Käthe Kollwitz, 30 ans en 1897

Käthe Kollwitz, 30 ans en 1897. « Il est vrai que mon œuvre poursuit un but. Je veux agir dans ce temps où les gens sont si désemparés et ont tant besoin d’aide » (Journal, 1922)

Exposition au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, 4 octobre 2019 – 12 janvier 2020.

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« Rétrospective consacrée à l’artiste allemande Käthe Kollwitz (1867-1945) : 600 m², 170 œuvres. Témoin des crises politiques et sociales de son temps et auteure d’une œuvre marquée par son pacifisme, Käthe Kollwitz est montrée comme une artiste complète (graveuse, dessinatrice et sculptrice) dont le réalisme expressif influencera son époque et au-delà ».

30 ans en 1897. Sources et citations :

1867. Naissance le 8 juillet à Königsberg en Prusse Orientale.

1880 (13 ans). Käthe Kollwitz prend des cours particuliers de dessin.

1886-1890 (19-23 ans). Études à l’école des arts pour femmes de Berlin et de Munich. Celles-ci ne sont pas en effet admises dans les Académies.

Käthe doit son éducation artistique à son père. « Malheureusement, j’étais une fille. Il a voulu malgré cela faire son possible. Comme je n’étais pas jolie, il s’attendait à ce que les choses de l’amour ne fassent pas complètement obstacle à mon parcours ».

A Munich, elle subit l’influence de Max Liebermann et d’une peinture naturaliste attentive à la vie quotidienne du peuple. Les étudiantes s’enthousiasment pour la question féminine.

1889 (22 ans). Autoportrait : elle se représente devant son chevalet en jeune artiste sûre d’elle-même. Elle réalise de nombreuses études dans les gargotes pour marins de Königsberg.

Une centaine d’autoportraits dans sa vie : elle diversifie les techniques de dessin et les techniques de gravure.

1889-1891 (22-24 ans). Autoportrait et études de main (plume, encre de Chine et mine de plomb sur papier vergé).

1891 (avant juin) (24 ans). Autoportrait de trois-quarts (plume et encre de chine sur papier vergé).

1891 (24 ans). Mariage avec Karl Kollwitz (1863-1940) qui ouvre un cabinet médical à Berlin.

1892 (25 ans). Naissance de Hans.

1893 (26 ans). Autoportrait attablé (eau-forte, pointe sèche, aquatinte et gravure au lavis).

1893-1897 (26-30 ans). Une révolte des tisserands.

« Le motif véritable, la raison pour laquelle j’ai choisi de représenter quasi exclusivement la vie ouvrière, c’est que les motifs choisis dans cette sphère m’ont donné simplement et sans condition ce que je trouvais beau ».

Planche 2. Mort (lithographie à la plume et au crayon, grattoir). « C’est bien la misère des ouvriers qui les pousse à la révolte. La Mort apparaît comme la triste alliée des personnages. Dans la planche 2, on la voit venir chercher une mourante. Les yeux écarquillés de l’enfant assis derrière la table dirigent le regard du spectateur vers la main de la Mort qui effleure délicatement la bras gauche de sa mère, affaissée contre le mur, à bout de force. De son autre main, la Mort enserre un bol vide, indiquant sans détour que la femme meurt de faim. Le mari et l’enfant assistent impuissants à la scène ».

Planche 4. Marche des tisserands (eau-forte et émeri).

Planche 6. Fin (eau-forte, émeri, brunissoir et aquatinte sur papier).

1896 (29 ans). Naissance de Peter. Celui-ci sera tué lors de la 1ère guerre mondiale, dès 1914.

1897-1899 (30-32 ans). Retour des ouvriers (gare Prenzlauer Allee) (pinceau et aquarelle, rehauts de blanc sur papier Ingres).

1898-1903 (31-36 ans), Käthe enseigne à l’école artistique pour femmes de Berli.

Commentaires. Les 30 premières années de la vie de Käthe Kollwitz sont paradoxales. Des années heureuses : jeunesse dans une famille de la bourgeoisie moyenne, facilitant une formation artistique dans une grande ville, mariage avec un médecin et installation dans Berlin, ville devenue capitale de l’Empire allemand et qui est en pleine expansion, naissance de deux enfants, œuvres nombreuses et bien accueillies dans le milieu artistique allemand, obtention d’un poste d’enseignant.

Mais les mêmes années marquent un engagement progressif dans des causes difficiles : le féminisme, l’accès des femmes aux mêmes études supérieures que les hommes, la défense des ouvriers, l’amélioration des conditions de travail et de vie, l’appui donné à la révolte.

A partir de 1914, dans le dernier tiers de sa vie, Käthe va connaître à l’inverse tous les malheurs, la mort d’un fils au début de la 1ère guerre mondiale, la mort d’un petit-fils au cours de la seconde guerre. Profondément pacifiste, elle ne pourra que vivre mal la violence pour abattre la révolution de la fin 1918, l’échec de la république de Weimar, la montée du nazisme et son installation au pouvoir à partir de 1933. Elle ne sera pas arrêtée, elle ne quittera pas l’Allemagne, mais elle sera interdite de travail. La pire des choses pour une artiste engagée.

Commissariat de l’exposition : Hannelore Fischer, directrice du Kollwitz Museum de Cologne et Alexandra von dem Knesebeck, historienne de l’art et spécialiste de Käthe Kollwitz, auteure du catalogue raisonné des gravures.

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