Grèves à Toulouse Jean Jaurés

La précarité, c’est déjà aujourd’hui une réalité et le Mirail ne fait pas exception : quotidiennement, des milliers de petites mains s’activent sans reconnaissance voire sans contrat, des moniteurs et monitrices à la bibliothèque au personnel d’entretien sous-traité en passant par les profs vacataires. La réalité, c’est la galère d’être payé-e au lance-pierre, plusieurs mois après le service effectué, les complications avec Pôle emploi et l’incertitude d’avoir un meilleur statut ou même de conserver le sien l’année suivante…

24 février 2020. Esclavage moderne à l’université Jean-Jaurès de Toulouse, par Eric Dourel, Médiacités Toulouse, signalement par Michel Abhervé, blog Alternative économiques

Travail sans contrat, retard de paiement, heures supplémentaires non payées, congés sans solde, rythme de travail impossible à réaliser, injures, menaces, harcèlement… Les femmes de ménage qui officient à l’université Jean-Jaurès ont décidé de se rebeller contre leurs conditions de travail.

Les 30 000 étudiants de l’université Jean-Jaurès Toulouse 2 ne les croisent presque jamais, mais ce jour-là, ils ne pouvaient pas les louper. Le 11 février, la quarantaine d’agents de ménage de la société Arc en Ciel – des femmes pour la plupart – s’est mise spontanément en grève. Du jamais-vu. Rassemblées devant l’entrée de la fac, dans un froid piquant, elles ont décidé à l’unanimité de dénoncer les conditions de travail indignes qu’elles subissent au quotidien. Des conditions qu’elles assimilent elles-mêmes à de l’esclavage.

« Je travaille depuis octobre sans contrat de travail et je ne suis pas la seule », raconte l’une d’elle. « Moi, je fais quinze heures par semaine et à la fin du mois, je n’ai jamais le même salaire », ajoute une autre. « Regardez, je suis payé 9,88 euros de l’heure et elle huit euros, c’est normal ? », interroge leur voisine, fiche de salaire à l’appui. « Je fais quatre heures par jour, payées trois », calcule une quatrième. Certaines se retrouvent avec la mention « pas d’ancienneté » sur leur fiche de salaire malgré leur huit, dix voire plus de quinze ans de service.  

Grève du personnel de nettoyage à l’université Toulouse-Jean-Jaurès

Le 11 février, la quarantaine d’agents de ménage de la société Arc en Ciel – des femmes pour la plupart – s’est mise en grève. Elles dénoncent des conditions de travail indignes : absence de contrat, retard de paiement, heures supplémentaires non payées, congés sans solde, rythme de travail impossible à réaliser, injures, menaces, harcèlement.

La société Arc en Ciel qui emploie ces agents de service fait partie d’un groupe de cinq sociétés toutes chapeautées par la holding T2MC. D’après Mediacités, elle avait présenté une offre 35 % moins chère que celles de ces concurrents pour remporter le marché de nettoyage de l’université.

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