Bâle. La Cathédrale Notre-Dame

Millénaire de la Cathédrale de Bâle (1019-2019).

La cathédrale protestante Notre-Dame est construite principalement en bloc de grès rose. Elle se trouve à l’emplacement de l’ancien oppidum des Rauraques sur la colline du Münsterhügel qui surplombe le Rhin. L’édifice est construit sur une terrasse artificielle appelé Pfalz soutenue par un mur monumental. L’origine exacte de la cathédrale demeure inconnue.

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805-823. Cathédrale carolingienne. Elle fait l’objet de modifications par l’évêque Hatton.

917. La cathédrale est pillée et saccagée par les Hongrois.

1019. Cathédrale ottonienne. Soutenu par l’empereur Henri II, Adalbéron II, alors évêque du diocèse de Bâle, transforme l’édifice en agrandissant la crypte, en construisant des tours de part et d’autre du chœur.

  • La date de 1019 a été retenue pour fêter le Millénaire de la cathédrale. Chronique du blog : exposition Or & Gloire au Kunst Museum.

1185-1230. Cathédrale de style roman tardif. L’évêque Henri de Hochbourg puis l’évêque Lutold d’Aarbourg adaptent l’architecture en se basant sur le plan de la cathédrale romane. Nef à trois vaisseaux (système de voûtes à travées doubles) avec tribune, large transept et chœur polygonal surélevé, au-dessus de la crypte.

Fin 12ème siècle. « La porte Saint-Gall (bras nord du transept) représente le plus ancien portail orné de grandes statues qui ait subsisté dans tout l’espace germanophone.

  • Programme iconographique, consacré aux paraboles du Jugement dernier et des dix Vierges.

  • Sur le tympan, le Christ en majesté, tenant croix à étendard et livre de vie, est flanqué des saints Pierre et Paul, du donateur, de la donatrice et d’un ange.
  • Sur le linteau sont représentées les cinq Vierges sages et les cinq Vierges folles, avec le Christ en fiancé

  • Dans les embrasements du portail se trouvent, derrière des minces colonnes, les quatre Évangélistes surmontés de leur symboles.

  • Les niches supérieures des piédroits abritent des anges sonnant le jugement dernier, qu’accompagnent deux frises où des ressuscités se lèvent de leurs tombes et s’habillent » (Dorothea Schwinn Schürmann, op. cité, pp.17-18).

1270-1285. Réalisation du portail occidental dans un style gothique rayonnant. Adjonction de premières chapelles funéraires et privées dans les bas-côtés.

  • « De part et d’autre du portail principal se dressent sur de hauts piédestaux, deux paires de statues gothiques. A gauche, l’impératrice Cunégonde et l’empereur Henri II ».

  • « A droite, le Séducteur (Prince du monde) et une Vierge folle. Le galant prince, dont la répugnante vermine qui lui couvre le dos révèle le vrai visage, se présente en antithèse du Christ, comme le meneur des Vierges folles. La vierge succombe à son charme et commence à se dévêtir d’un air aguicheur » (Dorothea Schwinn Schürmann, op. cité, pp.14-15).

1300. Première moitiés du 14ème. Les chapelles sont réunies pour former des bas-côtés extérieurs continus (nef à cinq vaisseaux)

1347. Henri II devient le second patron de la cathédrale, après la Vierge Marie, au moment du transfert de ses reliques et de celles de sa femme Cunégonde depuis la cathédrale de Bamberg

1356 (18 octobre). Un violent séisme ravage la ville. La cathédrale est fortement endommagée : effondrement des niveaux supérieurs des 4 tours et de celle de la croisée, ainsi que des voûtes du chœur, du transept et de la nef. Commence alors une longue phase de reconstruction.

1356-1500. Cathédrale gothique. L’évêque Jean Senn de Münsingen (1335-1365) fait appel au maître d’œuvre Johannes von Gmünd. Son fils, Michel de Fribourg, reprend les travaux en 1359. Il abandonne le projet de reconstruire les tours qui flanquaient le chœur, effondrées lors du tremblement de terre de 1356.

1381. Érection d’un jubé, déplacé au milieu du 19ème siècle dans la partie occidentale de la nef.

1400-1420. Reconstruction ou réparation des voûtes de la nef.

1414-1429. Achèvement de la tour Saint-Georges. Au pied de la tour, une statue équestre représentant Saint Georges combattant le dragon (original après 1372).

1431-1449. Concile de Bâle. 1440. Couronnement de l’antipape Félix V sur la place de la cathédrale.

1488-1500. Achèvement de la tour Saint-Martin et donc de l’ensemble de la cathédrale. Saint Martin partage son manteau (original de la fin du 13ème ?)

1529. La réforme s’impose à Bâle. Les parties extérieures de la cathédrale font l’objet d’actes iconoclastes.

Fin 16ème siècle. Début des restaurations de la cathédrale : une œuvre qui ne sera jamais terminée.

Grandes phases de restauration.

  • 1751-1771, ingénieur bâlois Johann Jacob Fechter.
  • 1852-1857, Amadeus Merian et Christophe Riggenbach.
  • 1880-1890, rénovation extérieure sous Heinrich Reese ; nouvelle charpente en fer, nouvelles tuiles.
  • 1925-1938, rénovation extérieure sous la direction de l’architecte de la cathédrale, Ernst B. Vischer.
  • 1966-1975, fouilles et rénovation intérieure dans la zone de la croisée, du chœur et des cryptes sous l’architecte de la cathédrale, Andreas Théodor Beck
  • 1985, réinstitution de la Fabrique de la Cathédrale dans le but de garantir la continuité et la qualité de la restauration. Architecte en chef, Peter Burckhardt, maître de fabrique Marcial Lopez.
  • 2009. Architecte de la cathédrale, Andreas Hindemann.
  • 2001-2012.Restauration des tours Saint-Martin et Saint Georges et de la façade occidentale.
  • 2012. Restauration du portail principal occidental.

Dessin de Julius Kelterborn (1857-1915) à l’occasion de la grande restauration de 1880-1890

 

« Les œuvres d’art ornant l’intérieur de la cathédrale.  Le saccage iconoclaste de 1529 et la réforme n’ont épargné qu’une petite partie du décor médiéval qui comprenait une soixantaine d’autels, des portraits de saints et des vitraux. Ont été conservés des monuments funéraires (Dorothea Schwinn Schürmann, op. cité, pp.40 et ss).

Tombeau de la Reine Anne de Habsbourg (morte en 1281) Et de son fils Charles (décédé à l’âge de six mois en 1276)

La monument funéraire dédié à Érasme. Biographie dans Wikipédia.

1519. En mars, Luther, fondateur du luthéranisme, invite Érasme à le rejoindre, mais ce dernier refuse.

1521. Entre mai et octobre, Érasme passe cinq mois à Anderlecht chez son ami le chanoine Pierre Wichmans, dans ce qui est aujourd’hui la maison d’Érasme.

Entre 1521 et 1529, il séjourne à Bâle, où il publie la majeure partie de son œuvre (éditions et commentaires de presque tous les Pères de l’Église).

1522. Première édition des Colloques et la publication du De conscribendis epistolis (manuel d’épistolographie).

1524. Érasme attaque Martin Luther dans son De libero arbitrio (Essai sur le libre arbitre).

1526. Luther y répond par le De servo arbitrio, mais la polémique va se poursuivre bien plus longtemps.

1528. Érasme publie Ciceronianus (Le Cicéronien), critique du purisme de certains auteurs de son époque, comme Pietro Bembo, qui figent la langue et refusent d’user d’un vocabulaire autre que celui de Cicéron pour décrire les réalités modernes.

1529. La ville de Bâle étant entièrement acquise à la Réforme, Erasme préfère s’installer à Fribourg-en-Brisgau, où il écrit son dernier grand ouvrage : L’Ecclésiaste.

1535. Il fait son retour définitif à Bâle. La même année, le pape Paul III lui offre le cardinalat, qu’il refuse.

1536. Il meurt le 12 juillet à Bâle.

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