et les bases, à demi enfouies dans le dallage, portent deux boudins à large scotie. Dans le champ central s’ouvre une fenêtre et dans le bras des travées une niche.

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La crypte orientale (1080-1100) communique avec la précédente par trois arcades sur piliers carrés. De plan rectangulaire, elle est moins large et plus haute, voûtée d’arêtes qui retombent au centre sur des colonnes, coté murs sur des colonnes engagées, et dans les angles sur des pilastres carrés. Les chapiteaux sont légèrement coniques, les bases, semblables aux précédentes, reposent sur des plinthes carrées. Dans le mur du chevet s’ouvrent trois fenêtres plein cintre. Un oculus ajoure les parois latérales.

Frise. Les sculptures relatent le message de l’Histoire Sainte, le paradis terrestre et le péché original. A côté des ces références religieuses, on peut voir des scènes de la vie quotidienne de l’époque (scènes de chasse, trafic de vin, combats de chevaliers…) ou encore des monstres, des lions, des chameaux. Autre analyse de la frise en note de fin de chronique.

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Portail. Tympan : le Christ remet une grande clé à Saint Pierre et un livre à Saint Paul. Linteau, histoire d’Adam et d’Eve ; chassés du paradis terrestre, ils sont assis sous un arbre sans fruits. Sur les pilastres, des bienfaiteurs de l’abbaye.

Nef. Vaisseau central et collatéraux surmontés d’une tribune.

1160. Un incendie détruit l’église non voûtée, la nuit du Samedi Saint, mais épargne la crypte, le portail, la frise. La reconstruction crée le transept et le chœur.

14ème. Châsse de Sainte-Richarde. Au sud : sainte Richarde touchant la croix de Luithard, épisode à l’origine de la calomnie, Charles le Gros entre un écuyer et un chevalier accusant sainte Richarde d’adultère ; au nord : jugement de dieu de sainte Richarde entre un évêque et l’empereur Charles le Gros, sainte Richarde remettant la maquette de l’abbaye à Saint-Pierre ce qui symbolise sa donation au Saint-Siège.

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15ème. Dans la crypte, Piéta. Dans le chœur, stalles avec armoiries.

18èmeEntre 1698 et 1703, la nef est reconstruite ainsi que les sacristies et les parties hautes du transept et du chœur. L’étage du massif occidental est restauré et reçoit en 1704 un clocher, complété en 1732 par un niveau octogonal avec un toit à l’impériale et un lanternon. Du 18ème également : buste de Saint Sébastien en bois polychrome (dans la crypte), chaire en bois massif (1703), chapelle baroque de Saint Sébastien.

Après la révolution, l’abbatiale Sainte-Richarde devient l’église Saint-Pierre et Saint-Paul.

19ème. Vitrail de la mort de Sainte Richarde.

Note. La Frise de l’Abbatiale n’est pas un élément de l’art décoratif de l’art Roman. Elle contient et transmet un message Ontologique et Religieux que nous avons à décoder. Le changeur d’argent et le vigneron, les 2 tricheurs sont mis à l’extérieur de l’église parce qu’ils faussent leur mesure. Le démon est fixé sur la nuque d’un personnage assis. Ce personnage tient dans la main une balance, dans l’autre il tient une pièce de monnaie, c’est le changeur d’argent, il appartient déjà au démon parce qu’avec son genou il fausse la balance. A coté de lui le démon est assis sur un tonneau, dans sa main il tient solidement une corde nouée au cou d’un vigneron. Celui ci est déjà sous la coupe du démon parce qu’il est en train de mettre de l’eau dans le vin.

Une scène de chasse nous montre un cerf aux abois poursuivi par les chiens et les chasseurs. Un exemple typique du symbolisme Roman. Cette illustration est une paraphrase du psaume 42 « Comme gémit une biche après l’eau vive, ainsi gémit mon âme, vers toi mon Dieu ». La biche est le symbole de l’âme humaine. Le chasseur et ses chiens représentent le démon qui pourchasse l’âme afin de la séparer de l’intimité avec Dieu. L’homme séparé de Dieu est comme le cerf traqué par les chasseurs.

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Classé dans A. Art médiéval, A. Histoire médiévale, B. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

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