Nantes Université. Fusion mort-née

Suite de la chronique Fusions : de la fête à l’enfer, Nantes Université, une fusion mort-née

Fêter, les 10 et 11 octobre, le 10ème anniversaire de la fusion des trois universités de Strasbourg a-t-il été une heureuse initiative ? Au final, non ! Car, en attirant globalement l’attention sur les succès et les bienfaits de la fusion d’établissements, le colloque n’a pas laissé la place suffisante à un bilan critique, à l’observation d’échecs notoires et non seulement à la mention de difficultés.

Blogueur critique, j’insiste, depuis 10 ans, plus sur le verre à moitié vide que sur le verre à moitié plein. A venir : six chroniques critiques, une par université mise en valeur pour sa fusion et représentée au colloque par son président ou ex-président. Aix-Marseille Université, Bordeaux, Marne-la-Vallée Paris-Est, Nantes, Sorbonne Université, Strasbourg.

No chance, Olivier Laboux, président de l’université de Nantes, vice-président de la CPU, et un des intervenants annoncés au colloque strasbourgeois, prévient de son absence. La raison est révélée par un communiqué adressé à l’ensemble de la communauté universitaire, suite au vote du Conseil d’administration de l’École Centrale de Nantes.

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  • « Cher(e)s collègues, cet après-midi, le Conseil d’administration de l’École centrale de Nantes a rejeté, par un vote de 17 voix contre, 12 voix pour, et 1 abstention, les statuts de Nantes Université. La majorité absolue des 31 membres en exercice, soit 16 voix, était requise.
  • Ce vote de rejet a des conséquences lourdes pour l’avenir de Nantes Université et de l’enseignement supérieur et de la recherche de notre territoire.
  • Dès demain, je vais échanger avec les deux autres membres fondateurs de Nantes Université et de NExT, le CHU et l’Inserm, ainsi qu’avec le CNRS afin de prendre la mesure concrète des conséquences de ce vote et préparer l’avenir.Dès que ces discussions auront eu lieu, je reviendrai vers vous avec l’équipe de direction de l’université.
  • Forte de ses 37 000 étudiants et de ses 4 000 personnels, notre université n’a jamais connu un développement aussi rapide que ces dix dernières années et cela va continuer.
  • Je vous prie de croire, cher(e)s collègues, en mon engagement de tous les instants en faveur de notre établissement ».

Communiqué du Directeur de Centrale Nantes, Arnaud Poitou : je ne l’ai pas trouvé sur le site de la Grande école.

Donc : pas de Nantes Université en janvier 2020 

  • Nantes Université (le site), un nouvel établissement public d’enseignement supérieur et de recherche porté par quatre fondateurs : l’Université de Nantes, Centrale Nantes, le CHU de Nantes et l’Inserm. Ensemble, ils posent les bases d’un nouveau modèle universitaire français qui conjugue exigence et main tendue, excellence et lien social.

La nouvelle identité et le logo

17 octobre 2019, article de Thibault Dumas dans Médiacités

« Le projet de Nouvelle université à Nantes (NUN) devait changer la face de l’établissement et le faire entrer dans le top 100 européen. Mais le vote négatif de Centrale Nantes, le 9 octobre dernier, a tout remis en cause. Et créé un climat d’incertitude financière, académique et politique. Mediacités fait le point en quatre questions.

On le dit littéralement « sonné », au point de laisser régner un grand « flou » sur son campus. Une chose est sûre : le président de l’Université de Nantes, Olivier Laboux, a passé une semaine particulièrement éprouvante. Et pour cause : en rejetant les statuts de la Nouvelle université à Nantes (NUN), mercredi 9 octobre, le conseil d’administration de Centrale Nantes a purement et simplement signé l’arrêt du projet qu’il portait depuis bientôt huit ans. Quatre années de négociations épiques et de travaux mobilisant plusieurs centaines de personnes, devaient aboutir le 1er janvier prochain à la création de Nantes Université, rassemblant la fac, Centrale mais également le CHU de Nantes et l’Inserm. Un projet dont Olivier Laboux n’envisageait pas l’échec, ne prévoyant aucun plan B, comme en témoignent les termes alambiqués des communiqués publiés mercredi dernier par les deux établissements. Tout comme le silence assourdissant auquel ils s’astreignent depuis.

On aimerait que la présidence nous dise : « Centrale refuse ? Dont acte. Désormais on fait ça, ça ou ça », s’alarme un directeur d’UFR. Mais rien. Depuis une semaine, les réunions de crise succèdent aux réunions de crise. « Le Président est toujours en échange avec les différents partenaires du projet, assure la direction de la communication de l’Université à Mediacités, tout en déclinant notre demande d’interview. Il prendra la parole très certainement cette semaine. D’ici là, il ne peut pas s’exprimer, n’ayant pas toutes les réponses pour le moment… »

En attendant les siennes, voici déjà celles de Mediacités aux nombreuses questions qui se posent sur l’avenir de l’université nantaise. L’Université de Nantes peut-elle faire sans les 330 millions d’euros de l’I-Site ? Sur le strict plan financier, les inquiétudes sont mesurées »…

Bref rappel  historique

L’université de Nantes n’a pas scissionné après la loi Faure en 1968. Elle est restée l’université unique de la métropole des Pays de Loire. Par contre, deux universités sont créées à Rennes après la loi de 1968

Nantes se développe. Elle figure très vite en tête du nombre d’étudiants, devant ou derrière l’université de Paris X Nanterre, selon les années.

La question des regroupements a été posée à partir de 2006 (création des PRES, Pôles de recherche et d’enseignement supérieur).

5 mars 2014. Décision de créer une Comue Université Bretagne Loire (7 universités concernées). Mise en place de 8 groupes de travail. Cette COMUE est actée par décret de janvier 2016. Elle disparaîtra des radars le 31 décembre 2019. Quatre ans pour mourir et le sort des personnels de la COMUE non encore réglé.

Olivier Laboux a été élu président en 2012, a été réélu en 2016. Se considère-il comme coresponsable de l’échec de la COMUE Université Bretagne Loire, puis de celui de Nantes Université ? Si oui, va-t-il démissionner ?

1 commentaire

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Une réponse à “Nantes Université. Fusion mort-née

  1. Ah big is biotifoul ! et puis depuis des années ça occupe les profs qui ne veulent plus pisser dans un violon. On trouve toujours un truc (merci notre ministère) pour avoir une bonne décharge. Pendant ce temps les jeunes mdc …. mais ils ont l’exemple d’en haut. On admirera en attendant le splendide logo. Changez de logo et un nouveau logo vous changera ! Ah s’ils avaient mis en avance le changement climatique… c’est sûr, tout le monde aurait ramé … mais comme dit le proverbe africain : celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles.