Les philosophes de Luca Giordano

Les cinq Philosophes de l’exposition du Petit Palais ont été peints en 1659-1660. Luca Giordano, né en 1634, avait alors 25 ans ! Luca Giordano, 30 ans en 1664 (chronique d’Histoires d’universités, illustrée par 106 photos).

Cliquer sur les photos pour les agrandir

1. Paris, Petit Palais. Extraits du cartouche de l’exposition à l’entrée dans la salle dédiée aux philosophes. Voir l’album l’album de 17 photos

« Luca Giordano entre cynisme et stoïcisme. Dans le climat de rigueur morale instauré par la Contre-réforme et son projet de renouveau spirituel, on assiste à la redécouverte de deux courants philosophiques de l’Antiquité qui s’adaptent à l’austérité intransigeante de l’Italie du Seicento  le cynisme et le stoïcisme. La liberté à l’égard de tout besoin matériel, l’indifférence envers les passions humaines et l’impassibilité face aux adversités de la vie font la popularité de ces doctrines…

Dépouillés de toute opulence, ces philosophes illustrent comment un mode de vie simple est le meilleur chemin pour se rapprocher du plan des idées ou, dans une perspective catholique, du salut.

C’est dans ce contexte qu’il faut inscrire le choix, délibéré chez Giordano, de représenter ces hommes de culture comme des personnes ordinaires : un musicien, un astronome, un homme avec des lunettes ou un autre tenant un rouleau de papier… Le thème de la mort des philosophes de l’Antiquité, tels Caton ou Sénèque, devient récurrent dans la production de Ribera comme dans celle de Giordano, quelques années plus tard ».

2. Lille, Musée des Beaux-arts.  Le penseur s’appuie sur un bâton et porte une gourde à la ceinture.

« Giordano commence à peindre des philosophes dès 1650. Il s’inspire de la formule inaugurée vers 1615 par son maître, le peintre José de Ribera. Il produit ainsi une trentaine de variations plus charnelles, moins introspectives. L’allure misérable des sages de Ribera devient négligée. L’expression, qui était digne et profonde, évolue vers une certaine provocation altière. Le contraste entre le dénuement de l’apparence et la noblesse du sujet qu’avait déjà franchi Ribera est encore repoussé ! »

3. Paris, Musée du Louvre, Constance Lavagne d’Ortigue, Philosophe tenant un livre et un rouleau de papier.

« Ce tableau, comme les trois autres Philosophes qui lui sont associés, a été longtemps attribué à Jusepe de Ribera (1591 – 1652) dont il s’inspire effectivement. Aucune identification satisfaisante avec l’un des grands philosophes de l’Antiquité n’a pu être proposée pour ces figures ».

4. Bordeaux, Musée des Beaux-arts. Dispute des philosophes et Dispute des théologiens

« Ce type de tableau entre dans la catégorie des Disputes, un genre inspiré de l’épisode biblique de Jésus discutant dans le temple avec les docteurs, et de l’École d’Athènes de Raphaël, qui permettait de mettre en scène, dans un but moralisateur conforme aux principes d’austérité et de dénuement de la Contre-Réforme, le personnage édifiant et populaire à Naples du mendiant prophète ou philosophe. Les titres divers (Réunion de philosophes, de théologiens, Conciliabule) donnés à ces deux œuvres par les rédacteurs des catalogues sont restés vagues en raison du manque d’attributs précis. Leurs dimensions très voisines sont les seuls éléments concrets qui font de ces tableaux énigmatiques des pendants (alors qu’il semble que le marquis de Lacaze les avait acquis séparément). Leur but serait de confronter, à l’aide d’exemples tirés de l’histoire antique, la théologie et la philosophie ».

5. Senlis, Musée des Beaux-arts.

« Il existe une abondante série de Philosophes dont Luca Giordano s’était fait, à la suite de son maître Ribera, une spécialité. Ces représentations de penseurs et savants, nombreuses au XVIIe siècle en Italie et dans les Pays-Bas, ornaient sans doute les cabinets d’étude. A la manière des peintres espagnols, Giordano prend pour modèle des types populaires. Héritier du Caravage comme les maîtres baroques de sa génération, il situe son vieillard dans un clair-obscur qui met en valeur les carnations de son visage et l’intensité de sa tenue sombre ».

Poster un commentaire

Classé dans A. Histoire moderne, B. Photos, C. Ile-de-France, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Sciences humaines et sociales

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.